Éducation

Pêches : une formation soulève la grogne dans la région

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
L’École des pêches de Grande-Rivière est ouverte depuis 1949.

L’École des pêches de Grande-Rivière est ouverte depuis 1949. Photo : Thierry Haroun

La formation en matière de pêches offerte par la Commission scolaire des Chics-Chocs soulève la grogne dans la MRC du Rocher-Percé.

L'École nationale des pêches et de l'aquaculture de Grande-Rivière (ÉPAQ) se bat présentement pour sa survie en raison d’une baisse constante de sa clientèle. Un comité, composé de représentant de la MRC, du secteur des pêches, de la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-les-Îles et du Cégep de la Gaspésie et des Îles, travail à assurer la pérennité de l'ÉPAQ.

Or, l'offre de formations de la Commission scolaire des Chics-Chocs en matière de pêches, qui comprend un DEP en pêche professionnelle ainsi qu’une formation continue adaptée aux besoins des pêcheurs (brevet de capitaine classe 4, notamment), nuirait considérablement à l’ÉPAQ, selon le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens.

Ce dernier demande à Québec de prendre ses responsabilités et d’accorder l’exclusivité à l’ÉPAQ. «Il y a quelqu’un qui ne porte pas ses culottes au ministère de l’Éducation. Pour sauver cette école, il faut lui accorder une exclusivité!»

Même son de cloche du côté de la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, qui s'attend aussi à des explications de la part de la commission scolaire, mais surtout du ministère de l'Éducation qui a donné le feu vert à de telles formations. «Comment ça se fait que le ministère de l’Éducation ait permis ce qu’on voit aujourd’hui. C’est complètement inconcevable». La MRC Rocher-Percé a d’ailleurs adopté une résolution mercredi soir qui indique «qu’il est malvenu d’oser penser laisser une organisation additionnelle offrir des cours en pêche ou en aquaculture sur le territoire maritime du Québec».

Réplique

En réaction aux inquiétudes formulées par les élus de la MRC du Rocher-Percé, le coordonnateur aux activités des adultes à la Commission scolaire des Chics-Chocs, Claudio Bernatchez, précise que si le DEP en pêche professionnelle fait partie de sa carte de programme à la polyvalente C.E-Pouliot à Gaspé, son établissement ne le dispense pas pour autant. «S’il y a des personnes qui viennent nous voir et qui nous disent vouloir suivre ce DEP, on les réfère à l’ÉPAQ».

M. Bernatchez admet toutefois que son organisme offre de la formation continue en pêche à Rivière-au-Renard pour répondre à un besoin bien précis au centre l’Envol. «En réalité, une commission scolaire a pour mission de répondre aux besoins de développement de son milieu. Quand on est interpellé en ce sens-là, on fait notre travail en répondant à notre clientèle.»

Des explications et une carte de programmes qui ne convainquent pas le directeur général du Cégep de la Gaspésie-les-Îles, Roland Auger, également directeur de l’ÉPAQ. Selon lui, ce qu’offre la Commission scolaire des Chics-Chocs n’a rien pour aider l’École des pêches.

M. Auger demande à Québec de consentir «un mandat clair à l’ÉPAQ et les moyens pour y répondre de sorte qu’on arrête de se tirailler entre maisons d’enseignement».

7 commentaires

Gaston Langlais a écrit le 15 février 2013

Bonjour, L'École des Pêches et de l'aquaculture du Québec (à Grande-Rivière) est un immense trésor dont on réalisera malheureusement toute l'importance le jour de sa fermeture. L'ÉPAQ lutte pour sa survie depuis longtemps. Ils étaient où ses défenseurs il y a plus de dix ans lorsque Collégia fut créé et dans un premier geste, amputa l'ÉPAQ de son volet international? Les silencieux de l'époque pour ne pas dire les complices du temps poussent aujourd'hui de bien petits cris. Une institution spécialisée que l'on brûle par les deux bouts peut difficilement résister. Après avoir critiqué sévèrement une personne de son vivant, on la louange à son décès et on inonde le foyer funéraire de fleurs. Ceux qui n'ont jamais pris la défense de l'ÉPAQ doivent probablement s'affairer à préparer leurs couronnes de fleurs aujourd'hui. Gaston Langlais - Gaspé.

