Loi 78 : les organismes communautaires sont en furie

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Des centaines de personnes ont manifesté contre la loi 78 mardi en fin de journée à Bonaventure.

Des centaines de personnes ont manifesté contre la loi 78 mardi en fin de journée à Bonaventure. Photo : Antoine Rivard-Déziel

De concert  avec la Coalition des Tables régionales des organismes  communautaires (CTROC), le  regroupement  des  organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles (ROCGIM) dénonce vivement la loi spéciale 78 imposée par Québec aux étudiants en grève. 

«Le mépris n'aura qu'un temps!» Tel est le message que lance sur la place publique la coordonnatrice du ROCGIM, Geneviève Giguère, en prévenant le premier ministre Jean Charest «que  son  geste  n’est  pas  prêt  d’être  oublié  par  les  citoyens  et qu’il en paiera certainement le prix  politique aux  prochaines  élections».

Selon elle, «quand un gouvernement méprise la  démocratie, il ne peut pas s’attendre à retrouver la paix sociale. Avec sa loi spéciale, c’est à l’ensemble des  mouvements sociaux que le premier ministre Charest s’attaque.»

Plus encore, elle accuse Québec d'avoir fait preuve de «mauvais foi» et «d’avoir monté de toute pièce un scénario pour en arriver à cette loi spéciale» dans le cadre des discussions entre la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne et les associations étudiantes.

Selon son analyse, au moment où la ministre Courchesne discutait avec les trois associations (la FECQ, la FEUQ et la CLASSE) le 15 mai, soit 24 heures après la démission-surprise de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, la loi spéciale (qui encadre les manifestations assorties d'amendes salées) était déjà écrite par son gouvernement.

Cette thèse rejoint ce que La Presse révélait le 23 mai sous le titre «Loi d'exception: la première version était plus draconienne» dans lequel il est dit que «Michelle Courchesne, réticente, mais qui savait qu'elle aurait à aller de l'avant avec la loi dès lors qu'elle acceptait l'Éducation. Line Beauchamp a quitté le gouvernement pour cette raison précise; elle savait qu'avec l'échec de son ultime tentative, la loi spéciale, déjà dans les cartons, était incontournable aux yeux du patron Jean Charest.»

La lutte se poursuit

Mme Giguère précise qu’il n’est pas question pour son regroupement de lâcher prise. «Il ne faut pas arrêter de manifester, il ne faut pas arrêter de s’indigner. Les regroupements communautaires continuent à s’organiser, on est toujours en mouvement».

De son côté le porte-parole de la CTROC, Pierre-Philippe Lefebvre, note que «les libéraux veulent casser le mouvement étudiant en grève avec la loi spéciale,  mais  tout  ce  qu’ils  obtiendront,  c’est  encore  plus  de  colère  et  d’indignation.»

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