Affaires autochtones

Les autochtones fiers de leur projet de parc éolien

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Le chef de Gespeg, Claude Jeannotte.

Le chef de Gespeg, Claude Jeannotte. Photo : Gilles Gagné

POINTE-À-LA-GARDE – Les trois communautés micmacs de la Gaspésie sauront d’ici la fin de février si des audiences publiques seront demandées par des citoyens de la Gaspésie au sujet de la construction de leur parc éolien dans le secteur d’Escuminac.

Dans le cas contraire, il faudra au plus 105 jours avant qu’ils sachent si le ministre de l’Environnement approuvera cette initiative de 150 mégawatts, porteuse d’un investissement de 330 millions $ et réalisée en partenariat avec la firme Innergex.

Ce projet éolien consacrera 12 ans d’efforts de la part des Micmacs de Listuguj, de Gesgapegiag et de Gespeg. C’est une grande source de fierté pour le chef de Gespeg, Claude Jeannotte et pour Troy Jerome, directeur général du Migmawei Mawiomi Secretariat, l’organisme de développement économique qui pousse pour que le projet débloque.

« Ça représente le plus important facteur de développement pour les autochtones de la Gaspésie depuis le jugement Marshall », dit le chef Jeannotte, à propos d’une décision de la Cour suprême ayant conféré aux Premières nations un accès aux pêches commerciales, en 1999.

« Quand le parc sera construit, les jeunes autochtones pourront dire : “Ma mère a travaillé à sa construction; mon père travaille à son entretien”. Ils pourront s’identifier à ce projet », précise Troy Jerome.

Les autochtones réussiront aussi à réaliser ce qu’aucune région du Québec n’a fait jusqu’à maintenant, à savoir contrôler un grand parc éolien, de plus de 100 mégawatts, dans une proportion de 50 %.

Lors d’une assemblée publique tenue récemment à Pointe-à-la-Garde, aucune opposition au projet ne s’est manifestée. Seules quelques questions ont été posées sur la protection des cours d’eau, sur la protection de la faune et sur la nécessité d’informer les chasseurs et les pêcheurs de l’évolution de l’initiative.

« Du point de vue strictement environnemental, je ne vois pas d’enjeux pouvant nous mener à des audiences publiques, mais c’est le choix des citoyens », indique Julie Boudreau, porte-parole d’Innergex.

Le parc éolien sera situé à environ 25 kilomètres au nord d’Escuminac. Il nécessitera l’élargissement de 72 kilomètres de chemins existants et la construction de 28 kilomètres de nouvelles routes.  

Le chef Jeannotte précise que le projet rapportera 7,5 millions $ en revenus nets annuellement pour les trois communautés. « Il y aura 300 emplois pendant la construction. On espère avoir 100 emplois. Il y aura donc 200 emplois pour les non autochtones. Nous avons 60 travailleurs formés présentement ».

Les Micmacs et Innergex n’ont pas encore déterminé quel turbinier fournira les génératrices des tours du projet baptisé Mesgig’g Ugju’s’n, qui signifie grands vents.

En l’absence d’audiences publiques, le BAPE (Bureau d’audiences publiques en environnement) aura 60 jours pour déposer ses recommandations au ministre, qui aura en retour 45 jours pour déposer son rapport. Il serait surprenant que le projet soit bloqué par le gouvernement québécois, puisque c’est la première ministre Pauline Marois qui a réservé 150 mégawatts pour les autochtones en mai 2013.

Le parc éolien doit produire pour le 1er décembre 2016.

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