Gaston Poirier a écrit le 15 février 2013

Et les Commissions scolaires diront : puisque les DEP ne sont pas de niveau collégial, la solution serait la fermeture de l'ÉPAQ. Et je ne serais pas plus d'accord que vous, en passant! La question est : y a-t-il une solution mitoyenne, une solution gagnant-gagnant? Une solution qui permettra à l'ÉPAQ de diplômer des spécialistes en pêches, et qui permettra au centre l'Envol de poursuivre la formation continue au niveau professionnel? Aussi, facteur distance, les pêcheurs de Rivière-au-Renard (capitale des Pêches) ne se déplaceront pas nécessairement sur 150-200 km pour aller suivre de la formation continue à l'ÉPAQ... Donc, même en fermant cette formation à Rivière-au-Renard, pas certain que les 12 personnes (j'ai entendu 12 à la radio, ce que je ne vois pas ici dans l'article) formées annuellement là-bas se déplaceraient à Grande-Rivière et qu'ils viendraient "sauver" l'ÉPAQ... Ainsi, quand, au départ, je parlais de complémentarité, c'est aussi de ça que je parlais, avec un brin de réalisme. Mais je ne suis pas spécialiste et j'ai peut-être tort, mais si j'essaie toujours de plaider pour le "gros bon sens"! Bonne chance aux coureurs et l'avenir nous dira ce qu'il adviendra de ça!

Daniel Larochelle a écrit le 15 février 2013

Je suis parfaitement d'accord qu'il faut se mettre en mode solution, et cette solution est fort simple : donner à l'ÉPAQ l'exclusivité de toute la formation en pêche et en aquaculture sur le territoire maritime national, que ce soit au niveau professionnel, technique ou en formation continue.

Gaston Poirier a écrit le 15 février 2013

Parfait Monsieur Larochelle! Ne nous mettons surtout pas en mode solution, des fois qu'on en trouverait! Je croyais (peut-être à tort) que l'ÉPAQ était une institution collégiale (faisant partie du Cégep) dont les formations menait à un DEC... Si les formations de niveau collégial de l'ÉPAQ mène à un DEP, ce sont des formations professionnels qui tombent dans les rangs des Commissions scolaires et pas des Cegep... Donc on aurait la réponse à savoir qui empiète dans les plate-bandes de qui. Ceci dit, je crois beaucoup en la survie et en l'importance de l'ÉPAQ, une école unique au Québec. Et je persiste à dire qu'on ne doit pas se chicaner entre nous pour les formations, mais plutôt essayer de se compléter : en se mettant en mode "solution" au lieu d'en mode "critique", je suis certain que, avec toute la bonne foi nécessaire de part et d'autre, des solutions sont envisagables!

Daniel Larochelle a écrit le 15 février 2013

La formation technique (DEC) offerte par l’ÉPAQ concerne l’aquaculture et la transformation des produits de la mer. Il n’y a pas de formation technique en pêche, contrairement à ce que prétend M. Poirier. La formation en pêche professionnelle qu’offre l’ÉPAQ, tout comme celle en mécanique marine, mène à un DEP. On ne parle donc pas ici de complémentarité, mais bien de concurrence directe dans un domaine très restreint.

Gaston Poirier a écrit le 15 février 2013

D'un côté, une école offre une formation professionnel (DEP) et de l'autre côté, une école offre une formation technique (DEC). Au lieu de se chicaner, y aurais pas lieu d'agir en complémantarité? Exemple, que l'étudiant qui a complété son DEP à Rivière-au-Renards soit invité à poursuivre ses étude au niveau du DEC à Grande-Rivière... On aurait des pêcheurs encore plus professionnel et on aiderait à garder en vie les 2 école...

Jean-Francois Samuel a écrit le 15 février 2013

Les guerres de clochers ou chaque village veut la même chose que le voisin n'aide vraiment pas la Gaspésie. Un peu de concertation.

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