Éducation

Les étudiants du campus de Gaspé s’accrochent à la grève

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Les étudiants du campus de Gaspé ont renouvelé leur mandat de grève lundi en assemblée générale.

Les étudiants du campus de Gaspé ont renouvelé leur mandat de grève lundi en assemblée générale. Photo : GRAFFICI.CA

Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé ont reconduit leur mandat de grève pour contester la hausse des frais de scolarité.

Réunis en assemblée générale lundi, les cégépiens ont voté pour la poursuite d’une grève générale illimitée renouvelable sur une base hebdomadaire.

Selon les chiffres rendus publics par l’association, 54 % des étudiants présents ont voté en faveur du débrayage, 43 % ont voté contre et 3 % ont annulé leur bulletin de vote. Au total, 356 cégépiens se sont déplacés pour faire valoir leur droit de vote, ce qui représente un taux de participation de 58 %. Les étudiants se prononceront sur la reconduction de la grève le lundi 2 avril.

Le président de l’association étudiante, Vincent Olivier-Bastien, estime que ce dénouement indique que les étudiants gaspésiens n’ont pas l’intention «d’abandonner la lutte», même si l’impasse persiste avec le gouvernement du Québec. «Ce n’est pas parce qu’ils ont décidé de ne pas négocier qu’on va plier», prévient M. Bastien, avant d’ajouter qu’il ne craint pas un essoufflement du mouvement. «Aujourd’hui, nous sommes encore 190 000 étudiants en grève générale illimitée. C’est significatif.»

Selon le représentant étudiant, les étudiants ont «tout en leur pouvoir» pour faire reculer les autorités publiques. «Le gouvernement ne peut pas nous obliger de retourner en classe. Et la menace d’annuler la session n’est pas crédible. Les établissements ne sont pas en mesure d’accueillir deux fois plus d’étudiants au cours d’une même session», évalue M. Bastien.

Pas de compromis

Même si le premier ministre Jean Charest a entrouvert mardi matin la porte à un compromis avec les étudiants en évoquant la possibilité de bonifier le régime des prêts et bourses, M. Bastien a précisé que son association ne comptait pas modifier ses revendications. «Tant et aussi longtemps que le gouvernement ne sera pas prêt à revoir la gestion universitaire pour faire des économies, nous exigerons le gel des droits de scolarité», a-t-il lancé.

Plusieurs actions

Le leader du mouvement étudiant gaspésien assure que ses membres ne chôment pas par les temps qui courent. Mardi matin, raconte-t-il, une vingtaine d’étudiants ont bravé la neige pour participer à une chasse au trésor, dont l’enjeu était de rechercher l’accessibilité aux études. «Il y avait des objets représentant l’accessibilité, comme des diplômes ou des livres, cachés un peu partout dans Gaspé. Les étudiants devaient les rechercher et sensibiliser les gens qu’ils croisaient sur l’impact de la hausse des frais de scolarité», explique-t-il.

Les étudiants assurent par ailleurs que la semaine sera parsemée d’actions au centre-ville de Gaspé et dans le secteur avoisinant. Leur objectif : démontrer au gouvernement et au député libéral Georges Mamelonet que les étudiants sont motivés à continuer le combat pour l’accessibilité aux études.

Les cégégiens contestataires prévoient aussi participer à la manifestation régionale contre les politiques du gouvernement libéral qui se tiendra vendredi à Gaspé.

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