Développement économique et exportation

Hydrocarbures en mer : possible feu vert sur la moitié du Golfe

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La partie du Golfe située près des côtes gaspésiennes, de Gaspé à Bonaventure, est qualifiée de zone «à forte sensibilité» par le rapport.

La partie du Golfe située près des côtes gaspésiennes, de Gaspé à Bonaventure, est qualifiée de zone «à forte sensibilité» par le rapport. Photo : Geneviève Gélinas

Québec pourrait ouvrir à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures les zones dites de «faible sensibilité» de sa portion du Golfe du Saint-Laurent, c’est-à-dire 57,4 % du territoire, recommande un rapport, qui identifie toutefois plusieurs lacunes dans l’état des connaissances.

Québec a rendu public le rapport préliminaire de l’évaluation environnementale stratégique commandée à Genivar. L’étude couvre le nord-est du Golfe du Saint-Laurent (à partir de la pointe ouest d’Anticosti), le bassin de la baie des Chaleurs et celui des Îles-de-la-Madeleine.

Si Québec donne le feu vert, les premières activités d’exploration dans les zones «de faible sensibilité» (voir carte) auraient lieu au plus tôt en 2015, et l’exploitation, après 2020. Les zones plus sensibles pourraient être graduellement ouvertes au développement des hydrocarbures quand le niveau de connaissances sera jugé suffisant.

La firme a délimité les aires où se concentrent les activités de pêche, les oiseaux marins, les secteurs importants pour les mammifères marins et les zones d’importance écologique et biologique (pour la reproduction des poissons ou leur migration, par exemple). Presque tout le Golfe est couvert par l’une ou l’autre de ces contraintes. Les zones où une seule contrainte est identifiée sont qualifiées de «faible sensibilité.»

Lacunes

Le rapport identifie plusieurs lacunes dans l’état des connaissances, dont la méthode de récupération du pétrole en cas de déversement s’il y a présence de glaces. Il faudrait aussi en apprendre davantage sur le mouvement des mammifères marins entre les différentes zones où ils se concentrent, ainsi que sur les courants présents dans le Golfe.

Les données existantes sont insuffisantes pour quantifier le potentiel en hydrocarbures dans le Golfe du Saint-Laurent et dans la Baie-des-Chaleurs. Le rapport s’avance toutefois à estimer les ressources potentielles à 2,3 millions de barils de pétrole et 1160 milliards de mètres cubes de gaz naturel.

Du pain sur la planche

Québec aura fort à faire pour adapter ses lois et règlements. Côté redevances, le rapport souligne «qu’une des avenues possibles pour le rendre plus juste et compétitif est de faire varier les taux de redevances selon le prix de la ressource, comme c’est notamment le cas en Colombie-Britannique et en Alberta.»

Québec doit aussi se doter d’un cadre de référence pour prévenir les déversements et intervenir. La Loi sur la marine marchande du Canada oblige les navires pétroliers à se doter d’un plan d’urgence et à posséder les ressources suffisantes pour intervenir, mais les plates-formes de forage ne sont pas soumises à cette loi.

Le gouvernement du Québec avait appliqué les conclusions d’un premier rapport portant sur l’estuaire et la partie nord-ouest du Golfe du Saint-Laurent, en interdisant toute exploration en amont de l’Île d’Anticosti.

La population sera consultée le 1er novembre au Gaspé Elementary School à Gaspé, le 2 novembre à la Polyvalente de Chandler et le 3 novembre à la Polyvalente de Bonaventure. Toutes les séances ont lieu à 19 h.

4 commentaires

Annie Landry a écrit le 15 octobre 2011

Forages dans le golfe Saint-Laurent : WO ! Fin février 2011, Corridor Resources annonce officiellement son intention de forer dans le golfe dès 2012. Du même souffle, on nous invite à participer à une étude environnementale avant le 31 mars 2011. Cette étude cible un point précis et bien délimité à 100km de Terre-Neuve et à 80km des Îles de la Madeleine, comme si on pouvait « mettre de la bouchure » en pleine mer. La mer, pourtant, est en perpétuelle mouvance en raison des courants, des marées, des tempêtes, des glaces, même des séismes et tsunamis (tels ceux de 1929 au large de Terre-Neuve). Le golfe, l’estuaire, le fleuve, les affluents, les Grands Lacs, tout cela, c’est un seul et même système. Les impacts sur n’importe quel secteur affectent l’ensemble de tout le système. Comment une seule province (en ce moment Terre-Neuve et prochainement Québec) peut-elle décider sans l’accord de toutes les provinces riveraines ? Quelles sont ces lois, ces règlements, ces ententes administratives qui ne nous protègent absolument pas dans des projets d’une pareille envergure ? L’exploration et l’exploitation des hydrocarbures dans le golfe, c’est une terriblement grosse affaire. Combien de puits va-t-on creuser ? Combien de plateformes va-t-on ériger ? Dans le golfe du Mexique, il y a 50 000 puits de forés, dont 27 000 sont abandonnés au fond, véritables bombes à retardement. Le golfe Saint-Laurent est 6 fois plus petit et presque fermé. Pourrait-on forer de 6 000 jusqu’à 8 000 puits pour aller chercher la dernière goutte de pétrole, en chambardant les éléments qui maintiennent l’équilibre et la vie dans tout le système de l’Atlantique jusqu’aux Grands Lacs ? C’est déjà la catastrophe sans la moindre explosion d’une seule plateforme. Nous n’avons besoin d’aucune étude pour entrevoir un tel scénario. Le scénario catastrophe, nous l’avons encore sous les yeux dans le golfe du Mexique : de graves problèmes de santé surgissent dans les populations humaines, animales, végétales suite à l’emploi de quantités phénoménales de dispersants chimiques. Le scénario catastrophe, nous l’avons sous les yeux en Lybie. La Lybie est un des grands producteurs de pétrole au monde. Elle est où la richesse ? Quelle richesse ? La richesse pourquoi ? La richesse pour qui ? Nous voyons des fortunes colossales empilées dans des coffres, des profits faramineux pour des multinationales. Les populations, elles ? Les populations crient famine. Ces cris de détresse, nous ne les entendons pas car les bombes les réduisent au silence. Si nous écoutons le silence, même le silence nous dit : WO ! Nous prenons conscience d’une seule et unique urgence : arrêter tout pour l’instant et trouver des façons d’utiliser nos ressources naturelles pour le mieux être et le mieux vivre de tous les êtres vivants. Et ça presse. C’est justement le message du film Chercher le courant, qui nous emmène en canot sur la rivière Romaine et nous fait croire en ce monde possible. Ce film magnifique nous fait voyager dans une nature splendide, mais le grand voyage est au plus profond de nous-mêmes. On nous présente des pionniers des énergies alternatives : le solaire, l’éolien, la géothermie, la biomasse, la biométhanisation, … Trouver des façons de valoriser nos ressources naturelles pour le mieux être et le mieux vivre de tous les êtres vivants : WOW ! Forer dans le golfe : WO ! Annie (à Hélier) Landry L’Anse à la Cabane

