Les redevances et la fracturation au cœur des inquiétudes

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le forum d’hier soir à Gaspé a attiré environ 70 personnes.

Le forum d’hier soir à Gaspé a attiré environ 70 personnes. Photo : Geneviève Gélinas

Les participants au forum des hydrocarbures à Gaspé ont réclamé des redevances locales et exprimé leurs craintes quant à l’utilisation de la fracturation.

Environ 70 personnes se sont présentées au forum de mardi soir à Gaspé.

 «Je trouverais tout à fait inacceptable qu’il n’y ait pas de redevances sur le territoire où l’exploitation a lieu, a commenté Pierre Michaud, un citoyen de Gaspé. Les régions-ressources ont droit [à des redevances] pour faire leurs propres choix de développement.»

Éric Boucher a reproché aux élus d’être «très frileux à demander des redevances pour un fonds de diversification» et les appelle à en réclamer «haut et fort». Il précise que bien d’autres aspects, dont le droit à un environnement sain et les droits des Micmacs, devront être considérés avant d’aller de l’avant.

La fracturation inquiète

La fracturation, que Pétrolia et Junex n’excluent pas dans les secteurs Haldimand et Galt, a suscité bien des questions. L’industrie prétend que le sous-sol gaspésien est truffé de fractures naturelles. «Comment peut-on me garantir qu’une fois la poche de gaz ou de pétrole fracturée, il n’y aura pas de cheminement de la pression vers les fractures naturelles?», a demandé un citoyen.

Maude Prud’homme, porte-parole du mouvement gaspésien Tache d’huile, a réitéré l’importance d’étudier l’eau de la Gaspésie dans son ensemble. «On apprécie l’effort pour réglementer au plan municipal, mais si on ne réfléchit pas en termes de bassins versants, on va mettre en danger les sources d’eau potable», dit-elle.

Le directeur général de la Conférence régionale des élus Gaspésie-les-Îles (CRÉGÎM), Gilbert Scantland, a promis que son organisme «reviendra à la charge» pour faire évaluer les eaux souterraines de la Gaspésie. «LA CRÉGÎM avait amorcé une démarche auprès de l’INRS-Eau, a-t-il rappelé. Ils n’ont pas retenu notre projet en prétextant qu’il n’y a pas beaucoup de population.»

Les fournisseurs de services représentés

Les Pétrolia et Junex, actifs dans le secteur de Gaspé, étaient absents du forum. Cependant, Mario Lévesque, président de l’Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers, y était. «Les retombées locales sont importantes pour les municipalités, mais elles devraient aussi recevoir un pourcentage de redevances», a-t-il déclaré. La réglementation est désuète et doit être revue, a-t-il ajouté.

«Je vois l’obligation d’avoir une évaluation environnementale pour chaque projet», a indiqué M. Lévesque à GRAFFICI.CA, sans préciser quel type d’évaluation, et si le BAPE devait d’en charger. «Les municipalités peuvent avoir des règlements de zonage» qui soustraient des zones au développement des hydrocarbures, estime-t-il aussi.

M. Lévesque a plusieurs fois pris le micro pour répondre à des questions des citoyens, notamment sur la fracturation, une technique qui devrait être permise selon lui. Un participant lui a reproché d’être «probablement payé» pour être au forum, avant d’être rappelé à l’ordre par l’animateur.

2 commentaires

Albert Picard a écrit le 28 mars 2013

Je pense que le vrai problème n'est pas dans les redevances ou la fracturation, même si à court terme ce sont de réels enjeux. Le problème de fond c'est que les hydro-carbones tirent à leur fin et cela indépendamment des dommages causés à l'environnement. Même si le fait de brûler des énergies fossiles ne produisait aucun CO2, nous serions toujours confrontés à cette fatidique échéance. Il n'y en aura plus à plus ou moins long terme. Il faut donc concentrer tous nos efforts dans la production durable d'énergie, et dans des modes de transports durables. Dans une région fouettée par les vents et marées, couverte de biomasse, n'y a-t-il pas un potentiel à mettre en valeur?

Laurent Juneau a écrit le 28 mars 2013

L'on se doit de souligner l'effort de la CRÉGÎM qui a opté pour une approche plus participative et surtout plus neutre dans son effort d'information et de discussion avec les citoyens . La première démarche (2012) était financée en partie par l'industrie (Petrolia) et des "spécialistes" en acceptabilité sociale qui ont tenté de manipuler la population en "forçant" un concensus impossible . Ceci étant dit, cette démarche aurait dû être faite voilà déjà bien longtemps, puisque nous en sommes rendus à un stade avancé dans cet épineux dossier . La situation est plutôt inquiétante puisqu'une compagnie est prête à forer d'un moment à l'autre (Haldimand-4) à un endroit où il ne faut absolument pas forer, le gouvernement fédéral coupe dans la réglementation environnementale et la recherche dans le Golfe Saint-Laurent ( C-38, Institut Maurice Lamontagne, ...) et l'on entends de plus en plus parler ouvertement de FRACTURATION ( Junex le 27 mars 2013), pour la Gaspésie et Anticosti . Fracturation par ailleurs stoppée (momentanément) dans la Vallée du saint-Laurent mais PAS en Gaspésie ( région peu habitée selon la première ministre Marois) ni en Anticosti ( occupée seulement par quelques chevreuils toujours selon la même première ministre) . Il va falloir que les gouvernements se réveillent et AGISSENT rapidement ( rêve utopique ?) si l'on ne veut pas d'un accident grave , dans la phase très mal encadrée et dangereuse que représente L'EXPLORATION pétrolière . Le gouvernement du Québec a promis une loi sur les hydrocarbures pour l'automne, c'est bien puisque celle qui gère actuellement l'industrie date de ... 1880 alors que la fracturation n'existait même pas !? Mais ce gouvernement provincial est minoritaire ... Il faudrait TOUT arrêter TANT ET AUSSI LONGTEMPS qu'il n'y a pas une nouvelle loi modernisée , qui encadre réellement l'industrie autant à l'exploration que l'exploitation, et procéder par de réelles consultations publiques (BAPE) et ce AVANT tout octroi de permis quelconque .

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