Politique

Pétrolia à Gaspé : trois ministres se pencheront sur le dossier

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La ministre Martine Ouellet rencontrera Pétrolia avant la réalisation du forage Haldimand n° 4.

La ministre Martine Ouellet rencontrera Pétrolia avant la réalisation du forage Haldimand n° 4. Photo : Geneviève Gélinas

Dès cette semaine, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs et le ministre responsable de la région rencontreront les représentants de la Ville à Gaspé, tandis que la ministre des Ressources naturelles rencontrera Pétrolia à Québec pour faire le point sur le projet Haldimand n° 4.

Un règlement sur l’eau potable adopté par Gaspé a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer le puits Haldimand n° 4.

Par communiqué hier, le gouvernement du Québec a rappelé que Pétrolia possède un permis délivré par le ministère des Ressources naturelles, et qu’il n’autorise aucune fracturation.

«Aucun permis de stimulation hydraulique ne sera délivré pour un projet à proximité des habitations tant que le gouvernement n’aura pas évalué la distance minimale sécuritaire à respecter à proximité des résidences et des sources d’eau potable», écrit la ministre Martine Ouellet.

La rencontre entre Mme Ouellet et Pétrolia aura lieu avant la réalisation du forage. Quant à la réunion entre la ville, le ministre Yves-François Blanchet et le ministre responsable de la région Gaétan Lelièvre, elle vise à comprendre «la position [de la municipalité] et le soutien demandé».

Le maire François Roussy avait demandé aux trois ministres, Ouellet, Blanchet et Lelièvre, de venir rencontrer le conseil municipal à Gaspé même.

«Tout à fait légitime»

Par ailleurs, Gaspé a reçu le soutien des regroupements de municipalités. La démarche de la ville est «tout à fait légitime», estime Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités du Québec (FQM).

M. Généreux presse Québec d’adopter une réforme de la Loi sur les mines, qui permettrait aux municipalités de décider des usages permis sur leur territoire. «Si c’était en place, on n’aurait pas à vivre le psychodrame de Gaspé, qui est une reproduction de ce qui s’est passé dans le gaz de schiste.»

Si Gaspé juge que le forage «est une menace à l’eau potable, c’est de leur devoir d’adopter un règlement», affirme Éric Forest, président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Rimouski.

«Très fragile»

Même si le règlement de Gaspé est «défendable au plan des principes», M. Forest craint qu’il ne tienne pas la route dans une bataille judiciaire. «À ce que je sache, la Loi sur les mines a préséance sur la Loi sur les compétences municipales», dit-il.

Bernard Généreux qualifie le règlement de «très fragile» au plan juridique. Toutefois, il invite Pétrolia à éviter la confrontation. «On allumerait une mèche qui peut faire éclater toute la filière», dit M. Généreux. «Il faut bâtir l’acceptabilité sociale, au premier chef avec les élus locaux», ajoute-t-il.

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5 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 17 janvier 2013

M. Pelletier : vous me qualifiez indirectement d'enverdeur. Or, je ne suis ni environnementaliste, ni économiste : je suis seulement pro-citoyens. Et c'est pourquoi mon discours se concentre sur l'acceptabilité sociale, cette notion qui devrait toujours gouverner les projets de développement. Or, comme l'a prouvé le maire, l'acceptabilité sociale (le volet "société" qui occupe le tiers de la notion de développement durable) n'est carrément pas là avec Haldimand #4, et elle n'y sera jamais non plus : jamais les citoyens (autant en Gaspésie qu'à Montréal qu'ailleurs en Occident) n'accepteront de voir une foreuse à pétrole à 300 mètres de leur maison. Pour moi, la question n'est pas de ne pas forer (ce que prônent les environnementalistes purs et durs), mais plutôt de ne pas forer à cet endroit-là (ce que prônent les pro-citoyens comme le maire et moi-même). Voilà!

Gaston Poirier a écrit le 16 janvier 2013

Pelletier : En quoi les propos des Proulx seraient-ils plus probants que ceux du maire, qui dit le contraire? Roussy est intègre, non? Le processus réglementaire de la Ville a suivi les règles légales et a été fait publiquement, me semble... Si Petrolia avait voulu savoir pour le règlement, elle n'avait qu'à suivre les séances et avis publics de la municipalité... Les Proulx ont leur opinion et leur vision ; le maire et la Ville a la sienne. J'sais pas pourquoi, mais contrairement à vous, je me fie pas mal plus à Roussy (qui n'a aucun intérêt pécunier d'un bord ou de l'autre) qu'aux Proulx (pour qui le ca$h est l'unique raison de leur position)...

Gaston Poirier a écrit le 16 janvier 2013

@Martin Pelletier : Je me demande qui est-ce qui devrait entendre raison dans ce dossier. Sérieusement, il y a du pétrole partout (ou presque) dans le corridor Murdochville - Gaspé, selon les affirmations même de Petrolia, qui a des claims pratiquement partout dans ce corridor (exception faite des claims de Junex). Pourquoi s'entêter à forer à 300 mètres des maisons et des puits d'eau potable, alors qu'ils pourraient s'en aller dans le milieu de nulle part pour aller chercher leur précieux or noir? Pourquoi cet entêtement? Avec la grogne populaire et avec la réglementation municipale, il faudra bien que Petrolia entende raison et aille installer ses pénates un peu plus loin que dans le salon des honnêtes citoyens... Je l'ai toujours dit sur ce blogue : je ne suis pas contre le pétrole, loin de là, mais il faut que ça se fasse comme du monde et dans le respect élémentaire de la règle de base essentielle à tout développement : l'acceptabilité sociale.

Michel Denis a écrit le 16 janvier 2013

Inquiétant personnages que M. Généreux et M. Forest.Qualifier de psychodrame ce qui se passe à Gaspé et ce qui c'est passé pour les gaz de schistes alors qu'on a affaire à une population très au faite et très allumé sur ce qui se passe .Très méprisant ce M.Forest envers les citoyens.Et que dire de M. Généreux qui croit qu'il faut travailler l'acceptabilité sociale,désolé mais ça ne se travail pas,l'acceptabilité sociale c'est lorsque les citoyens décident d'eux même ce qui est acceptable après réflexion en fonction de ce qu'ils ont reçu comme informations scientifique mais le choix leur revient point final.M Généreux semble plutôt croire que l'acceptabilité c'est d'amené les citoyens à accepter ce qu'on croit qui est acceptable pour eux ,tout aussi méprisant! Deux hommes aux comportements paternaliste dangereux.

Gaston Poirier a écrit le 16 janvier 2013

En tout respect, à ce que je sache, le maire de Rimouski n'est pas un juge... Et à ce que je sache, il n'y a pas d'ordre de préséance entre les lois établies par un même pallier législatif, hormis si c'est expressément prévu par celles-ci... La Loi sur les mines n'est pas quasi-constitutionnelle au même titre que la Charte des droits et libertés du Québec ; c'est une loi comme les autres. Donc, on se retrouve avec une confrontation de 2 lois de même niveau et ce serait pertinent qu'un tribunal vienne trancher ce litige une fois pour toutes!

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