Raymond Gauthier a écrit le 15 octobre 2011

Une histoire de grand-père Il était une fois un jardin… Cinq villages voisins étaient établis tout autour d’un magnifique territoire qui leur servait d’espace commun et où chacun, de concert avec les autres, avait la possibilité d’occuper des parcelles de terre à des fins de jardinage. Un espace de jardins communautaires, quoi. Entre les parcelles de chacun des villages, point de clôture : tout se passait à aire ouverte, même si un partage du territoire entre les partenaires avait été convenu à l’amiable pour que chaque habitant des différents villages ait le loisir de disposer de son espace délimité en le cultivant. Des oiseaux et des abeilles se déplaçaient librement et contribuaient ainsi à la pollinisation, tantôt d’un potager, tantôt d’un verger, tantôt d’un massif fleuri. Il y avait même des espaces sauvages, non cultivés. Cette façon d’occuper ce territoire commun durait depuis des siècles, dans une harmonie relative, et chacun des villages y trouvait son compte. Ou du moins ses habitants cherchaient à tirer leur épingle du jeu, pour assurer leur subsistance et même prospérer. Les produits de leurs récoltes et à valeur ajoutés étaient fort réputés, même dans des régions très éloignées, pour leur fraîcheur et leur qualité exceptionnelle. Ce qui permettait aux occupants d’apprécier leur milieu de vie et de vouloir continuer à y vivre et à développer de façon durable une variété de produits renouvelables à chaque saison. Puis un jour, des rumeurs se mirent à circuler à l’effet qu’il pourrait être avantageux d’ajouter à la culture de produits agricoles l’élevage de chèvres en liberté, tel que cela se pratiquait justement dans une contrée voisine, beaucoup plus spacieuse celle-là : une grande plaine à perte de vue. L’un ou l’autre des cinq villages en parlait de plus en plus et projetait d’implanter des chèvres dans les espaces qui lui étaient permis de cultiver. Question de créer plus de richesse. Un jour, l’un des cinq villages, plus astucieux que ses partenaires de l’espace commun, décide, sans les consulter, d’introduire dans son propre jardin une première chèvre afin de tester le terrain. Oh, juste pour voir si l’expérience en vaut la peine. En apprenant cela, l’autre village qui avait parlé du projet en premier, n’était pas content du tout : « On nous a volé notre idée », clamaient ses dirigeants. La bisbille ne faisait que commencer. « Si eux autres peuvent le faire, pourquoi nous autres on ne le ferait pas ? ». Alors une première chèvre fut introduite, sous prétexte de brouter juste les mauvaises herbes dans les potagers du village développeur. Je ne sais pas pourquoi – mais c’est comme ça dans les histoires –, sur le territoire des jardins communautaires les lopins de terre désignés n’était pas clôturés, comme je l’ai déjà dit. L’histoire ne dit pas ce qui est arrivé par la suite, si la chèvre en question est demeurée docilement à brouter dans les limites prévues, ni si l’élevage de chèvres en liberté a pris son essor. Ce bout d’histoire n’est pas encore écrit. À suivre. Raymond Gauthier Citoyen madelinot

Martin Poirier a écrit le 13 octobre 2011

qu'elle supercherie tout ce dossier des hydrocarbures au Québec. Génivar ont acheté des compagnies dans le pétrole et gaz http://www.genivar.com/fr/what-we-do/industrial/oil-and-natural-gas/Pages/default.aspx C'est à l'ISMER que ces ÉES auraient dû être confiée et la partie consultation publique au BAPE. C'est un vol de nos ressources orchestré depuis quelques années. C'est odieux et révoltant.

Marianne Papillon a écrit le 13 octobre 2011

Il y a une absence de niveau de risque dans cette étude. On y crée des catégories arbitraires de sensibilité, de contrainte et on nous montre les courants, mais on n'y intègre pas les 3. Il faut créer une carte démontrant les niveaux de risque en tenant compte de la contrainte au lieu du forage et de la sensibilité du milieu de forage et du milieu en aval, et élargir d'autant plus cette zone en aval que les courants y sont forts. Aussi, aucune mention des méthodes de récupération et de nettoyage de déversement accidentel ni de leurs impacts (ex: brûlage, dispersant,...).

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