Développement économique et exportation

Le Mouvement action chômage craint l’exode des travailleurs

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le coordonnateur du Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles, Gaétan Cousineau, poursuit sa tournée d’information régionale.

Le coordonnateur du Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles, Gaétan Cousineau, poursuit sa tournée d’information régionale. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le Mouvement action chômage Gaspésie-les-Îles craint que les nouvelles règles entourant le programme d’assurance-emploi provoquent l’exode des travailleurs saisonniers de la Gaspésie. 

Le coordonnateur de l’organisme, Gaétan Cousineau, qui était de passage à Nouvelle mardi après-midi dans le cadre de sa tournée régionale d’information, s’est montré très inquiet quant aux impacts de la réforme de l’assurance-emploi, devant la quinzaine de personnes qui ont assisté à sa présentation.

«Avec les nouvelles règles, de nombreux travailleurs saisonniers devront faire des choix déchirants. Ils devront choisir entre accepter une diminution ou une coupure de leurs prestations, accepter un emploi qui pourrait être moins bien payé et qui pourrait nécessiter une heure de déplacement ou simplement quitter pour une région où il y a plus d’emplois», a-t-il déclaré.

Rappelons que la réforme de l’assurance-emploi prévoit qu’un certain nombre de chômeurs, «les prestataires fréquents», pourraient être contraints d’accepter des emplois moins bien rémunérés et dont le lieu se trouve à moins d’une heure de déplacement, s’ils souhaitent que leurs prestations ne soient pas réduites ou coupées.

Le prestataire fréquent pourrait par ailleurs se voir offrir n’importe quel travail pour lequel il est qualifié à 70% de son salaire horaire antérieur.

Selon les nouvelles dispositions, un chômeur est considéré comme un «prestataire fréquent» lorsqu’il a présenté trois demandes ou plus au cours des cinq dernières années et qu’il a bénéficié de 60 semaines de prestations durant cette même période.

«Presque tous les travailleurs saisonniers de la région retirent au moins 30 semaines de prestations par année. C’est au moins 60 % des prestataires de la Gaspésie qui entrent dans cette catégorie», soutient M. Cousineau, qui craint que ces nouvelles configurations provoquent «un mouvement des jeunes familles vers l’extérieur» de la Gaspésie.

«Ces dispositions ne tiennent pas compte du fait qu’en Gaspésie et que dans plusieurs régions du pays, les emplois saisonniers sont fréquents et vitaux pour les économies régionales. Les saisonniers seront-ils contraints de travailler en saison morte pour un plus petit salaire Qu’adviendra-t-il lorsqu’ils voudront reprendre leur emploi saisonnier? Devront-ils démissionner? Si c’est le cas, ils ne seront plus éligibles à l’assurance-emploi», s’inquiète le coordonnateur du Mouvement action chômage.

LA FQM entre dans le débat

Les membres de la Fédération québécois des municipalités ont par ailleurs adopté samedi dernier une résolution demandant au gouvernement fédéral de revoir les nouvelles dispositions de l’assurance-emploi afin de considérer les économies saisonnières des régions et pour réclamer la reconduction du projet pilote pour les régions avec un taux de chômage élevé.

La ministre recule sur les gains admissibles

Soulignons aussi que la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a annoncé vendredi dernier son recul au sujet des gains admissibles prévus dans la réforme de l’assurance-emploi. De fait, certains prestataires d’assurance-emploi pourront se retirer de l’application des règles du projet pilote «Travail pendant une période de prestations».

Avant l’application de ces nouvelles règles, un prestataire qui retournait sur le marché du travail en occupant un emploi à temps partiel pendant une période de prestations pouvait toucher jusqu’à 40 % de ses prestations en salaire sans se faire couper.

Or, les nouvelles dispositions prévoient plutôt que les prestataires peuvent toucher 50 cents pour chaque dollar gagné dans le cadre d’un emploi qu’il occupe pendant une période de prestations.

Avec la volte-face de la ministre, les prestataires qui travaillaient pendant la période de prestations entre le 7 août 2011 et le 4 août 2012 auront la possibilité de retourner aux anciennes règles. Les personnes qui ont commencé à réclamer des prestations à partir du 5 août 2012 sont quant à eux assujetties aux nouvelles règles. 

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1 commentaire

Yvanhoe Beauchamp a écrit le 18 janvier 2013

Monsieur Pelletier pauvre imbécile qui parle pour rien dire

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