Affaires municipales et développement régional

Municipalités gaspésiennes : coûts des services élevés, selon un palmarès des HEC

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Des villes comme Percé doivent offrir des services à une population éparpillée sur un vaste territoire, ce qui hausse les coûts.

Des villes comme Percé doivent offrir des services à une population éparpillée sur un vaste territoire, ce qui hausse les coûts. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ -- Presque toutes les municipalités gaspésiennes paient plus cher pour leurs services que les municipalités de taille similaire dans la province, selon un palmarès publié par le Centre sur la productivité et la prospérité de l’école des Hautes Études commerciales (HEC) de Montréal.

 
Les chercheurs ont colligé les données 2012 fournies par les municipalités au ministère québécois des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT).

Murdochville en queue de peloton

Murdochville traîne en avant-dernière position du groupe des municipalités de moins de 1000 habitants, avec un coût moyen des services quatre fois plus élevé que la moyenne. « Quand on compare notre population aux infrastructures qu’on possède, c’est tout à fait normal, avance la mairesse Délisca Ritchie-Roussy. Les infrastructures sont conçues pour 5000 personnes ou plus et on est 780! »

À titre d’exemple, les rues de Murdochville sont « extrêmement larges, pour laisser passer des camions dans un contexte minier », ce qui hausse d’autant les coûts de voirie, remarque la mairesse. « Ça va demeurer comme ça tant qu’on n’aura pas augmenté notre population », ajoute Mme Délisca Ritchie-Roussy.

Des services éparpillés

Les contribuables de Gaspé paient 52 % plus cher que la moyenne des villes de 10 000 à 24 999 habitants, selon le palmarès. Percé est quant à elle 63 % au-dessus de la moyenne des municipalités de 2000 à 4999 habitants.

Donner des services sur une grande étendue augmente les coûts, analyse le maire de Percé, André Boudreau. « Les services d’incendie nous coûtent cher, mais ça nous prend trois casernes avec quatre camions et de plus grandes équipes. D’être plus performant [financièrement], ça voudrait dire de couper les services! »

Saint-Elzéar (+ 170 %), Matapédia (+ 87 %), Mont-St-Pierre (+ 64 %) et Saint-François d’Assise (+ 60 %) paient aussi davantage que la moyenne pour leurs services. Dans une moindre mesure, Grande-Vallée (+33 %), Saint-Alexis-de-Matapédia (+33 %) et Maria (+49 %) sont également au-dessus de la moyenne.

Les services à Sainte-Anne-des-Monts et Chandler coûtent respectivement 10 % et 6 % plus cher qu’ailleurs en province.

Des infrastructures aux normes, ou pas?

À Maria, le maire Christian LeBlanc note que dans sa municipalité, la mise aux normes de l’eau potable est complétée et les eaux usées sont assainies selon les règles. « Je serais curieux de savoir quelles municipalités sont aux normes dans la Baie-des-Chaleurs. J’aime mieux payer plus cher et que nos eaux usées soient traitées, et non “flushées” dans la mer. »

En Gaspésie, seules Caplan (-19 %) et dans une moindre mesure, Hope (-3,5 %) affichent un coût moyen des services inférieur à la moyenne.

Caplan affiche un coût de 0 $ pour l’assainissement des eaux usées, qui sont rejetées à la mer après un passage au dégrilleur (une grille).

Des 42 municipalités de la Gaspésie, 17 ne sont pas classées, puisque les chercheurs ne disposaient pas de suffisamment d’informations. Parmi les absents notables, il y a Bonaventure, New Carlisle et Paspébiac.

Des doutes sur les données

Par ailleurs, certains maires émettent des doutes sur la fiabilité des données utilisées. « Je ne peux pas commenter parce que ce n’est pas précis, dit le maire de Grande-Rivière, Bernard Stevens. Sa ville dessert sa voisine Sainte-Thérèse de Gaspé en eau potable et partage avec elle son service de sécurité incendie. Les coûts indiqués par habitant pour Grande-Rivière ne tiennent donc pas la route, illustre le maire.

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