Politique

Pétrole : Gaspé questionne la requête déposée par Pétrolia

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le maire de Gaspé, François Roussy, estime que Pétrolia a menti à la population, avec sa dernière sortie publique.

Le maire de Gaspé, François Roussy, estime que Pétrolia a menti à la population, avec sa dernière sortie publique. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ - Gaspé se questionne sur le geste posé par Pétrolia d'amener devant la justice le règlement sur la protection de l'eau potable, adopté par la Ville en décembre dernier, d'autant plus que Québec est sur le point de déposer son propre règlement sur cette question.

Le maire, François Roussy, n'a pas été tendre, jeudi, dans une conférence de presse. «On vient de prouver hors de tout doute que Pétrolia ment à la population», a-t-il dit à propos du communiqué émis mercredi par l'entreprise pour justifier son action en justice.

Reprenant une à une les allégations soulevées, M. Roussy soutient que contrairement à ce qu'affirme la pétrolière à l'effet qu'aucune piste de solution n'était envisageable, il a rappelé que Québec est à préparer sa réglementation sur l'eau potable, attendue d'ici quelques semaines. Le maire estime que ce sera une solution.

Par ailleurs, la Ville n'a jamais reçu de proposition de Pétrolia afin de trouver un terrain d'entente et François Roussy a même vérifié, dit-il, avec Québec pour s'assurer de ce fait.

À propos du fait que le règlement municipal ne s'appuie sur aucune étude, ni avis d'expert, François Roussy lance le contraire : «Même si on n'avait aucune obligation d'avoir des études scientifiques, on s'est référé à M. Richard Langelier, docteur en droit et en sociologie, qui fait partie d'un collectif scientifique qui a été mis en place dans le dossier des gaz de schiste au Québec, composé de 164 scientifiques de différents champs disciplinaires», dit le maire.

Une étude

Par ailleurs, la Ville a mandaté la firme Savaria Experts-Conseils afin de la consulter sur l'ensemble des risques liés à l'utilisation des produits toxiques lors de forage et des impacts potentiels de l'utilisation de la fracturation ou de stimulation dans le secteur Haldimand.

Selon lui, l'action de l'entreprise vise à dévier le débat. M. Roussy soutient que la pétrolière n'a toujours pas son permis pour exploiter la torchère, la véritable raison, selon lui, qui fait que la pétrolière n'a pas pu aller de l'avant à Haldimand 4.

Il a appelé les tenants et aboutissants de l'ensemble du dossier, notamment sur la fracturation, et toutes les questions soumises depuis des mois à la pétrolière qui demeurent toujours sans réponse.

François Roussy interpelle une fois de plus Québec : «Ce n'est pas vrai que c'est une chicane entre Pétrolia et la Ville de Gaspé. Là, on veut l'heure juste du gouvernement du Québec dans le dossier», indique le maire.

Discuter avec la famille Bouygues

Affirmant que les ponts sont brisés avec Pétrolia, Gaspé se tourne maintenant vers la famille Bouygues, qui détient 50% du champ pétrolier à Haldimand.

«On demande une rencontre avec la famille Bouygues pour leur exprimer l'ensemble des actions de Pétrolia et espérer qu'elle prendra des actions en respect de leur vision de développement qui est de respecter la population, l'environnement et surtout, la réglementation», dit M. Roussy

Réactions des environnementalistes

Le groupe Tache d'huile a réagi en soulignant l'attitude cavalière de Pétrolia face aux citoyens de Gaspé. Pour la porte-parole, Maude Prud'homme,  «la requête déposée en Cour supérieure par la compagnie s'apparente à de l'intimidation judiciaire, une tactique employée pour faire taire l'opposition en amenant dans l'arène judiciaire des débats d'intérêt public.»

Le groupe Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé rappelle sa position : «De type conventionnel ou pas, le forage Haldimand est beaucoup trop près des habitations.»

Selon le groupe, «cette entreprise ne peut  garantir qu'il n'y a aucun risque ni pour la santé humaine ni pour l'environnement des générations à venir.»

9 commentaires

Gaston Poirier a écrit le 1 mai 2013

Merci pour les précisions, M. Pelletier! COnsidérant ces positions de votre part, on devrait vous voir avoir des positions faisant aussi plus confiance à l'humain, alors je vous en féliciterai! En passant, les environnementalistes sont aussi des humains en qui il faut donner une certains confiance, tout comme les industriels : faisons confiance à l'humain, vert ou brun, bleu ou gris, noir ou blanc!

