Développement économique et exportation

L’industrie éolienne est impatiente, mais rassurée

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Même s'ils sont rassurés, les représentants du secteur éolien attendent avec impatience l'annonce de l'ouverture de l'appel d'offres de 700 MW orphelins, qui devrait se faire d'ici six mois.

Même s'ils sont rassurés, les représentants du secteur éolien attendent avec impatience l'annonce de l'ouverture de l'appel d'offres de 700 MW orphelins, qui devrait se faire d'ici six mois. Photo : GRAFFICI.CA

Une délégation du secteur éolien attendait avec impatience le ministre Pascal Bérubé la semaine dernière à Matane, concernant l'appel d'offres de 700 MW orphelins d'énergie éolienne. Les représentants en sont repartis plutôt satisfaits.

Une quinzaine de représentants de l'industrie éolienne provenant d'un peu partout, dont de Matane, Gaspé et même de la Beauce et desquels dépendent plus de 1000 emplois, attendaient le ministre responsable du Bas-Saint-Laurent et député de Matane-Matapédia de pied ferme, dans le cadre du déjeuner-rencontre annuel de la Chambre de commerce région de Matane, auquel il prenait part la semaine dernière.

Ils comptaient bien connaître les intentions du gouvernement du Québec concernant l'appel d'offres de 700 MW d'énergie éolienne laissés orphelins et dont l'annonce est attendue avec impatience.

Lors de l'une de ses interventions portant sur le sujet, le parlementaire a confirmé la volonté de son gouvernement d'octroyer les 700 MW annoncés précédemment par les libéraux. «D'ici juin, on devrait arriver avec des annonces dans cette filière-là», a-t-il fait savoir. La déclaration a été reçue par les représentants de l'éolien comme un vent de fraîcheur.

À l'issue de l'événement, la délégation de l'éolien a réussi à obtenir, à brûle-pourpoint, une brève réunion privée avec le ministre Bérubé. «Ça a été une belle rencontre, rapporte le directeur général du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté. Essentiellement, ça a été un moment où on a pu présenter notre point de vue au ministre. Il n'y a pas eu beaucoup de nouveau lors de cette rencontre privée. Le ministre était beaucoup en mode écoute. Mais cette volonté ferme d'aller de l'avant est, à ce jour, le message le plus clair et le plus précis dans ce dossier. On s'en réjouit!»

Minuit moins une

Du même souffle, les industriels et protagonistes du développement éolien tenaient à sensibiliser Pascal Bérubé à l'importance de procéder dans les meilleurs délais possibles. «On comprend que le nouveau gouvernement devait arriver et prendre connaissance de ses dossiers, convient Frédéric Côté. On peut comprendre que ça prend un certain moment pour prendre les rênes. Maintenant que c'est fait, puis qu'il y a une volonté manifeste d'aller de l'avant et de continuer d'appuyer le développement de la filière éolienne au Québec, c'est le moment de passer à l'action rapidement.»

«Il faut comprendre les délais normaux que cela prend pour développer un projet éolien, poursuit-il. Il faut synchroniser le développement de projets avec la capacité manufacturière pour éviter de se retrouver avec des arrêts temporaires de production, ce qui ne serait pas à l'avantage de personne. C'est surtout là que l'industrie est préoccupée. On voulait aussi faire sentir au ministre que les gens sont mobilisés et qu'ils sont prêts à livrer la marchandise.»

M. Côté souligne qu'à partir du moment où il y a une décision de prise pour un appel d'offres, il faut compter un délai d'environ 36 mois pour livrer un parc éolien. «On n'est pas dans une situation où les carottes sont cuites, mais on est certainement dans un contexte où il y a une urgence d'agir, si on ne veut pas se retrouver avec un trou dans le carnet de commandes», a-t-il tenu à préciser.

Pascal Bérubé a rappelé que le gouvernement péquiste avait, en 2001, fait le choix de l'éolien. «Ça a permis de diversifier l'économie, a-t-il indiqué. On a fermé Gentilly. Mais La filière éolienne est là pour rester parce que c'est vert, ça crée de l'emploi et c'est bon pour notre économie. L'octroi des 700 MW aura lieu, mais l'annonce appartient à la ministre des Ressources naturelles.»

Région désignée

Même si l'appel d'offres attendu sera ouvert à tout le Québec et qu'il n'y a donc pas de demande particulière de la Gaspésie concernant la localisation des projets, il n'en demeure pas moins que les protagonistes gaspésiens et matanais nourrissent certains espoirs. «On s'attend à ce que les exigences de contenu québécois et local, en termes de région désignée, soient maintenues dans le prochain programme», souhaite le dirigeant du TechnoCentre éolien. La région désignée est la Gaspésie et la MRC de Matane, telle que décrétée dans les précédents appels d'offres d'Hydro-Québec.

S'il s'est fait rassurant, le ministre Bérubé a tout de même terminé son allocution, prononcée devant quelque 115 convives venus prendre part à l'événement de Matane, en apportant certaines nuances. «Il faudra réfléchir sur le développement éolien pour plus de retombées dans les communautés et pour qu'Hydro-Québec puisse jouer un rôle encore plus important dans cette filière», a-t-il soutenu.

3 commentaires

Michel Denis a écrit le 7 février 2013

Toute à fait d'accord avec vous M. Poirier. Il est plus que temps que nous nous libérions du pétrole en élctrifiant le transport des voiture et le développement des trains haute vitesse tel le monorail en plus de transformer notre minérais chez nous plutot que de l'exporter brute sans même y toucher une quelconque redevance que ce soit.Les éoliennes sont les seul puit de pétrole acceptable en Gaspésie pour faire rouler nos voiture,c'est le parc de voiture qu'il faut changer,il faut mousser dans cette voie.

Gaston Poirier a écrit le 6 février 2013

Au contraire, M. Leblanc! Servons-nous de nos surplus énergétiques pour attirer des investisseurs et des entreprises étrangères! Ailleurs sur la planète, on se bat pour trouver de l'énergie pour faire fonctionner nos industries alors qu'ici au Québec on peut fournir n'importe quelle industrie avec de l'énergie propre (en tout cas, pas mal propre!)! Nos surplus énergétiques sont la voie de notre développement futur : il va juste faloir que les gouvernement capitalise là-dessus à l'étranger!

Joel Leblanc a écrit le 6 février 2013

Nous sommes en surplus d'énergie, pouvons-nous cesser de gaspiller les deniers publique à l'achat de cette électricité couteuse/ Chaque dollar qu'hydro jette à l'eau est un dollard qui ne se retrouve pas dans les poches du gouvernement pour répondre à nos services. Çà sent la fabrication des conditions favorable à la privatisation de l'électricité!

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