Éducation

Perte de contrat chez Verreault Navigation : des travailleurs consternés

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Quatre travailleurs de Cap-Chat ont fait connaître leur déception et leur inquiétude en apprenant que le traversier Camille-Marcoux n’entrera pas en cale sèche du chantier des Méchins.

Quatre travailleurs de Cap-Chat ont fait connaître leur déception et leur inquiétude en apprenant que le traversier Camille-Marcoux n’entrera pas en cale sèche du chantier des Méchins. Photo : Johanne Fournier

Pour la première fois en 25 ans, le chantier maritime Verreault Navigation n'a pas obtenu le contrat d'entretien du traversier Camille-Marcoux, qui relie Matane à la Côte-Nord. Une nouvelle qui provoque la consternation des travailleurs.

Les appréhensions de la présidente et chef de la direction de Verreault Navigation, Denise Verreault, se sont donc confirmées. La Société des traversiers du Québec (STQ) a retenu la soumission du chantier Irving Shipbuilding de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Tant chez les employés du chantier maritime des Méchins, dont la moitié provient de la Haute-Gaspésie, que chez le député de Matane, Pascal Bérubé, la nouvelle provoque une certaine commotion.

Quatre mécaniciens de Cap-Chat, rencontrés par GRAFFICI.CA, ne cachent pas leur déception et leur inquiétude, sans compter que certains d’entre eux sont en arrêt de travail depuis juin, par manque de contrat de leur employeur. «Ça fait longtemps que le chantier maritime avait le contrat d’entretien du Camille-Marcoux, rappelle le président du syndicat local affilié à la CSN, Alain Isabelle. On le connaît tellement! Ce n’est pas drôle de savoir qu’on ne travaillera pas sur ce contrat.»

Un autre travailleur, Sylvain Isabelle, émet des doutes sur la qualité du travail qui sera exécuté par le chantier de la Nouvelle-Écosse. Il se demande aussi si la compagnie Irving pourra, avec le même empressement que le faisait le chantier Verreault, réparer le navire d’urgence lorsque celui-ci se brise, comme c’est déjà arrivé à l’accostage.

Le mécanicien Francis Collin se dit inquiet. «J’ai trois enfants et une femme à faire vivre. C’est stressant!» Son collègue, Jean-Marie St-Pierre, déplore les heures perdues. «Si on ne fait pas assez d’heures, on risque de ne pas pouvoir se qualifier à l’assurance-emploi», s’inquiète-t-il. Ça brise notre salaire annuel!»

Intervention du député de Matane

Le député de Matane interpelle le ministre délégué aux Transports, Norman MacMillan, afin de faire fi de cette décision de la STQ et de faire adopter un décret lui permettant de pouvoir accorder un contrat discrétionnaire au Groupe maritime Verreault.

La soumission retenue, soit celle d’Irving, est de l’ordre de 1,9 million $, excluant les frais de déplacement en carburant, évalué à 82 218 $. Celle de Verreault Navigation était de 2,3 millions $, à laquelle il fallait ajouter 4 326 $ en frais de déplacement.

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