Pétrole et gaz : la résistance citoyenne s’organise dans la Baie-des-Chaleurs

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Michel Goudreau accompagné de Cynthia Dow lors du lancement de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, lundi à Maria.

Michel Goudreau accompagné de Cynthia Dow lors du lancement de la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs, lundi à Maria. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Fort de la mobilisation contre les projets d’incinérateur Bennett et d’exploration d’uranium, un groupe de citoyens lance la Coalition Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs.

Les membres de ce nouveau mouvement en ont fait l’annonce lundi matin devant la presse régionale à Maria.

Sa porte-parole, Cynthia Dow de Cascapédia-Saint-Jules, a expliqué d’entrée de jeu que le nouveau groupe se veut en quelque sorte la renaissance de la coalition Stop uranium et de Stop Bennett. «Nous avons une histoire de mobilisation à succès dans la Baie-des-Chaleurs. Et maintenant, comme notre nom l’indique, notre mission sera beaucoup plus large. Nous allons agir sur tout ce qui touche à l’environnement», a-t-elle déclaré.

Selon les citoyens à l’origine de cette initiative, dont Michel Goudreau et Luc Potvin, le moment est bien choisi pour organiser les forces environnementalistes dans la Baie-des-Chaleurs. «Il y a actuellement un intérêt grandissant pour les ressources naturelles au Québec. Il faut faire en sorte que la population soit bien informée de cette question», a ajouté la porte-parole.

Mission

La Coalition, qui est soutenue financièrement par le groupe écologiste gaspésien Environnement Vert Plus, se donne comme mission de «défendre le bien commun et l’environnement de la région dans tous les projets miniers et les projets d’exploration et d’exploitation de gaz et de pétrole (conventionnels et non-conventionnels) de la Baie-des-Chaleurs et dans le milieu marin.»

Afin de réaliser cette mission, Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs misera sur la sensibilisation du public au sujet des impacts sociaux et environnementaux des projets pétroliers ou gaziers et sur la recherche des connaissances pouvant mener à la mobilisation citoyenne.

Elle compte par ailleurs agir de concert avec des organismes locaux, régionaux et nationaux qui partagent les mêmes convictions. À ce sujet, la Coalition peut déjà compter sur l’appui des groupes Ensemble pour l’avenir durable du grand Gaspé, Environnement Vert Plus, la Coalition Saint-Laurent, Non à une marée noire dans le Saint-Laurent, la Coopérative Environnement-vie et le Regroupement québécois des groupes écologistes.

Priorités

Le nouveau mouvement, qui précise ne pas vouloir s'opposer systématiquement à tous les projets de développement, a déjà ciblé ses priorités pour les prochains mois. Parmi celles-ci, il surveillera de près les projets d’exploration de la firme Gastem à Ristigouche-Sud-Est et à Saint-Léon-le-Grand, ainsi que les opérations de Pétrolia qui détient des permis d’exploration dans le nord du Nouveau-Brunswick.  

«Il faut être vigilants, informés et au moment venu, se lever debout. Oui, on veut du développement économique, mais on veut aussi conserver notre plus grande richesse, soit notre milieu de vie. Le jour où l’eau ne sera plus bonne à boire, ce n’est pas l’argent qui va nous abreuver», a déclaré l’un des membres, Luc Potvin.

Première action

Le groupe participera aux activités prévues pour le Jour de la Terre, le dimanche 22 avril à Maria. À cette occasion, la Coalition prévoit organiser une manifestation  pour la «défense du bien commun» et pour dénoncer les orientations du gouvernement Harper en matière d’environnement.  

La Coalition profitera aussi de cette marche pour mettre en valeur des alternatives comme la mise en place d’énergies vertes afin de diminuer la dépendance au pétrole.

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