Politique

Les femmes dénoncent l'entourloupette du gouvernement Marois

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
La taxe santé du gouvernement Marois ne passe tout simplement pas

La taxe santé du gouvernement Marois ne passe tout simplement pas Photo : Courtoisie

PERCÉ – Les groupes de femmes de la Baie-des-Chaleurs n'en démordent pas et demandent pour une énième fois au gouvernement de Pauline Marois d'abolir la taxe santé une fois pour toutes.

«Arrêtez de nous étouffer avec la taxe santé : la pilule est dure à avaler.»

Tel est le slogan qui coiffe la nouvelle campagne publique des centres de femmes de la Baie-des-Chaleurs qui exhortent Québec d'abolir cette taxe, telle que Mme Marois s'était engagée à la faire lors de la dernière campagne électorale. «Ce gouvernement a été élu sur la base de cette promesse électorale, entre autres», déplore Nathalie Babin, coordonnatrice du Centre de femme Centr'Elles de la MRC Avignon, qui parle au nom des groupes de femmes de la Baie-des-Chaleurs. 

«On n'est pas dupe, vous savez. Même si on ne voit pas cette taxe dans notre rapport d'impôts, il faut savoir que depuis le 1er janvier dernier, cette taxe est perçue à même notre salaire. C'est une déduction à la source. On est bien conscient de cette entourloupette du gouvernement», rappelle la féministe engagée.

On notera que sous les libéraux, cette taxe était imposée à 200 $ par personne indépendamment du salaire. Alors que sous les péquistes, cette taxe, qui devait être abolie, est imposée selon le salaire annuel à partir de 18 000 $. Ainsi, de 18 000 $ à 20 000 $, elle est de 50 $; de 20 000 $ à 40 000 $, cette taxe est de 100 $; de 40 000 $ à 42 000 $, elle est de 150 $; de 42 000 $ à 130 000 $, elle est de 200 $ et ainsi de suite jusqu'à un maximum de 1000 $. 

Les groupes de femmes demandent son abolition pour diverses raisons. À titre d'exemple, elles invoquent le fait «que les femmes ont des revenus nettement moindres que ceux des hommes, qu'il est injuste de demander aux individus de payer alors que les entreprises et les mieux nantis ne paient pas leur juste part d’impôt, que les femmes tiennent à conserver un système public de santé basé sur la solidarité et la justice et qu’en acceptant cette taxe on ouvre la porte au gouvernement pour qu’il puisse librement taxer d’autres services pour lesquels nous payons déjà.»

Des alternatives

Mme Babin souligne par ailleurs que les groupes de femmes proposent des «alternatives fiscales plus justes et équitables pour financer l’abolition de la taxe santé par lesquelles on pourrait aller chercher neuf milliards de dollars par année sans affecter les services publics en général».

Abolir le crédit d'impôt sur les gains en capital des particuliers, diminuer le plafond des REER, moduler les taxes à la consommation en fonction des biens achetés, revoir les mesures fiscales destinées aux entreprises, lutter contre l'évasion fiscale et adopter des mesures de contrôle du coût des médicaments sont parmi les mesures proposées.

7 commentaires

Jean-François Samuel a écrit le 3 mai 2013

@Mesdames intervenantes sur le blogue L'article ne mentionne pas d'intervenir spécifiquement sur le 1% des plus nantis, on parle des REER et des gains en capital pour les individus. Je ne suis pas dans le 1% mais je suis un individu qui paient déjà beaucoup d'impôts les solutions proposées par ce groupe de femmes iraient encore affecter la classe moyenne qui paient la majorité des impôts au Québec et au Canada. Ce sont ces proposition qui m'irritent au plus haut point. Si vous me voyez comme bourgeois capitalistes et bien tant pis. Pour ce qui est de la solidarité les 45% de citoyens qui ne paient pas d'impôts sur le revenu au Québec due à leur revenus mais aussi aux nombreux crédits d'impôts en profitent quand même pas mal. Alors avant d'accuser les gens de tout les maux un peu d'introspection.

