Agriculture, pêcheries et alimentation

Les producteurs agricoles veulent gérer pour réussir

Par Karyne Boudreau, journaliste, graffici.ca
La Gaspésie-les-Îles compte 254 producteurs agricoles dont Marc Cyr, de Bœuf Gaspésie. Il pose ici en compagnie de son fils Alexandre, qui prendra la relève dans quelques années.

La Gaspésie-les-Îles compte 254 producteurs agricoles dont Marc Cyr, de Bœuf Gaspésie. Il pose ici en compagnie de son fils Alexandre, qui prendra la relève dans quelques années. Photo : Karyne Boudreau

CARLETON-SUR-MER- Plus de 80 personnes ont pris part hier au premier colloque régional sur la gestion agricole. Sous le thème : «Gérer pour réussir!», l’évènement donne un temps d’arrêt aux producteurs agricoles de la région pour réfléchir à la gestion de leur entreprise.

« Les producteurs agricoles sont compressés par le nombre de tâches à accomplir dans une journée. La gestion de l’entreprise doit souvent passer au second rang. Une journée comme aujourd’hui est l’occasion de s’arrêter et de réfléchir », explique Stéphane Day de la Fédération de l’UPA Gaspésie-Les-Îles.

 

Les agriculteurs présents ont assisté à des conférences sur les outils de gestion et solutions qui existent en matière de santé financière, d’analyse des performances et de planification des investissements.

 

Parmi eux, Marc Cyr, producteur et membre de Bœuf Gaspésie, une coopérative de huit producteurs qui se chargent eux-mêmes de leur mise en marché dans la région et en ville. « Je suis venu avec mon fils Alexandre. Il va prendre la relève et je trouvais important qu’il vienne s'informer de tout ça. Pour l’instant, il est comme un employé sur la ferme, la gestion il ne s’occupe pas de ça. Mais ça va venir », explique M. Cyr, qui considère que le grand défi de l’agriculture est toujours le même depuis ses débuts.

 

« C’est pas compliqué. Le grand défi c’est d’en vivre, lance-t-il. Il y a 25 ans, on n’avait pas de gros chiffres d’affaire, donc pas beaucoup de revenus. Aujourd’hui, les entreprises ont grossi considérablement. Mais on n’a pas de plus gros revenus parce qu’on est endettés », opine celui qui est responsable de la mise en marché pour Bœuf Gaspésie.

 

La difficulté de rentabiliser une entreprise agricole touche également Ian Lapointe. « Ma conjointe et moi, on est obligé de travailler à l’extérieur de la ferme pour l’instant », dit celui qui a démarré Les Jardins de la Baie, en 2011, à Maria. Venu au colloque pour rencontrer d’autres producteurs et des intervenants du domaine de l’agriculture, il trouve difficile de demeurer vigilant sur la gestion pendant la saison de production. « La gestion est omniprésente et il faut rester éveillé, mais ça n’est pas évident en pleine saison. Une journée comme aujourd’hui permet de s’asseoir et de prendre des outils qui vont nous aider à nous développer », précise M. Lapointe, dont la ferme est en pleine expansion. « Le but est d’en vivre en Gaspésie et de pouvoir laisser nos autres emplois », conclue-t-il.

 

Présentées au Centre des Congrès de Carleton-sur-Mer, les conférences étaient aussi retransmises à Cap-aux-Meules, Grande-Rivière et Sainte-Anne-des-Monts. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, la Fédération de l’UPA Gaspésie–Les Îles, La Financière agricole et le Réseau Agriconseils Gaspésie–Les Îles étaient associés dans l’organisation de ce colloque.

1 commentaire

Marc-André St-Pierre a écrit le 20 novembre 2013

Une phrase comme celle-ci: « Une journée comme aujourd’hui est l’occasion de s’arrêter et de réfléchir », explique Stéphane Day de la Fédération de l’UPA Gaspésie-Les-Îles. » est un non sens! Réfléchir sur quoi? Comment être encore plus à la merci du seul et unique syndicat représentant les agriculteurs dans une province démocratique et libre (dit-on)? C'est impossible. Les diktats viennent d'en haut. La réflexion n'ira jamais plus loin que ce que l'UPA accepte qu'elle soit. POINT! Tant que ce monopole durera il n'y aura pas de place pour une saine réflexion. Un agriculteur qui a sa ferme depuis un peu plus de trente ans me disait dernièrement qu'au train où vont les choses, il va mourir plus pauvre que lorsqu'il a commencé son « entreprise ». Et il n'était pas riche. Pas normal…

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