Santé, services sociaux et communautaire

Maison Le Radeau : le secteur de la santé se défend

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
La Maison Le Radeau a accueilli plus 140 patients depuis son ouverture en 2006

La Maison Le Radeau a accueilli plus 140 patients depuis son ouverture en 2006 Photo : Courtoisie

La fermeture définitive de la maison de soins palliatifs Le Radeau de Chandler annoncée récemment s'explique en grande partie par le manque de collaboration et le sous-financement du secteur de la santé. Les instances concernées réfutent catégoriquement ces accusations.

En entrevue, le président de la maison Le Radeau, le Dr Jean-Yves Abdelnour, décline trois facteurs qui ont mené à la décision de fermer son établissement de fin de vie. « Il y a le sous-financement de l'Agence de santé et des services sociaux de la Gaspésie-les-Îles. Deuxièmement, on a eu une collaboration qui a été déficiente de la part du Centre de santé et des services sociaux du Rocher-Percé. On a eu de beaux mots, mais ça ne s'est jamais traduit dans le concret. Et troisièmement, l'absence de grandes entreprises sur le territoire (pour commanditer la maison). Si on avait eu l'aide financière de grandes entreprises comme cela se fait ailleurs, ç’aurait été beaucoup plus facile ».

Jean-Yves Abdelnour déplore que désormais la région de la Gaspésie-les-Îles soit devenue la seule région administrative de la province à ne pas avoir une maison de soins palliatifs sur son territoire. De son côté, la mairesse, Louisette Langlois, laisse aussi entendre que la CSSS n'a pas collaboré à la hauteur des attentes. « Ce qui est dommage, c'est que je pense que cette instance (Le Radeau) a été vue comme un compétiteur plutôt que comme un partenaire (du CSSS). » Elle note également que cette fermeture entraîne par la même occasion une perte sèche de 10 emplois. « C'est beaucoup d'emplois ça pour une municipalité qui veut se développer ».

Les instances se défendent

La directrice générale du CSSS du Rocher-Percé, Chantale Duguay, réfute les affirmations avancées sur la place publique tout en déplorant la fermeture de l'établissement. « La maison Le Radeau a été une ressource qui a tellement été appréciée dans notre milieu. Nous y avons collaboré de manière assidue depuis ses tout débuts. Une collaboration qui s'est traduite par une entente tripartite par laquelle nous fournissions des professionnels, tels qu'une infirmière, un ergothérapeute, un physiothérapeute et un travailleur social. » Mme Duguay assure par ailleurs que le service pour les personnes souffrantes en fin de vie est assuré. « Dès que la maison a fermé, nous avons reçu la clientèle à l'hôpital (de Chandler) ».

Pour sa part, la présidente-directrice générale de l'Agence, la Dre Yolaine Galarneau, qui déplore aussi la fermeture du Radeau, assure que le financement de l'établissement a été fait à la mesure de la législation en vigueur. « De dire que c'est la faute de l'Agence, j'émets ici beaucoup de bémols. Je dois dire que la maison Le Radeau a été financé pour trois lits (à raison de 60 000 $ par lits par année) alors qu'il est prévu pour deux lits dans ce cas, selon les besoins de la population convenus au Québec ». Mme Galarneau  précise que le ratio de financement est d'un lit par 10 000 habitants. Donc, en se basant sur la population de la MRC du Rocher-Percé, dit-elle, le ratio équivaut au financement de deux lits.

1 commentaire

Jean-Marc Landry a écrit le 10 janvier 2014

Le mode de financement défendu par les responsables de l'Agence de santé démontre bien leur difficulté de se connecter à la réalité vécue par les dirigeants de la maison Le Radeau. Comment ne pas tenir compte que l'opération d'une organisation comme la Maison Le Radeau comporte des coûts fixes et ce peu importe le nombre de bénéficiaires. Il en coûte le même montant pour assurer par exemple une ressource la nuit pour 1, 2,3, 4, 5 ou 6 personnes, la facture d'électricité, les taxes, l'entretien du bâtiment, etc. Octroyer une subvention pour 2 ou 3 lits quand la capacité est de 6 et ce sans tenir compte des impératifs des coûts fixes à absorber et de la faible contribution marginale de chaque lit sur un total de 6 aura venu à bout d'une initiative issue du milieu. Ce n'était pourtant qu'une équation simple : Coûts totaux = Coûts fixes + Coûts variables totaux.

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