Un patrimoine disparu à Murdochville

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
La mine a fermé en 1999 et la fonderie en 2002 mettant ainsi fin à 50 ans de présence de la minière Noranda qui a donné naissance à cette municipalité de 800 âmes.

La mine a fermé en 1999 et la fonderie en 2002 mettant ainsi fin à 50 ans de présence de la minière Noranda qui a donné naissance à cette municipalité de 800 âmes. Photo : Thierry Haroun

L'historien Jean-Marie Fallu regrette la perte d'artefacts et autres objets de valeur lors du récent feu qui a totalement anéanti le Centre d'interprétation du cuivre de Murdochville.

En 2005, M. Fallu, également directeur du magazine Gaspésie, avait par l'entremise de son organisme Patrimoine 1534 et avec la collaboration de firme Médialog, basée à New Richmond, produit la nouvelle exposition permanente du Centre.

Selon lui, ce Centre était un carrefour identitaire pour tous ceux et celles qui ont connu la riche époque de l'exploitation du cuivre pendant près de 50 ans. «C'est toujours triste pour une communauté de perdre une telle chose et à Murdochville, ce l'est d'autant plus parce qu'il y a dans cette ville un fort sentiment d'appartenance. Et il y avait quelque chose d'identitaire avec ce Centre, dont on souhaite la relance».

La première bagde

L'historien tient à rappeler la perte de certains objets lors du feu qui a marqué la communauté au fer rouge. «Heureusement qu'il y avait  beaucoup de photos qui avaient été numérisées, celles-là sont sauvées. Mais ce qui est dommage c'est la perte d'objets comme la première “badge'' ou insigne, si vous voulez, du premier mineur à descendre dans la mine [au début des années 1950] qui a été perdu dans le feu. Je pense aussi à des casques de mineurs ou à des boîtes à lunch. Toutes ces choses symboliques qui faisaient parties du quotidien des hommes de la mine. C'est ça qu'on regrette beaucoup aussi», s'attriste le spécialiste en patrimoine.

1 commentaire

Francine Chouinard a écrit le 3 mai 2012

Ayant été directrice du Centre d'interprétation du cuivre durant 8 belles années, je viens faire u clin d'œil à Monsieur Fallu et à l'équipe de Médialog avec qui j'ai travaillé pour le renouvellement de l'exposition permanente en collaboration étroite avec le conseil d'administration de l'époque. Quelle belle dynamique ! Étant sur les lieux la nuit de l'incendie du Centre, je revivais intensément toute les étapes que nous avons vécues voulant valoriser ce riche patrimoine minier, métallurgique et social de Murdochville. Je me souviens, entre autre, de cet album photos qui marquait le temps, les années depuis l'ouverture de la mine. Ces photos étaient toutes identifiées. C'était pour les visiteurs un coffre aux trésors où plusieurs retrouvaient des parents, des amis vivants ou décédés. Cette perte incendiaire affecte la population de Murdochville. Le feu a fait ses ravages nous laissant de bons souvenirs mais aussi nous arrachant ces pièces rares, ces artéfacts qui sont maintenant en poussière. Heureusement, l'histoire ne se perd pas, la mémoire n'oublie pas. Au fond de notre coeur....un grand vide qui fait mal. Il faut rebâtir le Centre et faire revivre aux visiteurs cette même qualité de visites que le personnel attentionné a toujours fait de façon exemplaire. Hommage à nos bâtisseurs qui resteront toujours la source de notre motivation à vouloir poursuivre nos efforts de développement. Nous marchons dans leurs pas. Ils sont des exemples à suivre. Francine Chouinard Fière Gaspésienne de coeur

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