À la valdrague : d'arts et de culture

HISTOIRE D'AMOUR ET DE PÊCHE

Par David Lonergan, blogueur culturel, graffici.ca
Dramaturge, journaliste, recherchiste, scénariste à la télévision et critique durant 19 ans pour L’Acadie Nouvelle, David Lonergan blogue pour vous, sur GRAFFICI.CA

Dramaturge, journaliste, recherchiste, scénariste à la télévision et critique durant 19 ans pour L’Acadie Nouvelle, David Lonergan blogue pour vous, sur GRAFFICI.CA Photo : Offerte par l'auteur

CAP-CHAT, décembre 2016 | Le mythe des amoureux séparés par des forces qui les dépassent alimente la littérature depuis l’Antiquité. Roméo et Juliette en sont l’exemple le plus célèbre. Jocelyne Mallet-Parent le revisite d’une façon imaginative dans son cinquième roman, Le silence de la Restigouche (Éditions David).

Le roman se divise en deux parties de longueurs égales qui sont construites différemment. La première partie s’articule autour de Simon et Billy, tandis que la seconde est celle de Simon, Billy et Anne.

Écrite à la troisième personne (le narrateur omniscient), la première partie pose les jalons du drame. Simon Vicaire et Meaghan Barnaby, deux Mi’kmaqs, se connaissent depuis toujours et semblent être promis l’un à l’autre. Si le cœur de Meaghan palpite en songeant à Simon, celui de ce dernier n’est pas au diapason : il la voit comme sa meilleure amie. Isabelle Bouchard sort avec Gordon Brown, peut-être plus pour céder aux demandes de Gordon que par amour; deux blancs. Les quatre fréquentent la même école, mais appartiennent à deux mondes différents.

Un jour, Simon et Isabelle se rencontrent. L’amour entre ces deux adolescents se heurte aux valeurs de la famille Bouchard : « Isabelle n’est pas pour un Sauvage » (p. 17) d’affirmer Gordon Brown qui la veut pour lui et qui est le « prétendant » accepté par la famille.
Simon et Isabelle se fréquentent malgré tout. Le grand-père de Simon, Billy, avait pourtant laissé entendre qu’une malédiction pèse sur les familles Vicaire et Bouchard. Il en fait part à Simon sous la forme d’un conte dont la conclusion semble sans appel : « Les bernaches ne doivent pas frayer avec les oies blanches. Ça finit toujours pas porter malheur » (p. 73). Par crainte de réveiller le passé, il se refuse à en dire davantage. Simon cherchera en vain à éclaircir ce mystère.

La suite sera tragique et conduira non pas à la mort des amoureux, mais à celle de Meaghan : la police conclut à un suicide. Simon s’en accusera, lui qui avait promis de toujours protéger Meaghan dont la famille est dysfonctionnelle. La première partie du roman se termine avec le départ de Simon pour des études à l’université et sa séparation avec Isabelle. Tout en traçant un portrait de société très intéressant, l’auteure a su mettre en place des indices qui s’éclairciront dans la seconde partie qui s’ouvre trois ans plus tard.

La pêche au saumon donne son rythme à la seconde partie du roman. Originaire de la région, mais vivant à New York où elle travaille dans le domaine de l’édition, Anne vient passer une partie de ses vacances comme chaque année dans la région pour s’adonner à son sport favori. Le hasard la met face à Billy qu’elle connaît comme étant le meilleur guide de la région. Billy s’offre de lui servir de guide, ce qu’elle accepte avec enthousiasme. Ils exploreront six fosses en se servant d’autant de mouches tout en s’apprivoisant. Billy en viendra à se confier, reconnaissant en elle tout ce qu’il aime de ses deux rivières. Les humeurs des rivières et celles des saumons nourrissent celles des deux pêcheurs. Tous les passages qui traitent de la pêche sont passionnants et riches en détail. On sent l’amour que Mallet-Parent porte aussi bien à la nature qu’à la pêche au saumon. Les descriptions qu’elle nous offre sont une invitation à fréquenter ces rivières.

D’une conversation à l’autre, d’une journée à l’autre, Billy lui raconte petit à petit le drame qui réunit en les opposant les familles Vicaire et Bouchard depuis trois générations. Le fait qu’Anne est la narratrice accentue l’effet de confidence qui se dégage de la parole de Billy. On est dans le domaine des émotions, des sentiments.

Parallèlement au vécu d’Anne, Jim Barnaby, le père de Meaghan, n’a jamais vraiment cru au suicide de sa fille. Comme la police locale (et blanche) a classé le dossier, il décide d’engager le détective privé Jeremy Wilmot pour en avoir le cœur net. Wilmot est méticuleux à souhait et, lentement, il dénoue les fils qui ont conduit à la mort de Meaghan.

Cette seconde partie est habilement construite. Les chapitres consacrés à Anne et ceux consacrés à l’enquête sont placés en alternance et les confidences de l’un correspondent aux découvertes de l’autre.

Je ne vous dévoilerai pas les faits que découvriront, chacun à sa façon, Anne et Wilmot. Mais sachez que la malédiction sera levée et que Simon et Isabelle se retrouveront toujours amoureux et libres de vivre cet amour.

Écrit d’une plume vive et précise, ce roman met en scène des personnages bien campés qui se débattent dans une situation complexe qui n’est pas sans évoquer la lutte que mène le saumon pour se libérer de l’hameçon. Ainsi, les scènes de pêche deviennent la métaphore de l’opposition entre les Vicaire et les Bouchard.

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NOTE SUR L’AUTEUR
David Lonergan est originaire de Saint-Jean-d’Iberville. Il vit en Haute-Gaspésie à partir de 1977, puis en Acadie à partir de 1994. Depuis 2014, il vit à Cap-Chat. Il a été enseignant au secondaire, dramaturge (Théâtre Pince-Farine, 1977-1992), journaliste, recherchiste, scénariste à la télévision (dont toute l'aventure de Radio-Québec GÎM), professeur à l’Université de Moncton et critique durant 19 ans pour le quotidien L’Acadie Nouvelle. Il a publié une douzaine d’ouvrages dont Les Otages (théâtre, 1987), Blanche (roman biographique, 1989), La Bolduc, la vie de Mary Travers (biographie, 1992), Françoise Bujold. À toi qui n’es pas né au bord de l’eau (essai et anthologie, 2010), Théâtre l’Escaouette, 1977-2012 (monographie, 2015). David nous fait l’immense honneur de bloguer tout à fait bénévolement sur GRAFFICI.CA.

1 commentaire

maitresokposali a écrit le 17 février 2017

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