Développement économique et exportation

Matapédia : Desjardins demeure ferme

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Quelque 250 personnes ont assisté hier à l'Assemblée générale annuelle de la caisse Desjardins des Monts et Rivières à Matapédia.

Quelque 250 personnes ont assisté hier à l'Assemblée générale annuelle de la caisse Desjardins des Monts et Rivières à Matapédia. Photo : Antoine Rivard-Déziel

MATAPÉDIA - Après la fermeture des points de services dans les Plateaux de la Matapédia, la caisse Desjardins des Monts et Rivières ne ferme pas la porte à d'autres coupures.

La caisse a tenu hier soir à Matapédia son Assemblée générale annuelle devant quelque 250 personnes, dont des membres du comité ACCORDons-nous, un groupe qui milite pour le retour d'un point de services à St-François.

Malgré le contexte de fermeture, l'institution affiche un déficit d'opération de 114 000 $, ce qui est cependant moins que les 340 000 $ anticipés. Il s'agit d'une 2e année déficitaire consécutive. La caisse, qui n'exploite que le siège social de Matapédia depuis le 15 juin dernier, avait enregistré un déficit d'environ 60 000 $ en 2012. 

Questionnés au sujet des coûts que représenterait le retour d'un point de services à St-François et des économies engendrées par les fermetures, les dirigeants n'ont pas été en mesure de fournir des réponses précises. « En coupant les points de services en juin, on a juste eu une demi-année de récupération. Notre plan de redressement est sur trois ans et on sait, qu'en 2016, on devrait atteindre l'équilibre », a mentionné la présidente, Pauline Dufour. 

Dans les résultats financiers présentés aux membres, la différence entre les 340 000 $ anticipés et le déficit réel de 114 000 $ s'explique en grande partie par une augmentation des revenus nets d'intérêts et des quote-parts de la Fédération. Les économies reliées aux dépenses de personnel en lien avec la fermeture des points de services s'élèvent à 15 000 $.

Avec ce 2e déficit, les dirigeants soutiennent qu'un retour en arrière n'est pas possible et que la population des Plateaux devra s'y faire. D'autres mesures de redressement pourraient même être appliquées. « Ce n'est pas dit qu'il n'y aura pas d'autres coupures. Mais on ne pourra pas couper de point de service, il n'en reste plus qu'un », a dit la présidente, avant de préciser que ces mesures pourraient toucher les employés et les heures d'ouverture.

« Sous haute surveillance »

Le vice-président régional des Caisses Desjardins pour le Bas-St-Laurent et la Gaspésie, Michel Roussy, a défendu la décision des administrateurs de réduire les services afin de diminuer les coûts d'opération.

Ce dernier soutient que l'institution financière est « sous haute surveillance » de la Fédération des caisses Desjardins du Québec et qu'elle doit « maintenir le cap » sur l'équilibre budgétaire, ajoutant que l'établissement est encadré par l'Autorité des marchés financiers et la Loi sur les coopératives. « Les administrateurs ont la responsabilité d'une gestion saine des avoirs des gens. Ils doivent prendre des décisions qui assurent la pérennité à long terme », a-t-il prévenu, avant de lancer un appel à la solidarité des membres.


Les membres divisés

Les membres présents à l'Assemblée générale étaient visiblement divisés. Si les représentants du comité ACCOrdons-nous dénoncent la décision des administrateurs, certains ont pris la parole pour offrir leur appui au conseil d'administration. Par ailleurs, les membres du comité ACCORDons-nous n'ont pas réussi à faire inscrire le point destitution de la présidente à l'ordre du jour. Un total de 115 membres ont voté contre et 102 pour l'ajout de ce sujet au menu.


Les employés s'expriment

Les employés de la caisse ont aussi pris la parole pour « remercier les dirigeants d'avoir agi de façon responsable ». Ces derniers ont dit comprendre la « grogne » de certains membres, mais soutiennent que les mesures d’accommodement portent leurs fruits et que les clients « ont été en mesure de s'adapter aux changements ».

Déception

À la fin de la rencontre, la porte-parole du comité ACCORdons-nous, Sylvie Gallant, ne cachait pas sa déception. « Ils maintiennent leur position en nous donnant les mêmes chiffres, en nous disant que la décision de fermer les points de services est reliée au déficit, alors que je sais, qu'à Bécancour, il y a aussi eu des coupures, alors que la caisse a un surplus cette année », a-t-elle réagi.

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