Développement économique et exportation

L’inquiétude persiste dans le milieu sylvicole de la Gaspésie

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Quelque 250 emplois en Gaspésie dépendent du programme de création d’emplois en forêt.

Quelque 250 emplois en Gaspésie dépendent du programme de création d’emplois en forêt. Photo : Gracieuseté

Même si le député de Bonaventure, Sylvain Roy, a tenté de se faire rassurant au sujet de l’avenir des fonds destinés à la création d’emplois en forêt, le milieu sylvicole de la Gaspésie demeure inquiet. 

En entrevue plus tôt cette semaine, M. Roy n’a pas pu confirmer la reconduction du programme de création d’emplois en forêt, mais a affirmé que des mesures seront prises pour «permettre aux travailleurs de gagner leur vie en forêt.» 

Pour sa part, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, demeure évasive quant à la reconduction du programme, qui permet de soutenir quelque 250 emplois dans le domaine de l’aménagement forestier en Gaspésie.

Au Groupement forestier coopératif Baie-des-Chaleurs basé à New Richmond, ce sont environ 100 emplois qui dépendent du programme. Son directeur général, Pier-Luc Desjardins, juge la situation inquiétante.

«C’est le néant. Encore cette année, on ne sait pas où on s’en va, on ne sait pas si nos gars auront de l’emploi», dit-il, déplorant au passage que l’histoire se répète chaque année. «On doit composer avec cette réalité. Mais chaque année, cette instabilité nous fait perdre de bons ouvriers agricoles qui décident de quitter la Gaspésie. On demande donc au gouvernement un engagement à long terme, au moins sur cinq ans», mentionne M. Desjardins.

À la Coopérative d’aménagement forestier de la Baie-des-Chaleurs basée à Maria, le directeur général, René Babin, s’attend à des coupures «importantes» dans le programme de création d’emplois, qui lui permet d’engager 20 travailleurs chaque année. «Il faut se préparer», dit-il.

À l’échelle provinciale, Le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) s’inquiète lui aussi de la disparition éventuelle des programmes destinés aux travaux sylvicoles et dénonce le «manque de clarté» de Québec dans ce dossier.

Par voie de communiqué, le président, Rénald Bernier, rappelle que la ministre Ouellet avait assuré en décembre 2012 le maintien des sommes destinées aux entreprises pour la réalisation des travaux. «Malgré de nombreuses questions et demandes écrites, Mme Ouellet n’a pas confirmé l’application de cette directive», est-il écrit dans le communiqué.

Selon M. Bernier «le Parti québécois ne comprend pas bien l’impact qu’aurait» la diminution des budgets pour les travaux sylvicoles. Il demande une rencontre avec la ministre afin de «clarifier la situation». 

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