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LA LEÇON D'HENRI...

Par Pénélope Garon, blogueuse, graffici.ca
Nouvellement arrivée de Québec avec sa petite famille, Pénélope Garon blogue sur GRAFFICI.CA, pour parler de son expérience de

Nouvellement arrivée de Québec avec sa petite famille, Pénélope Garon blogue sur GRAFFICI.CA, pour parler de son expérience de "Gaspésienne en devenir". Photo : Offerte par l'auteure

CARLETON-SUR-MER, 10 février 2016 — Vous arrive-t-il de vivre un moment, une rencontre, qui change votre façon de voir la vie? Les anglais ont une belle expression, ils appellent ça des « eye opener », un ouvre œil si vous préférez (je sais, je sais, c’est laid à mort en français…).

Ça m’est arrivé il y a quelques semaines, en jasant avec un collègue. Un collègue que tout le monde aime. Ok, je n’ai pas sondé tout le monde, mais c’est impossible de ne pas l’aimer! Toujours le grand sourire, toujours une étincelle dans les yeux. Ce collègue, c’est Henri.

Chaque fois que je le croise, il me parle hockey. Pas du Canadien, ni des Bruins, mais des Vikings de Carleton-sur-Mer, niveau novice.  Voyez-vous, un de mes fils joue avec le petit-fils à Henri. « Quelle game! » me dit-il, « On a patiné comme ça se peut pas! », « Sont-tu assez beaux à voir!». Il ne tarit jamais d’éloges pour ces petits hockeyeurs.

Mais mon collègue-grand-papa a un enthousiasme que je n’ai pas, ou que je n’avais pas du moins, en parlant de hockey. Jusqu’à ce fameux mercredi où il me confie avoir pris son vendredi de congé pour assister au tournoi à Bonaventure : « Ça n’arrive qu’une fois! » me dit-il, toujours avec son grand sourire. Ce à quoi j’ai failli répondre du tac au tac « Une chance! »

Et c’est à ce moment-là que ça s’est produit. Vous savez ces instants où l’on a l’impression de sortir de son corps et de se regarder comme on regarde un étranger? Ça m’a frappée en pleine face : j’ai détesté ce que j’ai constaté.

Comment se faisait-il qu’Henri puisse être si positif, si plein d’entrain en parlant du hockey de ses petits-fils et que moi je maugréais plus souvent qu’autrement quand ce sport était évoqué? Pourtant, mes garçons s’y investissent avec cœur, plusieurs heures par semaine. Ce ne sont pas des maniaques qui tapissent leurs chambres d’affiches de Carey Price ou PK Subban, mais tout de même, ils travaillent fort pour devenir meilleurs et ont un réel plaisir à jouer au hockey. Comment expliquer qu’à chaque fois que j’entends parler d’un tournoi à venir, ou d’un match à l’extérieur,  je roule les yeux au ciel, et je n’hésite jamais à dire qu’on peut bien passer un tour…

J’ai réfléchi à l’effet que ça pouvait avoir sur mes fils de me voir si négative, si désintéressée d’une activité qu’ils affectionnent, qui fait partie de leur vie. Je faisais preuve d’égoïsme.  Moi qui ne cesse de leur répéter d’être positifs, de s’intéresser aux autres, que le don de soi était primordial pour une société harmonieuse. Bravo championne!  Je faisais exactement le contraire de ce que je prêchais. 

Parce que dans le fond, l’important, c’est que je sois là pour les encourager et les appuyer dans leurs choix à eux. Que ce soit un sport, un ami, un travail éventuellement, je vais devoir respecter leurs choix, peu importe qu’il me plaise ou non. À quoi bon bouder? À qui est-ce que ça sert?

Non, je ne deviendrai pas la gérante de leur équipe de hockey. Oui je vais continuer à détester le froid, l’humidité et l’odeur des arénas. Non je ne serai pas élue « hockey mom » de l’année. Mais oui je vais m’efforcer de m’intéresser à eux dans la pratique de notre sport national, de leur poser plus de questions, d profiter de ces moments où ils sont encore si présents dans notre vie, et où ils ont encore tant besoin de nous au quotidien.

C’est fou comme parfois, quelques mots suffisent à nous faire voir la vie autrement.

Merci Henri…

-30-

NOTE SUR L'AUTEURE
Pénélope Garon est journaliste et animatrice depuis 15 ans. Jusqu'à l'été 2015, elle a surtout vécu et travaillé en ville, notamment Montréal, puis Québec ces neuf dernières années. Mère de trois garçons d'un papa aux racines gaspésiennes, elle est nouvellement installée dans la Baie-des-Chaleurs et y découvre, petit à petit, son nouvel environnement. Pour vous, lecteurs de GRAFFICI.CA, elle ira à la rencontre des gens d'ici et proposera, chaque mois, un regard nouveau, une réflexion bien personnelle, sur le « vivre autrement » gaspésien qui remplit chaque jour ses yeux de citadine de souche mais, définitivement, de Gaspésienne en devenir.

 

4 commentaires

Shakil Mehraz professioneel linkedin specialist a écrit le 6 mai 2019

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Liliane Allard a écrit le 12 avril 2016

Merci Pénélope pour ce beau témoignage. Tu as choisi un magnifique coin de pays pour t'y installer avec ta famille. Dans ton texte, je reconnais bien mon cousin Henri, cet homme de famille, chaleureux et aimant. Au plaisir de te relire! Liliane Allard

Marie Riviere a écrit le 12 février 2016

Henri feras sans doute ouvrir les yeux et faire réfléchir les gens de tout âge.

Debard Danielle-Aimée a écrit le 11 février 2016

Pénélope, je vous adore. Je suis ravie que vous soyez venue vous installer dans notre belle Gaspésie. J'aime votre vision fraîche de nous raconter "Henri". J'ai toujours accompagné mes filles dans leurs différentes activités, en rechignant quelques fois (dans mon for intérieur), mais en les encourageant comme de vraies futures championnes, jusqu'à ce qu'elles s'investissent dans une autre activité. Ouf! Il y en a eu, des heures et des heures de plaisir. Mais, avec le recul (je suis maintenant grand-maman) j'ai vécu à ce moment là, les plus belles heures de ma vie. Je vous souhaite beaucoup de bonheur et de plaisir, dans les arénas... ou ailleurs.

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