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Pêche au homard : une saison 2014 particulièrement fructueuse

Par Cécile Vivant, graffici.ca
Pêche au homard dans le secteur de Cap-d'Espoir et de l'Anse-à-Beaufils sur le bateau du capitaine Jean-Pierre Cloutier, accompagné par le pêcheur Nicolas Chapdelaine-Cyr, en juin 2014.

Pêche au homard dans le secteur de Cap-d'Espoir et de l'Anse-à-Beaufils sur le bateau du capitaine Jean-Pierre Cloutier, accompagné par le pêcheur Nicolas Chapdelaine-Cyr, en juin 2014. Photo : Cécile Vivant

NEW RICHMOND – Le bilan de la pêche au homard s’est distingué cette année en Gaspésie, avec un volume de débarquements qui a augmenté de près de 50 % depuis 2012. Selon le Regroupement des pêcheurs professionnels du Sud de la Gaspésie, ces bons résultats découlent en grande partie de la baisse de l’effort de pêche initiée depuis 1992.

GRAFFICI.CA a pris connaissance de données préliminaires compilées par Pêches et Océans Canada. La quantité globale de homard pêchée en Gaspésie est estimée à 1,52 million de kilos (3,34 millions de livres), soit une hausse de 23 % par rapport à 2013, et de 47 % par rapport à 2012.
 
La quantité moyenne de homard, pêchée par les quelque 162 pêcheurs gaspésiens, s’approche des 10 000 kilos, soit 22 000 livres, pour la saison 2014.

« L'augmentation du nombre de homards débarqués concerne particulièrement les extrémités des zones de pêche », selon O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du Sud de la Gaspésie. De Paspébiac vers l’amont de la baie des Chaleurs, au sud, et autour du parc Forillon, au nord, certains secteurs de pêche ont vu les prises augmenter à hauteur de 90 %, d’après lui.

Plus au centre, la pêche est aussi restée particulièrement fructueuse. En témoigne Jean-Pierre Cloutier, pêcheur de homard depuis plus de 30 ans à L’Anse-à-Beaufils : « Ça a été une pêche historique cette année! Habituellement, durant les bonnes journées, on fait 200 à 300 livres. Cette année, ça arrivait qu’on ramasse 800 livres par jour ».
 

Des mesures de conservation bénéfiques


Ces chiffres records illustrent une amélioration constante des prises de homard en Gaspésie.
Les raisons sont multiples, mais semblent avant tout découler des mesures de conservation mises en place depuis 1992 par Pêches et Océans Canada et par les pêcheurs, selon O’Neil Cloutier. « Les pêcheurs y sont pour beaucoup, ils ont respecté leurs engagements pris avec le gouvernement. »

Depuis 1992, les femelles homard sont marquées par un « V » sur la queue pour être identifiées et remises à l’eau. Par ailleurs, de 1996 à 2003, la taille minimum légale du homard pêché est passée de 76 mm à 82 mm. La taille maximale a quant à elle été fixée en 2010 à 145 mm. « Ça a permis de doubler la ponte des homards. Et ça a raffermi les stocks », estime O’Neil Cloutier.

De plus, depuis 2005, dans le cadre du programme sur la baisse de l’effort de pêche, le nombre de casiers mis à l’eau et de permis de pêche a été diminué.

« Les mesures de conservation mises en place expliquent en grande partie les chiffres », confirme Vincent Malouin, directeur regional de Pêches et Océans Canada.« Le beau temps y est aussi pour beaucoup; les pêcheurs n’ont pas perdu une journée de pêche », ajoute-t-il.

L’augmentation des prises et les changements climatiques pourraient être liés, estiment les observateurs interrogés. Les homards semblent en effet s’être déplacés vers le nord, notamment du Nouveau-Brunswick vers la Gaspésie, à cause des changements de température.

Les prix stagnent

Si les pêcheurs sont pour la plupart très satisfaits de la saison 2014, le prix de vente du homard, qui varie selon la quantité pêchée, devient une nouvelle donnée à considérer. Les homardiers gaspésiens ont reçu en moyenne 4,52 $ la livre pour leurs prises en 2014, comparativement à 4,42 $ en 2013 et 4,66 $ en 2012.
« Plus t’en prends, moins c’est cher, témoigne O’Neil Cloutier. C'est la problématique que l’on vit actuellement, l’offre est trop forte pour la demande. »

L’objectif des prochaines années demeure ainsi de stabiliser les captures de homard pour éviter une nouvelle baisse du prix de vente auprès des transformateurs. « Sinon, c’est les pêcheurs qui vont encore payer la note », conclut M. Cloutier.
 

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