Hydrocarbures : à la recherche d'un consensus en Gaspésie

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) lance une série de consultations afin d'établir une position régionale en matière d'exploitation des hydrocarbures.

La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) lance une série de consultations afin d'établir une position régionale en matière d'exploitation des hydrocarbures. Photo : Gracieuseté - Pierre Houle, Pétrolia

Les élus de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine veulent créer un consensus sur la forme que prendra l'exploitation des hydrocarbures dans la région au cours des prochaines années.

La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM) lance une série de consultations afin d'établir une position régionale, pour éviter de se faire imposer un modèle décidé par Québec.

Les positions de l'industrie pétrolière et des groupes environnementaux s'affrontent depuis déjà plusieurs mois, et la CRÉGÎM croit maintenant qu'il faut trouver la nuance entre les positions de chacun, en invitant tous les groupes intéressés par le débat.

«Actuellement, le débat, c'est deux monologues. Il n'y a pas de dialogue et finalement, il n'y a pas de rapprochements entre les positions, explique le directeur général de la CRÉGÎM, Gilbert Scantland. On préfère affronter le sujet et de convenir d'une position consensuelle.»

À ses yeux, cet exercice sera très important pour la région. «Si on ne fait rien, ce sont les autres qui prendront les décisions et le gouvernement tranchera en bon arbitre, et on vivra avec les conséquences.»

Les deux premiers forums plus généraux afin de mettre la table au débat se tiendront le 24 mai et le 19 juin. Les débats plus pointus se tiendront à compter de l'automne.

L'ensemble du processus devrait s'étirer sur une année.

M. Scantland extrapole sur ce qui pourrait ressortir de l'ensemble de l'exercice. «On pourrait imaginer une très grande régionalisation des retombées économiques. Actuellement, le producteur et le gouvernement du Québec sont les seuls bénéficiaires. La région récolte quoi ? Ce sera une partie de la discussion qu'on pourra avoir.»

L'objectif ultime de cette grande consultation visera à formuler des recommandations au gouvernement du Québec dans le cadre de la création d’une loi sur la gestion des hydrocarbures.

2 commentaires

Albert Picard a écrit le 3 mai 2012

Partons de constats indéniables: Le Gouvernement du Québec a un principal moyen d'intervention qui lui vient de la propriété des immenses terres publiques. Deuxième constat, le mode de concession et de gestion de celles-ci imprègne l'orientation du développement des ressources, ou plus généralement du développement économique. Les gouvernements qui se sont succédés à Québec, et particulièrement le Parti Libéral, ont résolument choisi une politique favorisant l'exploitation des richesses naturelles en s'appuyant sur la grande entreprise, souvent étrangère.. Dernier constat, il y a eu une exception, la nationalisation de l'électricité et la création HYDRO-QUÉBEC. (+ la SOQUIP et la SOQUEM.). Tous connaissent le succès d'HYDRO-QUÉBEC sur laquelle l'Etat québécois exerce une mainmise totale. C'est une véritable planche à imprimer de l'argent qui se retrouve dans les coffres de l'état, tout en évitant les fermetures sauvages qui nous ont tous durement touchés, d'une manière ou d'une autre. La mainmise sur nos ressources, sous forme de nationalisation comme Hydro-Quebec, ou sous la forme d'une participation majoritaire est à mon avis le consensus régional gaspésien recherché. Par la suite on débattra des modalités : comment développe-t-on les ressources, quels sont les enjeux économiques, sociaux, environnementaux. quelles redevances pour la région? À défaut d'une demarche semblable en partie ou en tout point, on ne fait que balayer plus loin des feuilles mortes que le vent se charge de ramener.

Bilbo a écrit le 2 mai 2012

Il sera très difficile d'arriver à un consensus si on ne commence pas par se questionner sur la pertinence ou non de développer cette filière. Le modèle actuel est déja imposé par le gouvernement. Par son actionnariat dans Pétrolia, mais surtout par le démantèlement et la liquidation de la division pétrole et gaz d'hydro-québec au profit de celle-ci, par le contrat obscur entourant Anticosti, par le laxisme entourant les activités préparatoires à la fracturation effectuées à Gaspé, le gouvernement à déjà clairement exposé sa position biaisée. La compagnie va financer, avec notre argent, un show de P.R. dans lequel nos élus vont tenter de nous convaincre que nous manquons de nuances et que tout va bien aller. On pourra accuser ceux qui ne participent pas de refuser de dialoguer. Au lieu de deux monologues, la CRÉ et la compagnie aimeraient en avoir un seul: le leur.

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