Paul Rose offre un manifeste au Musée de la Gaspésie

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
L'archiviste du musée de la Gaspésie, Jeannot Bourdages, et Paul Rose.

L'archiviste du musée de la Gaspésie, Jeannot Bourdages, et Paul Rose. Photo : Gracieuseté - Félix Rose

Paul Rose a récemment remis le manifeste de la Maison du pêcheur au Centre d’archives du Musée de la Gaspésie.

C’est le 26 septembre dernier que M. Rose s’est présenté au Musée de la Gaspésie à Gaspé avec des membres de sa famille pour remettre le document.

L’archiviste du musée, Jeannot Bourdages, raconte que Paul Rose souhaitait que le manifeste intitulé «Percé n’appartient pas aux marchands» soit conservé en Gaspésie, la région où il a été créé. «C’est un document qui a une valeur historique importante, car il permet de remonter aux racines de la création de la cellule Chénier. Et M. Rose tenait à ce qu’il revienne en Gaspésie», souligne l’archiviste, qui n’avait jamais entendu parler de l’existence du manifeste.   

Rédigé par le comité d’action de la Maison du pêcheur en 1969, le manifeste traite en grande partie du conflit entre les jeunes qui ont fréquenté la Maison du pêcheur à la mairie de l’époque et des hôteliers du secteur. «Nous ne sommes pas de prétendus hippies, mais tout simplement des Québécois et, comme tel, quelque soit nos revenus, nous croyons avoir le droit de cité sur notre territoire. Si nous avions le moindre doute que notre présence nuit au tourisme, nous partirions au plus tôt», peut-on lire dans le document.

La Gaspésie

L’archiviste du musée note par ailleurs que le manifeste se caractérise par une «couleur très régionale», même si la plupart des jeunes qui fréquentaient l’endroit venaient des grands centres urbains.

Le document, explique M. Bourdages, dénonce en outre l’américanisation de Percé, la pauvreté qui sévit en Gaspésie et le manque de soutien gouvernemental dans le développement de la région. «La plupart d’entre nous visitons la région pour la première fois de notre vie. Nous avions entendu parler des beautés et des problèmes économiques de la Gaspésie. Nous ne pensions jamais que la situation pouvait être aussi tragique. Quand on pense à tout ce que reçoivent les grands centres du Québec et particulièrement Montréal et sa région, nous trouvons cela tout simplement écœurant», est-il écrit plus loin dans le manifeste

Contexte

La Maison du pêcheur a été le lieu de rencontre en 1969 entre Bernard Lortie, fils de pêcheur gaspésien et ses futurs acolytes Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard. Les événements de l’été 1969 ont précédé la formation de la cellule Chénier, du Front de libération du Québec (FLQ).

L’année suivante, le Québec sera marqué par les événements d’octobre 1970 qui ont culminé par les enlèvements du diplomate britannique James Richard Cross et du ministre Pierre Laporte. Ce dernier est mort une semaine après son enlèvement, alors qu’il était détenu par la cellule Chénier. Paul Rose a par la suite été condamné en 1971 à la prison à perpétuité pour la mort de Pierre Laporte. Il a été libéré sous condition en 1982.

Paul Rose a passé quelques jours en Gaspésie pour assister au tournage du film d’Alain Chartrand, La Maison du Pêcheur, qui raconte les événements de 1969 à Percé.

À lire aussi

La Maison du pêcheur à Percé : visite sur le plateau

Percé devient lieu de tournage

Dernière demande de Groupe PVP pour le film La Maison du pêcheur

Importante production cinématographique à Percé

1 commentaire

Michel Denis a écrit le 20 octobre 2012

Merci M. Rose, Que ce don participe à l'éveil Gaspésien!

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.