Les maisons d'hébergement contre-attaquent

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Le séjour moyen au Centre Accalmie se situe à 13 jours d’hébergement par personne pour un taux d’occupation dépassant les 80 %.

Le séjour moyen au Centre Accalmie se situe à 13 jours d’hébergement par personne pour un taux d’occupation dépassant les 80 %. Photo : Gracieuseté

Le Regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine dénonce la sourde oreille dont ferait preuve le ministre de la Santé, Yves Bolduc à leur égard.

Ces organismes ont récemment lancé un cri d'alarme sans précédent demandant à Québec de rehausser leur financement à défaut de quoi leur pérennité est remise en question. Plusieurs de ces organismes n'ont plus que leur marge de crédit comme bouée de sauvetage. Or, de passage le 9 mars dernier, le ministre Yves Bolduc a fait fi de cette demande en précisant que le problème pourrait être réglé par une meilleure redistribution des sommes allouées par Québec dans la région.

«Actuellement, le coût de l’hébergement est devenu insupportable pour le financement qui leur est alloué. Les organismes doivent  répondre à une hausse importante des frais [électricité, alimentation, etc.] sans que le financement de base ne leur permette de faire face à ces hausses. Malgré les efforts de l’Agence [régionale de Santé], l’accès de la population au soutien qu’offrent les maisons d’hébergement pour personnes en difficulté est en danger et chacune à leur tour, les maisons d’hébergement seront en rupture de services», a laissé entendre le Regroupement par voie de communiqué.

Dans un entretien avec GRAFFICI.CA, la porte-parole de ces organismes et directrice du Centre Accalmie, Dominique Bouchard, critique sévèrement l'attitude du ministre. «Il ne comprend pas du tout la situation! M. Bolduc est allé jusqu'à dire que si on ferme nos portes, ce n'est pas grave et que les établissements de santé vont prendre le relais. J'aimerais beaucoup entendre les directions des CSSS sur ce qu'ils vont faire avec les clientèles des maisons d'hébergement si on les emmenait à l'hôpital demain matin.»

Mme Bouchard admet que son combat est à bout de souffle. «Nous autres, on ne se bat plus, on est épuisé. L'urgence est bien réelle, on est à bout de souffle, on est épuisé de se prostituer pour des miettes. M. Bolduc dit dans l'Écho de la Baie qu'il va étudier le dossier. Ça fait des années qu'on sèche. On ne se battra plus, on va juste fermer les portes. Monsieur le ministre a le dossier administratif depuis 2008 et il ne nous a jamais répondu.»

La dèche

La situation financière de ces maisons d'hébergement, si nécessaire pour une clientèle aux prises avec des problèmes sociaux, est à ce point critique que leur fermeture est bien réelle, notamment en ce qui a trait au Centre Accalmie, situé à Pointe-à-la-Croix. «Moi mon versement pour le mois d'avril va être d'environ 50 000 $. J'ai besoin de 45 000 $ pour fonctionner pendant un mois, ça fait que je vais faire le mois d'avril, le mois de mai je vais embarquer sur la marge de crédit, pis quand elle va être remplie à 35 000 $; ben au début de juin je ferme les portes.»

Les quatre autres maisons sont le Centre Émilie Gamelin à Chandler, l’Accueil Blanche-Goulet à Gaspé, le Sentier de l’Espoir à Sainte-Anne-des-Monts et la Maison à Damas aux Îles-de-la-Madeleine

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