Développement économique et exportation

Pétrole en mer : l’inquiétude persiste en Gaspésie

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Une vingtaine de représentants de groupes se sont présentés à la séance qui leur était réservée, lundi après-midi à Gaspé.

Une vingtaine de représentants de groupes se sont présentés à la séance qui leur était réservée, lundi après-midi à Gaspé. Photo : Geneviève Gélinas

Trop de lacunes demeurent pour permettre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent, croient les Gaspésiens.

L’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers et son chargé de projet, la firme Amec,  ont consulté la population de Gaspé lundi après-midi. L’organisme met à jour son évaluation environnementale stratégique (EES) sur une zone de 36 000 kilomètres carrés située à l’ouest de Terre-Neuve, où la firme Corridor Resources projette un forage exploratoire (projet Old Harry).

Une vingtaine de représentants de groupes ont assisté à la séance qui leur était réservée en après-midi.

Pêcheurs inquiets

Des représentants des pêcheurs ont indiqué qu’ils n’étaient pas contre l’exploitation pétrolière au large, mais pas au prix de leur gagne-pain. «J’ai pêché le sébaste jadis à Old Harry. S’il y a de l’exploitation [pétrolière] un jour, qu’allez-vous faire avec les pêcheurs?», a lancé Réginald Cotton, un pêcheur de Rivière-au-Renard. Il s’est indigné que les compagnies doivent déposer une garantie de seulement 30 millions de dollars en cas de déversement, «une somme ridicule».

Certains se sont inquiétés qu’on parle de «comment» exploiter et de «conditions» acceptables. «Dans un processus sérieux, il faudrait envisager la possibilité que ça n’ait pas lieu», a indiqué Lise Chartrand, présidente du comité Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, un groupe opposé à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures, sur terre comme en mer.

Des lacunes

Stéphanie Pieddesaux, responsable scientifique du Réseau d’observation de mammifères marins, a énuméré les lacunes à combler.  «Il y a de gros changements dans le golfe depuis dix ans [à cause des changements climatiques] et les données recueillies depuis n’ont pas été prises en compte. Les mesures de mitigation pour les levés sismiques sont désuètes et incomplètes, juge Mme Pieddesaux. S’il y a un déversement, qui va réagir? On n’a pas les structures pour. Et les laboratoires d’éco-toxicologie du fédéral sont en train de fermer. Qui va assurer le suivi?»

Conflit d’intérêts

Martin Ouellet, d’Amphibia Nature, juge qu’Amec est en apparence de conflit d’intérêts «gros comme le bras, parce que l’industrie pétrolière compte parmi ses clients. «On fait des études d’impact et des évaluations environnementales stratégiques pour l’industrie pétrolière, mais aussi pour l’industrie de la pêche et l’industrie touristique», a admis Jacques Paynter, le représentant d’Amec.

L’Office présentera un rapport préliminaire en février, et son rapport final à l’été 2013. 

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