Santé, services sociaux et communautaire

Hôpitaux : un déficit qui frôle les 10 M $ dans la région

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
La présidente-directrice générale de l’ASSSGÎM, Yolaine Galarneau.

La présidente-directrice générale de l’ASSSGÎM, Yolaine Galarneau. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Quatre des cinq Centre de santé et de services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine totalisent un déficit non autorisé de 9,6 millions $, au terme de l'exercice financier 2012-2013 qui a pris fin le 31 mars.

Seul le Centre de santé et de services sociaux du Rocher-Percé dégage un surplus pour le dernier exercice.

Une situation qui s'explique : «L'augmentation de l'offre de services sans transformation précoce dans tous les secteurs d'activités pour obtenir des cibles de réduction. On ne pouvait mettre tout en place en même temps dans tous les secteurs pour obtenir des réductions», indique la présidente-directrice générale de l'Agence de la Santé et des services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Yolaine Galarneau.

Les directeurs généraux des établissements ont expliqué à Mme Galarneau qu'ils ne pouvaient mettre en place toutes les mesures dans tous les sites. «Il y a eu du temps et des délais parce qu'on attendait par les expériences internes ou extrarégionales ce qui donnait les meilleurs gains en terme d'efficience», ajoute Mme Galarneau.

Des exemples de projets : la modification des services de téléphonie vers les plateformes IP, le service de la paie, les services informatiques. «Dans tous les services, on allait chercher ce qui était le plus rentable dans les différentes expériences qui avaient lieu dans toutes les régions du Québec», souligne Mme Galarneau.

Des mesures ont été mises en place en début d'année : «Lorsque tous les changements amorcés seront répartis sur toute une année, s'ils avaient été mis en place l'année d'avant, nous aurait amené un déficit nettement moins que 9 millions $», estime la présidente-directrice générale.

Les chiffres

Le CSSS des Îles doit composer avec un déficit de 3,125 millions $, celui de la Baie-des-Chaleurs est de 2,728 millions $, La Côte-de-Gaspé est de 2,471 millions $ et la Haute-Gaspésie se chiffre à 1,276 million $.

Le cas du CSSS de la Haute-Gaspésie est particulier : «Le grand défi est un défi de main d'oeuvre. Il y a beaucoup d'utilisation de main d'oeuvre venant de l'extérieur que l'on doit nourrir, loger, transporter. Ce sont des coûts supplémentaires très élevés. Ils ont pour l'équivalent de 800 000 $ liés au coûts de main d'oeuvre indépendante», explique Mme Galarneau.

La solution passe par une collaboration avec le Cégep de Matane afin de former les infirmières sur place, à Sainte-Anne-des-Monts, comme cela se fait déjà à Maria et à Chandler.

Rocher-Percé

Le seul CSSS qui n'a pas de déficit est celui du Rocher-Percé. L'avance prise par la direction dans les nouvelles façons de rendre les services explique ce succès.

«Cela nous illustre que cela est possible parce qu'ils ont les mêmes budgets sur les mêmes bases que tous les autres. Ils ont subi les mêmes ajustements que tous les autres», soutient Mme Galarneau.

Ils ont amorcé un projet pilote visant à maintenir les personnes âgées à domicile il y a cinq ans. Résultat : il y a actuellement une dizaines de lits de soins de longue durée disponibles.

Le CSSS a eu le mandat d'exporter ce projet dans tous les autres établissements. Aujourd'hui, les CSSS des Îles et de La Côte-de-Gaspé ont aussi des lits disponibles pour cette clientèle.

La prochaine année

Yolaine Galarneau admet être incapable de dire quels seront les défis financiers pour la prochaine année, les établissements étant à déposer les budgets.

Le tout doit être analysé par l'Agence et ensuite par le ministère de la Santé avant d'autoriser des déficits pour l'année financière amorcée le 1er avril.

2 commentaires

John a écrit le 30 avril 2013

Tant que les hôpitaux vont continuer à gérer en silot les déficits vont continuer de croitre.Les administrateurs ne se parlent pas et créer des postes sans se soucier des besoins .Donc gestion tout croche les bottines ne suivent pas les babines. Le réseau de la santé est malade bien souvent le personnel n'est pas utilisé adéquatement,on veut faire avec les infirmière des bureaucrates.Plusieurs cadres retraités sont revenue au travail donc avec double rémunération , fond de pension et salaire du cssss belle gestion n'est pas .on pourrait en ajouter encore et encore .

Jean-Francois Samuel a écrit le 30 avril 2013

Ben oui ça s'explique! «L'augmentation de l'offre de services sans transformation précoce dans tous les secteurs d'activités pour obtenir des cibles de réduction. On ne pouvait mettre tout en place en même temps dans tous les secteurs pour obtenir des réductions» C'est clair et limpide!

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.