Tourisme

Pénurie de main-d’œuvre : l’industrie touristique se prépare

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La directrice du créneau ACCORD en récréotourisme, Pascale Charest, lors d’un Forum «Recruter sans frontière», qui se tient jeudi au Centre des congrès de Carleton-sur-Mer.

La directrice du créneau ACCORD en récréotourisme, Pascale Charest, lors d’un Forum «Recruter sans frontière», qui se tient jeudi au Centre des congrès de Carleton-sur-Mer. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Une trentaine d’intervenants du milieu touristique de la Gaspésie participent aujourd’hui à Carleton-sur-Mer au Forum «Recruter sans frontière», un événement qui vise à présenter des pistes de solution aux employeurs dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. 

«L’idée est de réunir les leaders de l’industrie touristique afin d’échanger sur le problème de la rareté de la main-d’œuvre qui est grandissante dans la région. L’industrie doit s’adapter. C’est une réalité qui deviendra une problématique très importante au cours des prochaines années», soutient Pascale Charest, la directrice du créneau ACCORD en récréotourisme.

Selon un rapport du Conseil canadien des ressources humaines en tourisme publié en mars dernier, la demande de main-d’œuvre pourrait augmenter de 500 000 emplois d’ici 2030 à l’échelle canadienne, ce qui représente une hausse de 33% par rapport à l’année 2010. Toujours selon ce document, seulement 238 000 de ces emplois pourraient être comblés.

Autrement dit, le recrutement de personnel deviendra de plus en plus difficile dans le secteur touristique. Même si des chiffres spécifiques pour la Gaspésie ne sont pas disponibles, Mme Charest suggère fortement aux entreprises d’ici d’agir rapidement afin que la région demeure compétitive en matière de tourisme.

Diverses pistes de solution

Le défi relié au phénomène grandissant de la rareté de la main-d’œuvre n’est cependant pas insurmontable, assure Mme Charest. Les entreprises peuvent notamment recruter dans des bassins de main-d’œuvre «peu sollicités» par l’industrie, comme des travailleurs expérimentés de 55 ans et plus et des personnes handicapées ou faire appel à l’immigration internationale pour combler leur besoin. «C’est ce que nous tentons de faire connaître dans le cadre du forum. Il existe des outils et des programmes pour soutenir les entreprises», souligne-t-elle.

Une autre avenue possible est de rendre plus attrayant les emplois reliés au tourisme, notamment en améliorant les conditions de travail, en ajustant les horaires aux besoins des jeunes travailleurs ou en mettant en place des programmes de reconnaissance pour les employés. «Il faut aussi insister sur les possibilités d’avancement auprès de la main-d’œuvre potentielle», ajoute Mme Charest.

Le créneau ACCORD en récréotourisme prépare d’ailleurs une vaste campagne de valorisation du métier en tourisme qui sera lancée en janvier 2013 sur l’ensemble du territoire de la Gaspésie.

«C’est très important de prendre des mesures. Le manque de main-d’œuvre aura un impact sur le service à la clientèle de notre industrie. Et pour qu’elle demeure compétitive, il faut offrir de bons services. Dans d’autres régions, certaines entreprises sont forcées de limiter leurs heures d’ouverture ou carrément de fermer, par manque de personnel. Il ne faut pas se rendre-là en Gaspésie», affirme M. Charest. 

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