Legault fait-il du « Gaspésie Bashing »?

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le président de la CRÉGÎM et maire de Gaspé, Daniel Côté, croit que François Legault se livre à du «Gaspésie bashing».

Le président de la CRÉGÎM et maire de Gaspé, Daniel Côté, croit que François Legault se livre à du «Gaspésie bashing». Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) se livre à du « Gaspésie bashing », analyse le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) et maire de Gaspé, Daniel Côté.

« La Gaspésie n'a pas toujours bonne presse à l'échelle du Québec. C'est facile de frapper sur la région et d'essayer de se rendre populaire », ajoute M. Côté.
Les positions claires de François Legault sur l'avenir du développement de la filière éolienne et du financement public dans le projet de cimenterie de Port-Daniel tranchent avec les axes de développement régional.
« Ses positions ne sont pas en ligne droite avec les positions de la Gaspésie. Par contre, il y a des gens qui peuvent adhérer à ce type de discours. Quand on ne connaît pas les détails des dossiers, c'est facile de faire de la propagande politique sur le dos des Gaspésiens », poursuit M. Côté.
Il ne voit aucun problème à l'aide consentie par l'État au développement de la cimenterie. Il voit même une contradiction de la CAQ sur l'aide gouvernementale aux grands projets : « Je n'ai pas entendu M. Legault s'opposer aux subventions énormes aux alumineries ou à l'industrie des jeux vidéos à Montréal. Pour eux, c'est correct, mais quand on arrive en Gaspésie, ce n'est pas correct. Ça me pose vraiment problème », dit-il.
Rencontre à Gaspé
Daniel Côté a rencontré François Legault en fin d'après-midi, mardi, à Gaspé.
Les deux politiciens ont des positions diamétralement opposées sur les dossiers de la cimenterie, de l'éolien et du pétrole en zone habitée.
« Sur trois dossiers, je pense qu'on a trois prises et on est retiré. On n'est pas sur la même longueur d'onde », illustre M. Côté, soulignant avoir eu une discussion franche et honnête avec le chef de la CAQ.
« Nous, freiner les projets futurs [dans l'éolien], ça veut dire fermer nos manufactures, arrêter le développement de nouvelles entreprises », souligne M. Côté.
Il estime que la CAQ va à contre-courant sur le développement futur de la région.
« La gaffe qu'on pourrait faire, c'est mettre nos œufs dans le même panier. Oui au développement touristique, mais il y a d'autres axes de développement. On a fait nos preuves avec l'éolien. On doit miser sur la diversification économique », commente le président de la CRÉGÎM.

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