Il était une fois…

PALETTE DE COULEURS POLITIQUES

Par Paul Lemieux, blogueur, graffici.ca
Retraité du parc national de Miguasha depuis le printemps 2014, Paul Lemieux habite Carleton-sur-Mer. Bachelier en histoire, il a toujours eu à coeur le patrimoine. Il nous offre des bribes d'histoires chaque mois, sur GRAFFICI..CA.

Retraité du parc national de Miguasha depuis le printemps 2014, Paul Lemieux habite Carleton-sur-Mer. Bachelier en histoire, il a toujours eu à coeur le patrimoine. Il nous offre des bribes d'histoires chaque mois, sur GRAFFICI..CA. Photo : Gracieuseté

CARLETON-SUR-MER — Dans notre langage quotidien, également véhiculé par les médias régionaux et nationaux, les partis politiques sont souvent associés à des couleurs. Ainsi, le rouge, le bleu, l’orange et le vert se côtoient dans cet arc en ciel politique. Les deux premiers, les rouges et les bleus, n’ont plus besoin de présentation puisqu’ils forment les deux partis dits « traditionnels ». Quant aux oranges, ils ont profité d’une vague lors des dernières élections fédérales pour se mettre sur la carte. Une couleur récupérée par un parti solidaire québécois, du moins pour le site Web de cette formation. Quant aux verts, leur couleur dépasse largement la politique pour englober l’environnement et ses multiples causes.

Plus près de nous, le comté de Bonaventure a été associé pendant longtemps à la couleur rouge, surtout à compter de 1956, lorsqu’un jeune avocat de 30 ans, Gérard D. Levesque, s’est fait élire pour la première fois. Cela se passait le 20 juin, alors que le nouveau député Levesque a défait l’unioniste Henri Jolicoeur qui avait été député de Bonaventure durant une quinzaine d’années, soit de 1936 à 1939 et de 1944 à 1956.

Dans cette campagne électorale du printemps 1956, Gérard D. Levesque a profité d’un vieux fond rouge, selon l’expression consacrée, présent dans le comté de Bonaventure. En effet, si on retourne dans l’histoire, on se rend compte que le député Lévesque n’a fait que prendre la relève d’une très longue occupation du comté de Bonaventure par le parti libéral, entrecoupée par les deux mandats de l’unioniste Jolicoeur.

À compter de 1890 et jusqu’en 1936, c’est le parti libéral qui a occupé le siège du comté à l’Assemblée législative du Parlement de Québec. Durant ces 46 ans de règne libéral, quelque six députés se sont succédé à ce poste, le plus connu d’entre eux étant Honoré Mercier, député de Bonaventure de 1890 à 1894, qui a été alors premier ministre du Québec jusqu’au 21 décembre 1891. En 1936, une vague unioniste frappera le Québec avec Maurice Duplessis en tête qui remportera 76 sièges contre 14 pour le libéral Adélard Godbout. Vingt ans plus tard, les libéraux se réinstalleront solidement dans le siège de Bonaventure au Parlement de Québec

Cette occupation du parti libéral s’est étalée sur 10 élections consécutives, soit 1956, 1960, 1962, 1966, 1970, 1973, 1976, 1981, 1985 et 1989, toutes remportées par Gérard D. Levesque. Phénomène assez particulier, la longévité de Gérard D. Levesque lui a permis de vivre plusieurs étapes importantes de l’histoire politique du Québec. Ainsi de 1956 à 1960, il fut aux premières loges pour assister au dernier mandat du gouvernement unioniste de Maurice Duplessis, qui allait mettre fin à cette période qualifiée de « Grande noirceur » par les historiens. Il a également connu la Révolution tranquille des années 60 et la mise en place du Québec moderne, la montée du nationalisme québécois, avec l’Union nationale de Daniel Johnson puis les années Robert Bourrassa au début des années 1970 et les grands chantiers de la Baie James et des Olympiques de 1976. Sans oublier bien sûr, la vague péquiste qui balaya le Québec en novembre 1976, mais sans toucher le comté de Bonaventure.  

Avec ses dix mandats consécutifs, au sein de cette forteresse libérale, Gérard D. Lévesque a établi un record de longévité à l'Assemblée nationale, depuis sa première élection le 20 juin 1956 jusqu’à son décès, le 17 novembre 1993. Un record s’étalant sur 37 ans et 5 mois, ce qui a permis à Gérard D. Levesque de devancer Louis-Alexandre Taschereau qui détenait ce titre avec 35 ans et 8 mois. Une distinction effacée depuis par le péquiste François Gendron qui siège dans le comté d’Abitibi Ouest depuis l’élection du 15 novembre 1976, soit presque bientôt 40 ans.   

Le comté de Bonaventure est-il encore une forteresse rouge? Rien n’est moins sûr, car, au cours des 20 dernières années, une alternance s’est installée, le comté de Bonaventure s’étant teinté successivement de bleu, de rouge et puis de bleu. À suivre…

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NOTE SUR L’AUTEUR
Retraité du parc national de Miguasha depuis le printemps 2014, Paul Lemieux habite Carleton-sur-Mer. Bachelier en histoire, il a toujours eu à coeur le patrimoine et le développement régional. Il est d’ailleurs bénévole, presque à temps plein, de l’Écomusée Tracadièche, de la corporation du Mont St-Joseph et du Musée de la Gaspésie à Gaspé.
Il nous offre des bribes d'histoires chaque mois, sur GRAFFICI.CA.

NOTE DE LA RÉDACTION
Les blogueurs sur GRAFFICI.CA ne sont pas à l'emploi de l'entreprise. Ils ont tous accepté de s'engager, bénévolement, pour apporter une diversité de point de vue dans notre média. Les opinions véhiculées dans ces textes n'engagent que leur signataire. Il en va de même pour les lettres ouvertes.

1 commentaire

Relojes Imitacion a écrit le 24 février 2019

l'approche conservatrice n'est pas de faire amende honorable en qualité de ministre, mais plutôt de jeter le blâme sur ses subalternes ou encore de pointer un doigt accusateur vers ses plus fervents critiques.

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