Marjorie Raymond : opposition autour d’un spectacle-bénéfice

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
L'an dernier, quatre jours après le suicide de Marjorie Raymond, la direction de l'école Gabriel-Le Courtois avait tenu, à la demande des élèves, une activité visant à rendre un dernier hommage à la disparue.

L'an dernier, quatre jours après le suicide de Marjorie Raymond, la direction de l'école Gabriel-Le Courtois avait tenu, à la demande des élèves, une activité visant à rendre un dernier hommage à la disparue. Photo : Johanne Fournier

Le spectacle-bénéfice à la mémoire de Marjorie Raymond organisé par la Fondation Jasmin Roy, qui sera présenté à Montréal le 28 novembre, un an jour pour jour après le suicide de Marjorie Raymond, ne fait pas l'unanimité

Certains organismes et individus s'y opposent. C'est notamment le cas de la présidente du Centre de pédiatrie sociale de la Haute-Gaspésie et ex-commissaire de la Commission scolaire des Chic-Chocs. «Jasmin Roy peut sensibiliser les jeunes contre l'intimidation, mais n'a pas à récupérer l'événement pour un spectacle hors région sur cette tragédie, estime l'orthopédagogue Claire Fortin, qui a également fait parvenir son point de vue par lettre à un dirigeant de la Commission scolaire. Son action doit s'en tenir à l'éducation et au partage de cette problématique avec les jeunes de la province.»

«C'est à Sainte-Anne-des-Monts à se recueillir sur ce souvenir douloureux, pour ne pas oublier que des ados souffrent et doivent se confier à des adultes significatifs et formés pour cela dans leur milieu scolaire, continue-t-elle. Je trouve que ce Jasmin Roy exagère dans la récupération de ce drame.»

«C'est son opinion, mais je ne la partage pas, se défend Jasmin Roy. Il faut faire attention quand on dit Jasmin Roy. Ce n'est pas Jasmin Roy qui décide de tout. J'ai un conseil d'administration. Pensez à d'autres événements qui ont eu lieu, comme en hommage à Dédé Fortin. Je ne suis pas là pour nuire au milieu. On ne peut pas faire comme si cet événement-là n'était pas arrivé!»

D'autres voix discordantes

Le même malaise est ressenti par l'Association québécoise de prévention du suicide et la Fédération des commissions scolaires. Pour les deux organismes, Marjorie Raymond n'a pas fait le bon choix et il faut faire attention de ne pas glorifier le geste.

«J'ai vu l'équipe des cadres travailler et voté des actions pour renforcer les protocoles et démarches dans le milieu scolaire à ce sujet, renchérit Claire Fortin. J'ai vu les efforts des professionnels qui ont travaillé à éviter une escalade de suicides par mimétisme.»

«C'est clair que Marjorie n'a pas fait le bon choix, admet Jasmin Roy. Sa mère, Chantal, dit la même chose. Mais si on n'en parle pas, c'est comme si on banalisait le sujet de l'intimidation.» Celui qui a donné son nom à la fondation, dont la mission est de lutter contre l'homophobie et l'intimidation, précise que le mot suicide n'est pas utilisé dans la promotion de l'événement, auquel plusieurs artistes ont confirmé leur présence bénévole, tels que Robert Charlebois et son fils Jérôme, qui a composé une chanson sur le thème de l'intimidation.

Marie-Denise Pelletier, David Jalbert, Daniel Lavoie, le Cirque Éloize, Ian Kelly, Steeve Diamond, Rick Hugues, Nelka Pelletier, Marco Calliari, Quartz, Maxime Landry, Trio BBQ, Martin Petit, Claude Gauthier et Sophie Pelletier partageront la même scène. «D'autres artistes se sont manifestés, mais on en a déjà trop, soutient M. Roy. On a dû faire des choix.» La mère de la défunte, Chantal Larose, agira à titre d'invitée d'honneur.

Aucune activité à Sainte-Anne-des-Monts

Du côté de Sainte-Anne-des-Monts et de l'établissement scolaire que fréquentait Marjorie Raymond, soit l'école Gabriel-Le Courtois, rien n'a été prévu pour commémorer le triste événement qui avait secoué tout le Québec, mais particulièrement la Haute-Gaspésie.

«L'école n'a pas l'intention d'organiser une activité spéciale, indique la conseillère en communication de la Commission scolaire des Chic-Chocs, Marie-Noëlle Dion. L'école est à l'écoute des besoins de ses élèves et aucun d'entre eux n'a manifesté le désir de tenir une activité quelconque. C'est à la famille à faire ça.»

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