Développement économique et exportation

Maison Hamilton à New Carlisle : les propriétaires prêts à vendre

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La maison bâtie par John Robinson Hamilton, un ancien député et conseiller de la reine Victoria, a besoin de réparations extérieures.

La maison bâtie par John Robinson Hamilton, un ancien député et conseiller de la reine Victoria, a besoin de réparations extérieures. Photo : Gilles Gagné

Nicole Duguay et Marc-André Blais, propriétaires de la Maison Hamilton, un manoir néo-classique anglais bâti entre 1848 et 1852 à New Carlisle, ont décidé de la vendre, parce qu’ils jugent y avoir consacré suffisamment d’argent depuis huit ans.

La maison bâtie par John Robinson Hamilton, un ancien député et conseiller de la reine Victoria, a besoin de réparations extérieures, en l’occurrence sur ses murs et sa toiture. Il faudrait consacrer 300 000$ à ces tâches, une somme que Mme Duguay et M. Blais n’ont pas, à l’aube de la retraite.

Ils ont investi 350 000$ depuis 2004, et ils exploitent la maison comme gîte et lieu de réunion. Des repas y sont servis. L’endroit est populaire, mais les sommes consacrées aux réparations de la demeure et à son exploitation dépassent les revenus d’environ 15 000$ par an, même s’ils ne se paient pas de salaire.

Il existe des programmes d’aide au ministère de la Culture et des Communications, mais l’appui financier n’est pas suffisant, à 25% de la note finale, pour les inciter à réinjecter des fonds dans la maison.

«Si nous voulons avoir cette aide, il faut que notre projet soit soumis à un architecte spécialisé, et nous devrons suivre ses recommandations sur les matériaux à utiliser. Sinon, nous devons payer la facture totale. Le toit en tôle baguette, c’est 100 000$», précise Marc-André Blais.

Le quart de 300 000$, le coût total anticipé pour la réfection, signifie 75 000$ de subvention, et 225 000$ de contribution des propriétaires, ce qu’ils ne sont pas prêts à faire.

En fonction du Fonds du patrimoine culturel, la Maison Hamilton tombe dans la catégorie «Volet 2», en ce sens qu’elle a une citation municipale.

La maison est donc admissible «à une aide maximale de 25% quand les propriétaires sont privés, et jusqu’à 40% quand il s’agit d’un organisme sans but lucratif.

Il y a beaucoup de travail à faire pour obtenir le statut de «bien classé» et entrer dans le «Volet 1», qui peut donner accès à une aide de 50%», explique Hélène Latérière, directrice régionale du ministère de la Culture et des Communications.

«On veut sauver ce joyau du patrimoine de la Gaspésie, insiste Marc-André Blais. Nous avons fait beaucoup de travail à l’intérieur. Nous avons installé un système de chauffage, l’électricité et la plomberie. Nous avons presque tout fait nous-même. Nous ne pouvons plus mettre d’argent dans ça. Nous pouvons obtenir 25% du ministère de la Culture mais après? Il nous reste à faire quelques démarches auprès de fondations privées et contacter les groupes intéressés à la protection du patrimoine loyaliste mais le temps commence à manquer».

«On voudrait que ça reste aux mains de Gaspésiens, ou au moins de personnes sensibilisées à la protection du patrimoine», souligne Nicole Duguay.

Marc-André Blais ne peut s’empêcher de souligner les bons mots reçus des visiteurs séjournant à la Maison Hamilton. «Nous sommes dans tous les guides, le Petit futé, le Routard, Ulysse, Lonely Planet, World Guide, Dove, une revue italienne. Les commentaires sont élogieux. Les critiques recommandent d’arrêter ici. C’est une galerie d’art, un cinéma, on sert des repas, on a des chambres, et on reçoit des réunions d’affaires et des fêtes. On ne peut pas faire beaucoup plus. Ça prendrait quelqu’un qui poursuit notre action», dit M. Blais.

Le prix est à discuter «mais on veut au moins reprendre note mise», note-t-il. Le couple ne sait pas encore ce qu’il fera en 2013.

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