Politique

Le maire de Gaspé satisfait de sa rencontre avec Marois et Ouellet

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Le maire de Gaspé, François Roussy, est ressorti satisfait de sa rencontre de vendredi avec la première ministre Pauline  Marois et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, pendant laquelle il a été question d'eau potable et d'hydrocarbures

Le maire de Gaspé, François Roussy, est ressorti satisfait de sa rencontre de vendredi avec la première ministre Pauline Marois et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, pendant laquelle il a été question d'eau potable et d'hydrocarbures Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Le maire de Gaspé, François Roussy, est satisfait de sa rencontre de vendredi avec la première ministre, Pauline Marois, et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, au sujet de l'eau potable et des hydrocarbures.

Abordée quelques heures plus tard à Matane, la ministre Ouellet a refusé de donner ses impressions par rapport à cette rencontre. «Ce fut une très belle rencontre», s'est-elle contentée de dire.

«Ça a été une rencontre d'ouverture, transparente et honnête, a qualifié, pour sa part, M. Roussy. On voulait faire une mise à jour de notre dossier pour savoir où on en était rendus dans le dossier des hydrocarbures. Ce qu'on en comprend, c'est que le gouvernement travaille très fort sur le règlement de l'eau potable. Dans les prochaines semaines, il devrait être déposé au conseil des ministres. Comme ce n'est pas une loi, ce sera beaucoup plus rapide en termes d'adoption et d'application.»

Une fois le règlement déposé au conseil des ministres, il s'écoulera une trentaine de jours après sa publication dans la Gazette officielle du Québec pour qu'il soit en vigueur. «Donc, tous les Québécois vont avoir une loi par rapport à leur eau et à ce qui a trait à des travaux de l'industrie des hydrocarbures, se réjouit M. Roussy. Il y avait un vide au niveau juridique.»

«Ça fait deux ans qu'on demandait que le gouvernement prenne ses responsabilités, poursuit-il. Les hydrocarbures et la protection de l'eau potable, ça appartient au gouvernement du Québec.»

Loi sur les hydrocarbures

Si François Roussy est satisfait que le dépôt de ce règlement soit imminent, il se garde toutefois une certaine réserve quant à son application. «On va voir si les babines suivent les bottines, lance-t-il. Après le règlement sur l'eau potable, la vraie réponse va arriver avec l'adoption de la Loi sur les hydrocarbures qui devrait être déposée l'automne prochain. Celle-ci va être encore plus importante que le règlement sur l'eau potable.»

M. Roussy souhaite que le règlement oblige que des études hydrogéologiques soient réalisées avant que ne soient autorisées l'exploration et l'exploitation. Selon lui, ces études pourront notamment répondre aux questions concernant la migration possible d'un contaminant et les risques potentiels de contaminer la nappe phréatique ou les puits d'eau potable à partir d'un forage pétrolier.

L'édile municipal espère aussi que cette loi éclaircisse la question de la surveillance. «Actuellement, c'est l'entreprise qui fait les études et qui surveille, soulève-t-il. C'est l'entreprise qui doit dire s'il y a un problème.

Ce qu'on voudrait, c'est que ce soit le gouvernement qui commande les études, qu'il mette en place des systèmes de surveillance et qu'il en assure le suivi. Ça devrait être l'industriel qui paie pour ça, mais que ce soit le ministère ou le gouvernement qui ait le contrôle de ces études-là, que ce ne soit pas une autorégulation par l'industrie.»

«On souhaite des rapports autonomes et indépendants, continue-t-il. C'est sûr que toutes les études que doit faire l'industrie sur, par exemple, les impacts sur les orignaux, les chauves-souris ou les oiseaux, on pense que les industriels ont encore la capacité de faire les choses correctement.»

Règlement municipal

La Ville de Gaspé a adopté un règlement municipal en décembre dernier pour la protection de son eau potable qui empêche la compagnie Pétrolia de forer à son puits Haldimand 4. «Mais, étant donné qu'il n'y avait aucune loi sur laquelle appuyer notre règlement, il n'a pas force de loi, souligne-t-il. Quand le gouvernement va adopter son règlement, il va venir écraser notre règlement.» L’entreprise Pétrolia a récemment déposé une requête en Cour supérieure afin de faire invalider le règlement adopté par Gaspé. «Si le gouvernement adopte son règlement cet été, il y a de fortes chances qu'on n'ait pas à se présenter devant le juge parce que Pétrolia ne pourra pas contourner le règlement du gouvernement», fait valoir le maire de Gaspé.

Au départ, le litige entre la Ville et la pétrolière repose sur le fait que cette dernière ne disposait d'aucune étude hydrogéologique avant de débuter ses travaux au puits Haldimand 4. Celui-ci est situé à 350 mètres d'une maison, à peu près à 800 mètres d'un puits d'eau potable et à 6 kilomètres de la prise d'eau de la municipalité.

Pour le pétrole

François Roussy rappelle qu'il partage la même vision que Québec. «Le gouvernement veut, comme nous, le développement des hydrocarbures, mais avec de plus hauts standards en termes d'environnement et d'acceptabilité sociale, estime-t-il. On est pour le développement du pétrole en Gaspésie, mais qu'on le fasse correctement, qu'on respecte l'environnement et surtout, qu'on protège l'eau potable.»

Selon le maire de Gaspé, il s'agit de développer un nouveau modèle. «On a eu d'anciens modèles où ce sont les entreprises qui débarquaient et qui devenaient propriétaires de la ressource, explique-t-il. Là, on veut plus de respect, d'ouverture et de transparence pour qu'on fasse des bons choix tout le monde ensemble.»

1 commentaire

Bilbo Cyr a écrit le 16 mai 2013

Zone d'exclusion des forages dans le nouveau règlement sur l'eau: 300 mètres en remplacement du 2 kilomètres du règlement de St-Bonaventure et adopté par Gaspé. C'est les grisâtres qui seront contents... L'étude hydrogéologique à la pièce par le gouvernement-actionnaire-législateur, ça revient à demander au renard s'il peut manger les poules... La reconduction du moratoire sur le gaz de shiste dans les basses terres est un gain pour les habitants de ce territoire, mais une gifle pour les Gaspésiens qui en sont exclus. Le problème n'est pas le gaz de schiste, mais la fracturation, et celle-ci sera nécessaire pour extraire le pétrole Gaspésien. Comment peut-on invoquer le principe de précaution pour justifier le moratoire dans les basses terres et ne pas faire de même ici? Avons-nous moins de valeur?

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