Hydrocarbures dans le golfe : les Micmacs dénoncent l’ÉES de Terre-Neuve

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le porte-parole de l’Alliance Innu-Malécites-Mi’maq pour la protection du golfe du Saint-Laurent, Troy Jerome (un Micmac de Gesgapegiag).

Le porte-parole de l’Alliance Innu-Malécites-Mi’maq pour la protection du golfe du Saint-Laurent, Troy Jerome (un Micmac de Gesgapegiag). Photo : Gilles Gagné

GASPÉ – Les premières nations côtières du Québec, dont les Micmacs gaspésiens, dénoncent les conclusions d’un rapport de Terre-Neuve sur le développement des hydrocarbures dans le Golfe, et promettent de se faire entendre dans les prochains mois.

L’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers a publié récemment la mise à jour de son évaluation environnementale stratégique (ÉES) pour la zone marine à l’ouest de Terre-Neuve, où Corridor Resources projette un forage exploratoire (projet Old Harry).

Le rapport conclut que « des activités d’exploration pétrolière peuvent généralement être entreprises dans la zone extracôtière de l’Ouest de Terre Neuve, avec la mise en place [de] mesures d’atténuation. »

Le porte-parole de l’Alliance Innu-Malécites-Mi’maq pour la protection du golfe du Saint-Laurent, Troy Jerome (un Micmac de Gesgapegiag), considère que les impacts environnementaux n’ont pas été suffisamment pris en compte. « Quel serait l’impact sur le zooplancton, sur le poisson qui en dépend, sur l’ensemble de la chaîne alimentaire? Ils n’ont pas considéré cela, remarque M. Jerome. Le saumon, une espèce qu’on pêche depuis 4000 ans, migre dans le golfe du Saint-Laurent », ajoute-t-il.

« L’ex-ministre [fédéral de l’Environnement, Peter] Kent, nous a dit qu’on n’a qu’à prendre l’ÉES du Québec, celle de Terre-Neuve, les coller, et qu’on aura une vue d’ensemble, dénonce M. Jerome. On dit : non, il faut une évaluation fédérale sur l’ensemble du golfe du Saint-Laurent. »

Droits autochtones

Le rapport ne tient pas compte des droits autochtones, estime l’Alliance. « Ce rapport permettrait l’exploration pétrolière dans les eaux que nos peuples utilisent depuis des temps immémoriaux, mais nos droits ancestraux et issus de traités ne sont même pas mentionnés », a réagi le chef de Gespeg, Claude Jeannotte, par communiqué.

Rassemblement de navires


« On essaie d’organiser une action d’envergure au milieu de juillet, indique M. Jerome. On aimerait rassembler vingt à trente bateaux de pêche à Old Harry, pour montrer que ces eaux sont importantes pour nous. On invitera les pêcheurs blancs à se joindre à nous. »

La Coalition Saint-Laurent a aussi critiqué la conclusion du rapport, la qualifiant « d’ouverture de principe à l’exploration pétrolière incompréhensible et fort décevante » étant donné les problèmes soulevés dans l’ÉES elle-même. Le périmètre étudié inclut de nombreuses zones sensibles, des espèces en péril, des activités humaines importantes comme la pêche, et les connaissances scientifiques sur le golfe comportent des lacunes, indique le rapport.

En octobre 2012, des Gaspésiens avaient participé à une consultation de l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador, qui était de passage à Gaspé. Leur message à l’époque : trop de lacunes demeurent pour permettre le développement des hydrocarbures dans le Golfe.

3 commentaires

Bob Eichenberger a écrit le 9 mai 2014

Albert, as- tu mal lu? Moi, ce que j'ai compris du commentaire de M.Leblanc c'est que l'ÉES sera pro pétrole quel que soit la firme qui la réalise à cause des enveloppes brunes, de la collusion et de la corruption . On est rendu là. Est-ce que c'est ça?

Albert Picard a écrit le 9 mai 2014

Il devrait se laver la bouche ce m. Leblanc.

Joseph Leblanc a écrit le 9 mai 2014

A qui le tour parmi nos fleurons Québecois en ingénierie d'avoir le mandat d'une autre études?............ Allons voir qui a la plus grosse enveloppe brune............... Vous êtes pas tannés de payés bandes de cave........

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