Développement économique et exportation

Junex fore près de Gaspé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Jean-Yves Lavoie, président de Junex, a concentré ses efforts gaspésiens sur la propriété de Galt : «Selon moi, Galt est le projet le plus avancé (dans le pétrole), celui qui a le plus grand potentiel de réussite.»

Jean-Yves Lavoie, président de Junex, a concentré ses efforts gaspésiens sur la propriété de Galt : «Selon moi, Galt est le projet le plus avancé (dans le pétrole), celui qui a le plus grand potentiel de réussite.» Photo : Geneviève Gélinas

Junex fore actuellement Galt n° 4, un puits situé à une vingtaine de kilomètres de Gaspé, qui coûtera entre 3,5 millions et  4 millions de dollars.

Le grondement d’une des foreuses de Foragaz, une division de Junex, s’élève en pleine forêt. Environ 25 personnes se relaient sur le site, dont 75 % d’employés provenant de la région, affirme Junex.

Étienne Blouin, originaire de Rivière-au-Renard, est l’un d’eux. Ce superviseur habite Rimouski, mais a voyagé entre la vallée du Saint-Laurent et la Gaspésie ces dernières années, au gré des forages et des travaux d’entretien et d’inspection de Junex. «Mes parents sont encore par ici. Quand tout va bien sur le site, je prends quelques heures pour aller voir la famille!»

Le forage mesurera 2000 mètres; il approchait des 800 mètres de profondeur mercredi quand GRAFFICI.CA a visité les lieux. «Ce n’est pas un forage facile!», lance Jean-Yves Lavoie, président de Junex. Le trépan a tendance à dévier sur des couches de roches dures.

6e puits

Galt n° 4 est le sixième puits de Junex dans ce secteur. «On espère que Galt n° 4 va confirmer notre modèle, explique M. Lavoie, celui d’un réservoir qui s’est développé à travers un réseau de fractures naturelles. Notre modèle ressemble à celui de Ladyfern, une découverte faite en Colombie-Britannique.»

À la différence qu’en Gaspésie, Junex cherche du pétrole, et non du gaz naturel comme à Ladyfern. Le forage commencé début juillet durera jusqu’à la fin août. «Si les résultats sont intéressants, on pourrait poursuivre en forage dévié [diagonale] dès cette année», affirme M. Lavoie.

Jusqu’ici, Junex a dépensé 30 millions de dollars sur la propriété de Galt et effectué plus de 500 kilomètres de levés géophysiques. Les ressources récupérables sur une superficie de 50 kilomètres carrés sont estimées à 40 millions de barils de pétrole. Il reste à prouver que son extraction peut se faire de manière rentable.

Fracturation?

À Galt, la fracturation demeure «une possibilité, parce qu’il y a une ressource en place qu’on connaît, affirme M. Lavoie. Mais dans un premier temps, on va essayer de produire de façon conventionnelle [sans fracturation], parce que ça demande moins d’investissement.»

Jean-Yves Lavoie aimerait pouvoir exploiter du pétrole de façon commerciale d’ici trois à cinq ans, avec une production d’au moins 200 barils par jour par puits.

De l’argent public dans le forage

Des capitaux publics servent au forage de Galt, puisqu’Investissement Québec a récemment acquis 5 millions de dollars en capital-actions de Junex.

M. Lavoie voit cette participation d’un bon œil, mais estime qu’il faudra davantage pour attirer de gros joueurs à ses côtés. «Ça prend une réglementation claire, et un signal clair de Québec sur les redevances.»

Le président juge que le chiffre de 40 % de redevances avancé par le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, est trop élevé. Les compagnies d’exploration devraient d’abord pouvoir récupérer leurs investissements, croit M. Lavoie. «Après, on n’aura pas de problèmes à donner 60 % ou 70 %!»

Actuellement, les redevances sur le pétrole sont fixées entre 5 % et 12,5 %, à partir du moment où l’entreprise obtient un bail d’exploitation, ce qui n’est pas le cas de Junex.

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1 commentaire

Bilbo a écrit le 6 août 2012

Junex fore actuellement Galt n° 4, un puits situé à une vingtaine de kilomètres de Gaspé, qui coûtera entre 3,5 millions et 4 millions de dollars. Investissement Québec a récemment acquis 5 millions de dollars en capital-actions de Junex. Le public paie encore pendant que le privé encaisse...

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