Gaston Poirier a écrit le 30 avril 2013

Pelletier : OK j'ai réussi à accéder à votre lien... En réponse, je vous dirais que les 2 clans (environnementalistes + industriels) se radicalisent. On le réalise en lisant les blogues ici, ou en voyant les débats publics (et judiciaires!) qui opposent les 2 clans. Les industriels ont une conscience sociale de moins en moins présente, et les environnementalistes en demandent toujours plus : d'où la source de toutes les frictions que l'on connaît! Et les gouvernements (municipaux, provinciaux et fédéraux) peinent à arbitrer les débats... Ainsi va la vie! Un jour, les positions mutuelles redeviendront plus souples et facilitantes, j'en suis convaincu...

Gaston Poirier a écrit le 30 avril 2013

Cher M. Pelletier : votre lien ne fonctionne pas... En passant, je ne suis pas neutre, j'ai un gros penchant d'un côté : le côté du "gros bon sens"! Certains sont aveuglés par les industriels, d'autres sont aveuglés par l'environnement, moi je suis aveuglé par le gros bon sens! Et puis, cher M. Pelletier, irez-vous témoigner comme expert pour Petrolia devant la Cour supérieure?

Gaston Poirier a écrit le 29 avril 2013

Pelletier : Avec toutes vos connaissances dans le secteur pétrolier, je suis certain que Petrolia va vous inviter comme témoin-expert lors du procès! Vous êtes sans doute meilleur que leurs meilleurs experts, de toute façon... Par ailleurs, un peu de politesse et de respect envers les gens que vous interpellez, ça ne nuirait pas à votre crédibilité... Cordialement.

marc thibault a écrit le 27 avril 2013

i bon film a voir TERRE PROMISE... CA RESSEMBLE.UN PEU CE QUE LES GENS VIVENT ....CA FAIT REFLECHIR..!!!!.

Mathieu Fournier a écrit le 26 avril 2013

M. Pelletier devrait aller zyeuter du côté de liberaux.net. Il verrait que des articles à propos de l'éthique douteuse des pétrolières installées au Québec, il en pleut. Il comprendrait du même coup que les citoyens informés - dont je suis - n'ont pas peur du pétrole; ils sont simplement indignés par ce que certains ont appelé Le le vol du siècle. (Et ce site web n'est pas l'oeuvre des mautadits écolos - dont je suis.) Bonne lecture.

Michel L. Fréchette a écrit le 26 avril 2013

J'aimerais lire dans ce blog des interventions qui respectent les fonctions et les personnes. Ce débat sur le pétrole implique aucunement l'ensemble de l'industrie qui elle, comprend le risque associé à de mauvaises perceptions et lectures des événements. On a vu les effets avec les gaz de schistes et Lucien Bouchard. Seule est concernée actuellement l'entreprise qui est au cœur du débat par ces initiatives et aucune autre. Elle ne vaut pas la peine qu'on s'y intéresse au delà de regarder le cours de l'action (En ouverture à $0,83). En rapport avec les investisseurs étrangers majoritaires, on peut certainement imaginer qu'au delà de la connaissance du terrain, la valeur de leur investissement et de l'examen des actions posées par le président directeur général de la pétrolière seront leurs indicateurs pour des décisions ultérieures. Le cours de l'action témoignera. Les insultes et les grivoiseries ne profitent aucunement à la cause défendue, bien au contraire. Demeurons des citoyens respectueux de nos institutions et des personnes qui les dirigent et sachons attendre en son temps les textes de loi et de règlement qui s'imposent.

Albert Picard a écrit le 26 avril 2013

Si vous voulez vous lancer monsieur Pelletier, vous êtes en retard. Cela fait plus de 150 ans qu'on explore pour trouver du pétrole en Gaspésie. Comme je vous l'ai déjà dit, vous devriez aller dormir au lieu de noter des choses dont vous êtes encore tout à fait incapable de formuler.

Albert Picard a écrit le 26 avril 2013

Monsieur Pelletier, ce n'est qu'une question de foi : vous pourriez tout autant priez une sardine, au lieu de croire qu'il y a du Pétrole commercialement exploitable en Gaspésie.

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