Les coupures à Pêches et Océans Canada vivement dénoncées

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Benoît Thibault du Conseil régional du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine/Côte-Nord, Jérôme Turcq de l’AFPC-Québec, le député fédéral Jean-François Fortin et Yvon Brodeur de l’IPFPC-Québec dénoncent les coupures prévues.

Benoît Thibault du Conseil régional du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine/Côte-Nord, Jérôme Turcq de l’AFPC-Québec, le député fédéral Jean-François Fortin et Yvon Brodeur de l’IPFPC-Québec dénoncent les coupures prévues. Photo : Johanne Fournier

La suppression de postes annoncée par Pêches et Océans Canada est fortement dénoncée par des organismes et des élus.

L’Alliance de la fonction publique du Canada, région du Québec (AFPC-Québec) fait connaître son opposition aux 50 coupures de postes prévues au Québec. Pour sa part, la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) se dit très inquiète des conséquences que ces pertes d’emplois auront sur la Gaspésie. Le député de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, unit sa voix à ces organismes.

Syndicat mécontent

Parmi ces 50 emplois, des chercheurs, techniciens et commis de bureau seront touchés à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli ainsi que des agents des pêches, dont le nombre demeure indéterminé, aux bureaux de Gaspé, de Grande-Rivière, des Îles-de-la-Madeleine et de Sept-Îles. Parmi eux, on retrouve des employés qui partent à la retraite et qui ne seront pas remplacés. D’autres seront affectés ailleurs au Québec. «Des commis à Gaspé auraient été informés qu’ils seraient remplacés par un site Internet», précise le président du Conseil régional du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine/Côte-Nord, Benoît Thibault.

M. Thibault ne considère pas seulement les emplois perdus, mais aussi la réduction des services à la population. «La réduction de ces services, majoritairement dans l’Est-du-Québec, pourrait mettre en péril les objectifs et missions de Pêches et Océans Canada, notamment dans la recherche fondamentale des sciences de la mer, la surveillance et le contrôle des permis de pêche ainsi que la gestion durable des ressources halieutiques», mentionne-t-il.

«On dirait que les mauvaises nouvelles sont toujours en région, allègue le vice-président exécutif régional de l’AFPC-Québec, Jérôme Turcq, en rappelant les coupures annoncées par Postes Canada en région. Le gouvernement est actuellement axé sur la réduction de la dette. Non pas que nous soyons contre, mais pas au détriment des régions!»

Même si Pêches et Océans Canada offrira à certains travailleurs d’être relocalisés ailleurs, M. Turcq se demande bien comment certains chercheurs ou techniciens du domaine des pêches arriveront à se replacer ailleurs. «Ça a aussi un impact sur la famille parce que le conjoint ou la conjointe travaille souvent ici, en région», souligne-t-il.

Le député se joint à la contestation

Selon le député Fortin, cette annonce fait partie de l’un des scénarios de coupes du gouvernement fédéral. Selon lui, il y en aura d’autres. «On a l’information au compte-goutte, déplore, pour sa part, le directeur régional pour le Québec de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Yvon Brodeur. Les gens sont inconfortables et inquiets. Il y a une petite panique chez les employés.»

Pour Jean-François Fortin, ce sont des emplois importants qui seront supprimés. «Ce sont des emplois spécialisés de qualité, commente-t-il, en ajoutant qu’il n’est pas plaisant, pour ces travailleurs, d’apprendre que leur emploi sera aboli avant Noël. Ce sont des gens qui investissent dans la région. C’est la vitalité de la région qui est directement affectée.»

Des élus inquiets

Du côté de la CRÉGÎM, les élus craignent que ces coupures aient pour conséquence de priver la région d’une capacité de recherche qui, selon eux, est essentielle pour l’avenir du secteur des pêcheries et de l’aquaculture. Ils se demandent également comment, advenant de pareilles coupures, le ministère des Pêches et des Océans pourra assurer son mandat de conservation de la ressource halieutique.

«En s’attaquant aux régions dans son exercice de rationalisation, le gouvernement prive son personnel d’une connaissance terrain qui se bâtit en collaboration avec les pêcheurs et les intervenants situés dans les milieux maritimes», estime le président de la CRÉGÎM, Bertrand Berger.

Il rappelle que ces coupures budgétaires viendront s’ajouter aux abolitions de postes régionaux de Services Canada et à la fermeture du Centre de coordination des opérations de recherche et sauvetage de la Garde côtière à Québec. Il appréhende aussi qu’Ottawa coupe dans d’autres ministères.

1 commentaire

Danielle Beaudin a écrit le 21 décembre 2011

Harper et sa gang ont décidé de faire payer les dernières élections aux Québécois! ``PAS DE VOTES = PAS DE JOBS`` Est-ce que ça ne vous rappelle pas une certaine époque que l'on aurait cru révolue, celle où la partisanerie l'emportait sur l'intelligence

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