Haute-Gaspésie : Orléans Express ne réduira pas ses services

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Orléans Express renonce à son intention de supprimer deux de ses six liaisons quotidiennes dans le corridor entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski.

Orléans Express renonce à son intention de supprimer deux de ses six liaisons quotidiennes dans le corridor entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski. Photo : Johanne Fournier

La compagnie Autocars Orléans Express fait volte-face par rapport à son intention de supprimer la liaison de nuit entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski, et une autre dans le sens inverse.

Par conséquent, la Commission des transports du Québec (CTQ) a annulé la tenue de l'audience publique qui était prévue mardi prochain à Matane.

Liaisons non rentables, selon l'entreprise

Il s'agit de la troisième tentative avortée du transporteur de réduire deux de ses liaisons quotidiennes, invoquant un manque de rentabilité. Dès 2004, Orléans Express avait déposé une demande à la CTQ, mais la requête avait été rejetée. En 2007, la compagnie était revenue à la charge, mais cette deuxième tentative s'était encore une fois soldée par un échec.

Face aux intentions de l'entreprise, la Conférence régionale des élus de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM), le député de l'ancienne circonscription de Matane, Pascal Bérubé et d'autres groupes s'étaient mobilisés afin de faire part de leur désaccord.

«Depuis plus de deux ans, Orléans Express connaît des baisses d'achalandage historiques, pouvait-on lire dans le document déposé par la compagnie de transport à la CTQ. Face à cette situation et suite à une analyse de l'achalandage sur certains corridors, nous avons choisi de réduire la fréquence en annulant certains départs peu achalandés.» L'entreprise estime à une moyenne de sept le nombre de passagers sur ces trajets.

Avant d'en arriver à vouloir supprimer ces départs, Orléans avait utilisé certains moyens pour diminuer ses frais de services, tels que l'utilisation de minibus. Mais ces essais s'étaient avérés infructueux, provoquant notamment l'insatisfaction des usagers, principalement sur le plan du confort.

Cinq représentants de la CRÉGÎM, dont le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier et la mairesse de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier, avaient obtenu une rencontre, en décembre à Gaspé, avec deux dirigeants d'Orléans Express, soit Sylvain Langis et Marc-André Varin.

On y avait notamment fait état d'une enquête menée par la Chambre de commerce de la Haute-Gaspésie portant sur la perception de ses membres par rapport à ce service de transport. L'enquête concluait que le service était essentiel, notamment pour la livraison de colis.

La Haute-Gaspésie crie victoire

Les représentants de la MRC de la Haute-Gaspésie s'étaient préparés pour l'audience publique qui devait avoir lieu la semaine prochaine. «J'avais rédigé un mémoire d'une quinzaine de pages pour rappeler l'importance du service par autobus, souligne le préfet, Allen Cormier. L'essentiel de notre message, c'était de trouver des pistes de solutions pour rentabiliser le service, notamment en proposant à Orléans Express de travailler en partenariat avec le Transport collectif de la Gaspésie. Or, c'est une belle victoire pour la Haute-Gaspésie d'apprendre qu'il n'y aura pas de suppression de services.»

L'abandon de deux des six trajets quotidiens par le propriétaire d'autobus aurait privé une dizaine de municipalités d'un service de transport dans un corridor d'environ 200 kilomètres entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski.

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