Éducation

Métier non traditionnel : une femme au volant d'un camion remorque

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
yndi Gagné au volant d'un tracteur routier, dans le cadre de sa formation qui se donne à Sainte-Anne-des-Monts

yndi Gagné au volant d'un tracteur routier, dans le cadre de sa formation qui se donne à Sainte-Anne-des-Monts Photo : Cyndi Gagné, CFTC

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – Cyndi Gagné de Sainte-Anne-des-Monts est finaliste au volet régional du concours Chapeau, les filles, une compétition visant à souligner les études des femmes dans des métiers non traditionnels.

Cette femme de 36 ans a décidé de se lancer dans une carrière de routier, un monde d'hommes. Elle suit présentement une formation afin d'apprendre son nouveau métier du Centre de formation en transport de Charlesbourg, qui offre ce cours à Sainte-Anne-des-Monts.

«C'était un rêve d'adolescente, sauf que je suis tombée enceinte à 19 ans. Avec des enfants trop jeunes, ce n'est pas un métier pour une mère. Je me suis dit que je reporterais le tout plus tard. Maintenant, je réalise mon rêve», dit Mme Gagné. 

Avant de prendre la décision de se lancer dans cette nouvelle carrière, elle avait obtenu une attestation d'études collégiales en comptabilité. 

Elle est la seule femme du groupe de 16 étudiants.

Chapeau les filles

Cyndi Gagné a été incitée à s'inscrire au concours. Elle l'a fait dans sept volets. Un jury a étudié son dossier qui comporte plusieurs aspects, notamment ceux reliés à sa future carrière.

«Ils m'ont sélectionné au régional. Ils ont aussi envoyé ma candidature au national. Les candidatures seront choisies au cours des prochaines semaines», indique Mme Gagné.

«Pour moi, c'est la récompense de mes efforts en tant que maman», explique cette mère monoparentale de deux adolescents.

«Je ne regrette pas mon choix», explique-t-elle.

Message d'encouragement

Elle souhaite que les femmes n’hésitent plus à faire carrière dans un monde d’hommes : «On est capables de le faire autant qu'un homme. C'est sûr que ça demande un peu plus qu'un homme. C'est tellement un beau métier», conclut la lauréate régionale.

Elle espère pouvoir faire son stage dans une entreprise de la région au mois de mai.

Cyndi Gagné recevra son prix mardi prochain à Sainte-Anne-des-Monts.

2 commentaires

Catherine Fréchette a écrit le 29 avril 2013

Je suis la fille de Michel Fréchette, auteur du commentaire éloquent que vous venez de lire. Je suis en tous points d'accord avec mon papa (ce qui, je dois admettre, n'est pas nécessairement coutume). J'aimerais simplement ajouter à la liste des gens qu'il faut remercier lorsqu'une demoiselle qui ne peut ignorer sa nature et ses intérêts s'aventure chez les messieurs, les êtres qui suivent: la famille (irréductibles papa, maman, sœur et frère) et les amis (ceux de circonstance, connus durant la formation par exemple et qui pourront rester, et ceux qui semblent avoir toujours été là, comme une vraie bonne conscience de nous-mêmes). Bravo donc Mlle Gagné!! Catherine F

Michel L. Fréchette a écrit le 26 avril 2013

Bravo à l'initiative de Chapeau Les Filles et Bravo à Mme Gagné. L’histoire que je lis m’émeut. Je peux témoigner comme père de l'importance de ce type de concours comme facteur d'émulation qui vient couronner la motivation et la détermination de chaque personne qui prend le chemin des métiers et professions dits non traditionnels. On dirait un rayon de soleil entre deux nuages quand se déroule la cérémonie et il faut voir la fierté de nos jeunes lors d’un tel événement. Bien que l’idée générale nous dise qu’il s’agit plus de femmes qui font des métiers d’homme, l’admiration doit aussi comprendre l’inverse. Notre monde est à la recherche de la difficile égalité entre les sexes alors qu’on devrait largement parler d’équité et d’ouverture. L’audace et le courage d’aborder non seulement la formation dans un environnement à l’interne pas toujours sympathique mais aussi l’exercice d’une carrière avec en prime de l’effort, les regards obliques de notre société font de vous des êtres exceptionnels au moins sous deux rapports. Pour l’employeur, il doit s’agir d’une preuve de volonté et si vous êtes vous-même entrepreneur(e), d’une excellente confiance en soi. Vous êtes donc doublement armé(e)s. Notre fille a suivi le même parcours deux (2) fois : ébéniste et conductrice de poids lourds. Un petit bout de femme de 115 livres (mouillée) comme elle se décrit, aussi âgée de 36 ans qui fait maintenant du Québec-Californie sur son 18 vitesses après avoir maîtrisé l’acajou, l’érable, le chêne, les dangers des outils, les formes, la discipline de la matière vivante. Peu banal, inquiétant mais comme parents, on doit aussi comprendre que nos enfants n’ont qu’une vie à vivre et qu'idéalement, ils nous survivront. Autant prouver qu’on a autant confiance en eux qu’en nous pour ce qu’on a pu leur transmettre et les encourager. Encore bravo et bonne route Madame Gagné et à toute notre jeunesse qui s’insère dans des univers hostiles car l’emploi du qualificatif « non traditionnel » est bien doucereux et certainement en dessous de ce qui peut se cacher de moins beaux dans notre conscience sociale. Qui pourrait m’expliquer le mot traditionnel si noble dans un sens d’inacceptable, de conformisme, de privilège, de barrières alors que pour moi, la tradition est l’équivalent d'évolution, de maturité et d’adaptation avec une légère touche de mémoire? Une pensée toute reconnaissance aux éducateurs et administrateurs de ces institutions qui rendent moins difficile et plus motivant le fait d’appartenir à une classe à part et qui savent encourager au-delà du normal ces sortes d’électrons libres que sont les adeptes de ces exo-métiers tout comme on découvre des exo-planètes. Chapeau les profs, les mentors et les administrateurs et leur équipe.

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