Pauvreté : rapport accablant du vérificateur général

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Le rapport du vérificateur général, Renaud Lachance, est qualifié d’accablant par le Collectif gaspésien pour un Québec sans pauvreté

Le rapport du vérificateur général, Renaud Lachance, est qualifié d’accablant par le Collectif gaspésien pour un Québec sans pauvreté Photo : Courtoisie

Le récent rapport du vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, concernant les actions gouvernementales visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale est qualifié d'accablant par la porte-parole du Collectif gaspésien pour un Québec sans pauvreté, Jacinthe Leblanc.

Renaud Lachance a publié le mois dernier ses constats et ses recommandations résultant de ses travaux portant sur la pauvreté et l’exclusion sociale. Ainsi, il constate d'une part que le ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) n'a pas donné de directives aux ministères et aux organismes quant aux mesures à proposer pour les plans d'action.

D'autre part, il note que le MESS n'a pas déterminé de quelle manière devaient être établies les sommes à inclure dans le calcul des investissements annoncés dans les deux plans d'action. Toujours selon les travaux de M. Lachance, les rapports annuels d'activité, prévus dans la loi et servant à rendre compte du plan d'action gouvernemental, sont incomplets et manquent de clarté.

De plus, le MESS n'a pas planifié adéquatement le suivi des mesures incluses dans les plans d'action et l'évaluation des résultats, d'autant plus que plusieurs échéances prévues dans la loi en ce qui concerne le dépôt de rapports ou d'avis n'ont pas été respectées. Le vérificateur général note enfin que l'exercice de planification gouvernementale aurait dû faire l'objet d'un cadre d'application plus rigoureux, même si les mécanismes mis en place peuvent contribuer à la sensibilisation et à la concertation des différents intervenants.

Accablant

Tout ça n’a rien de réjouissant, d’après Jacinthe Leblanc. «Je ne suis pas surprise des conclusions du rapport. C’est assez accablant. Ça démontre que le gouvernement du Québec n’a pas fait son travail en matière de lutte à la pauvreté. On voit bien que le gouvernement ne fait pas preuve de cohérence dans ses actions.»

Mme Leblanc déplore par la même occasion le mutisme dont fait preuve la ministre du MESS, Julie Boulet, depuis le dépôt du rapport. «On n’a pas entendu la ministre du tout. Elle ne s’est pas prononcée sur la lutte à la pauvreté. C’est tout de même inquiétant».

Jacinthe Leblanc souhaite obtenir davantage d’écoute de la part de Québec en 2012. «Écoutez, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit de semaine en semaine, d’année en année. Tous les rapports le démontrent. On s’attend donc à une plus grande ouverture et de reconnaissance [de Québec]. Et il faut faire quelque chose au Québec parce que ça coûte plus cher de ne pas s’en occuper que de s’en occuper.»

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.