Hélène Morin a écrit le 3 mai 2013

Continuez à vous réfugier dans l’individualisme. Pendant ce temps, le 1% de gens riches qui engrangent des millions et qui contribuent de moins en moins à l’effort collectif continuent de vous exploiter. Vous comprendrez peut-être un jour que la solidarité fiscale est essentielle dans une société démocratique. Il est vrai que la démocratie au Québec à de plus en plus l’air d’une farce et que peu de personnes s’en soucient : pendant qu’elles ont peur de se faire voler par les plus pauvres, ce sont les plus riches qui les plumes…

Danielle Bourdages a écrit le 3 mai 2013

Ne soyez pas si misogynes, messieurs. Ou devrais-je dire bourgeois capitalistes? Vous balayez leurs propositions plutôt rapidement. Elles évoquent bien celle d'Amir Khadir, de Québec Solidaire, de fonder Pharma-Québec: l'Ontario —ça ne ressemble guère à "Québec SoliTaire", ça, han?— nous a précédé, dans le genre, et pour son plus grand bénéfice; que craint-on? De déplaire à ses tinamis des pharmaceutiques qui feraient moins de profits, mais pas de saigner les contribuables... Déjà qu'en région, faut souvent en sortir pour recevoir les soins de santé appropriés ou accès à des tests et des analyses. Un peu de lecture? http://www.ledevoir.com/politique/quebec/364087/pharma-quebec-audacieux-pas-extremiste

Gaston Poirier a écrit le 1 mai 2013

Il faudrait rappeler à ces dames que le gouvernement péquiste est arrivé au pouvoir avec une belle surprise laissée par les libéraux, soit un déficit surprise de 1,8 milliards... Certains diront que le PQ aurait dû le savoir, mais y a pas de devins en ce bas-monde et les libéraux n'ont jamais été une source absolue de transparence, n'est-ce pas! Bref, quand tu reçois un déficit surprise de 1,8 milliards à combler, et que tu veuilles le combler pour rassurer les marchés (même les communistes admettront qu'on n'a pas le choix de rassurer les marchés si on veut continuer de se développer et de conserver nos programmes sociaux!), un moment donné, il faut que tu fasses des choix... Le choix qui a été fait a été d'ABOLIR la taxe santé pour les plus pauvres, de la conserver EN PARTIE pour la classe moyenne, et de la conserver pour les riches. Le PQ pourrait pelleter des nuages avec de l'argent de monopoly comme le ferait nos amis de Québec Solitaire, mais le PQ est plus raisonnable et réaliste et croit que les régimes sociaux ne sont pas indépendants des jeux économiques auxquels nous devons nécessairement faire face dans une économie de marché. Donc, il y a des choix budgétaires à faire et ce n'est pas en égorgeant les entreprises qu'on va se développer et finir par se payer nos programmes sociaux. SOYONS RÉALISTES ET RAISONNABLES! Faisons du GROS BON SENS S.V.P.!

MMSS a écrit le 1 mai 2013

Je suis d'accord avec Jean-François Samuel. Les propositions que ces dames avancent n'ont pas de sens. De plus, si nous voulons que le gouvernement paie pour des services, il faut que l'argent vienne de quelque part. À titre de citoyens qui profitent de ces services, tous, sans exception, doivent contribuer. Je suis loin de supporter le gouvernement Marois, mais pour ce qui est de la taxe santé, de la façon que ce gouvernement propose d'aller la chercher, ça me semble juste. Les gens vont payer la taxe en fonction de ce qu'ils gagnent

John a écrit le 1 mai 2013

Ben d'accord avec vous M.Samuel

jean-francois samuel a écrit le 1 mai 2013

Des belles solutions ça, pas sure que ces petites madames là qui sont propriétaires seraient contentes de se faire imposer sur le gain en capital réalisé sur la vente de leur maison...Pour ce qui est du gain en capital sur la vente d'actions il es déjà imposé et c'est de la double imposition car on paie de l'impôts sur l'argent qui sert à acheter ces actions. Diminuer le plafond des REER, les membres de ces groupes doivent travailler pour l'état et ils n'ont pas besoin de REER. Il faudrait leur expliquer que les REER c'est de l'impôt reporté qui va être payé au gouvernement lorsqu'il n'y aura plus assez de contribuables sur le marché du travail pour payer tout les beaux services que ces petites madames désirent! Une manucure avec ça?

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