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Listuguj : blocus levé, mais préoccupations pendantes

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Les Micmacs de Listuguj ont levé leur blocus routier sur la route 132 samedi vers 8h30.

Les Micmacs de Listuguj ont levé leur blocus routier sur la route 132 samedi vers 8h30. Photo : Gilles Gagné

Les Micmacs de Listuguj ont levé leur blocus routier sur la route 132 samedi vers 8h30, environ 24 heures après l’avoir érigé afin de s’opposer aux lois et aux politiques du gouvernement conservateur de Stephen Harper en matière autochtone.

Selon les trois corps policiers appelés à intervenir, la Sûreté du Québec, la police de Listuguj et la Gendarmerie royale du Canada, le blocus s’est déroulé sans anicroche, même si les déplacements étaient intenses, les 21 et 22 décembre.

Le blocus forçait les automobilistes désireux d’emprunter la route 132 à faire un détour de quelques kilomètres vers le Nouveau-Brunswick, avant de revenir sur cette route.

Les Micmacs, comme de nombreuses autres communautés ailleurs au pays, affirment que les décisions du gouvernement Harper vont à l’encontre de leurs intérêts, et qu’il y a même un recul de certaines avancées obtenues au fil des ans. Ainsi, à Listuguj comme ailleurs, les manifestations sont terminées, mais les préoccupations restent pendantes.

Le chef de Listuguj, Dean Vicaire, dénonce les effets de la loi omnibus C-45, la loi «mammouth», sur les Micmacs et sur les autres nations autochtones du pays.

«Les changements à l’assurance-emploi affectent nos travailleurs, alors que nous avons déjà de la difficulté à trouver de l’emploi. Les changements à la loi sur les eaux navigables nuiront à la pêche au saumon et aussi à nos pêches commerciales. Cette loi élimine aussi les obstacles à l’exploration de pétrole et de gaz. Que veut Harper? Faire du pays un endroit plein de lacs de bitume comme l’Alberta? Ce n’est pas notre façon de voir. Il vient de là et il sert les intérêts des compagnies de cette province», indiquait Dean Vicaire le 21 décembre.

Il dénonce aussi des changements apportés à la loi sur les Indiens, sans consultation avec les peuples autochtones.

«C’est difficile à croire qu’il nous reste encore trois années de plus [à transiger avec le gouvernement conservateur]. Ces décisions unilatérales n’ont rien à voir avec la démocratie. J’ai envoyé des lettres à ce gouvernement. Je n’ai reçu aucune réponse écrite», ajoute le chef.

Devant les membres de sa communauté, il a exprimé à plusieurs reprises sa fierté d’avoir participé au mouvement d’opposition du 21 décembre.

«J’ai 40 ans. Je côtoie des gens de ma communauté qui revendiquent des choses depuis 30 ou 40 ans, sans succès. J’assiste à des rencontres de chefs qui mènent les mêmes combats depuis aussi longtemps. Il faut donc changer de façon de faire. Il n’y a plus de place pour le défaitisme et la résignation», insiste-t-il.

Dean Vicaire a noté le civisme ayant caractérisé le blocus routier. Le GRAFFICI.CA a aussi réalisé que les gens en général étaient patients et qu’une bonne proportion d’entre eux a exprimé de diverses façons son appui à l’initiative autochtone.

«Les autres Canadiens aussi souffrent des politiques de Harper», a noté le chef Vicaire.

Les gens de Listuguj ont aussi envoyé une délégation à Ottawa, avec leurs voisins de Gesgapegiag, près de Maria. Deux autocars de la Gaspésie ont donc joint d’autres autochtones dans la capitale pour manifester leur mécontentement face aux orientations du présent gouvernement fédéral.

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