Politique

Haute-Gaspésie : des militants conservateurs déchantent

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Le candidat conservateur lors des dernières élections fédérales et préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, a dénoncé la réforme de l'assurance-emploi lors d'un rassemblement  à l'église de Sainte-Anne-des-Monts, le 26 janvier.

Le candidat conservateur lors des dernières élections fédérales et préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, a dénoncé la réforme de l'assurance-emploi lors d'un rassemblement à l'église de Sainte-Anne-des-Monts, le 26 janvier. Photo : Johanne Fournier

Depuis l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance-emploi, des militants conservateurs de la Haute-Gaspésie dénoncent non seulement cette nouvelle mesure, mais vont jusqu'à renier leur formation politique.

C'est le cas de Charles-Eugène Marin, qui a été député conservateur de l'ancienne circonscription fédérale de Gaspé de 1984 à 1993. Celui-ci renonce à son parti depuis l'élection de Stephen Harper, soit depuis bientôt sept ans. «Je connaissais Harper comme employé d'un de mes amis, quand j'étais député, se rappelle le Dr Marin. Je n'avais pas trouvé que c'était un type qui pouvait aider la population, à plus forte raison lorsqu'il s'est présenté comme conservateur, alors qu'il n'a jamais été conservateur de sa vie. C'est un réformiste!»

L'ancien parlementaire avoue même avoir voté pour le Nouveau Parti démocratique lors des dernières élections.

La réforme de l'assurance-emploi, qui est entrée en vigueur au début janvier, n'a rien pour atténuer son rejet envers son ancienne formation politique. «L'assurance-emploi ne coûte rien au gouvernement, soutient-il. Mais Harper s'en sert pour faire les politiques qu'il veut.»

Son ancien attaché politique a la même opinion. Lors de la manifestation du 26 janvier où quelque 700 personnes ont fait connaître leur opposition à la réforme, Égide Trépanier a publiquement dénoncé les nouvelles règles.

Un ancien candidat désillusionné

Le son de cloche est le même du côté d'Allen Cormier, le préfet de la Haute-Gaspésie, qui s'est présenté comme candidat conservateur lors des dernières élections du 2 mai 2011. Lui qui a pris part à la manifestation du 26 janvier et qui a dénoncé publiquement la réforme de l'assurance-emploi, claque aussi la porte du Parti conservateur.

«C'est un désaveu complet, laisse-t-il tomber. À moins qu'il y aurait de très gros changements, je ne briguerai pas un siège de député du Parti conservateur aux prochaines élections. Ce n'est pas parce que j'étais candidat conservateur que j'ai les yeux fermés!»

Un militant plus nuancé

Du côté de l'agent officiel du Parti conservateur pour la circonscription depuis près de 30 ans, les opinions sont moins acerbes, même s'il admet ne plus être aussi à l'aise qu'il l'a déjà été au sein de la formation. Il se range du côté progressiste. «Ce qu'il faut comprendre, c'est que nous, les conservateurs, si on ne s'étaient pas remariés avec l'Alliance, qui était la partie dure, un peu comme les caribous au PQ, ce serait bien différent, estime Jean-Pierre Pigeon. Dans le temps de Mulroney, c'était le Québec et une partie de l'Ontario qui menaient. Là, c'est l'Ouest qui mène.»

Il s'en prend à la réforme de l'assurance-emploi, mais demeure fidèle à son parti. «Je ne désavoue pas le Parti conservateur parce qu'il y a des mesures qui sont correctes, tempère Jean-Pierre Pigeon. Je ne participe à aucune manif. Je ne fais jamais d'esclandres. J'écris des lettres et je parle à des gens pour dire que ça n'a pas de bons sens, qu'on n'est pas heureux de ça. Je demande si c'est possible d'apporter des nuances, comme sur la règle des 100 km. C'est difficile de pêcher et de travailler en forêt au mois de janvier! Il y a certains organismes dont les emplois sont seulement saisonniers.»

16 commentaires

Johanne Fournier a écrit le 18 février 2013

@ M. Poirier : merci de vos compliments et de votre appréciation par rapport aux journalistes qui, comme moi, ne tombent pas dans la complaisance et qui se donnent comme devoir de couvrir l'actualité telle quelle, comme elle se présente, sans filtre, ni couleur, ni préférence. @ P.A., que j'ai connu tout jeune enfant et qui aimait déjà l'argumentation : merci de ne pas me dire comment faire mon travail... ;-)

Gaston Poirier a écrit le 17 février 2013

Merci du beau compliment, M. Beaulieu! J'adore discuter avec vous, car nos arguments se ressemblent! En passant, vous savez fort bien que le vote souverainiste se divise entre ON, QS et PQ, pour un total de 40%, ce qui ressemble à ce que l'option souverainiste obtient dans les sondages. Par contre, le vote de droite ne subit pas la même division, et ça vous le savez aussi bien que moi. Mais qu'importe, vu que je suis stupide avec des arguments stupides, aussi bien vous laisser discuter seul avec des gens qui ont autant de profondeur et de nuance que vos amis Filion, Arthur, Duhaime, Martineau, et toute cette belle gang de gens cultivés, intelligents et nuancés qui incarnent ce que la majorité (17%) des Québécois représentent! Lâchez pas, cher monsieur! Bientôt vous aurez votre chronique à radio-x et vous pourrez nous dire ce qui est bon pour nous, pauvres petits québécois que nous sommes et qui ne comprenons jamais rien à la vie... Merci et bravo pour votre discours!

P.A. Beaulieu a écrit le 17 février 2013

@Gaston Poirier Dire que tous les gens de droite votent systématiquement pour les conservateurs, ce serait comme dire que tous les souverainistes votent pour le PQ, votre argument est stupide.

Gaston Poirier a écrit le 17 février 2013

Note à P.A. Beaulieu : partez-la votre radio de droite qui réflétera VOS positions, des positions partagées par moins de 17% des citoyens québécois et gaspésiens/madelinots (17% = pourcentage de votes au PCC en 2011 en GÎM ; 16,5% au Québec). Note à Johanne Fournier : bravo pour votre travail indépendant et impartial qui fait l'affaire de la nette majorité du monde, mais pas des gens de la belle grosse droite qui aiment mieux écouter radio-x et sun news, pour qui là se trouve la rectitude intellectuelle...

P.A. Beaulieu a écrit le 17 février 2013

@Johanne Fournier. Je ne mets pas en doute la qualité de ton travail journalistique une seconde. Je trouve simplement déplorable, dans une perspective globale, que les médias aient une tendance plus forte à dépeindre de manière négative certains partis et mouvements que d'autres. On n'a qu'à penser que le tiers des journaliste du Québec habitent le Plateau Mont-Royal par exemple et que nombre d'entre eux sont gauchistes, ou au fait que lors des campagnes électorales, parce que le gouvernement Harper veut des coupures et plus de transparence à Radio-Canada, on sent que la critique à son endroit est plus forte.

Johanne Fournier a écrit le 17 février 2013

Bonjour, Comme je me sens un peu concernée, permettez-moi de vous dire que mon éthique journalistique me commande l'objectivité. Par conséquent, mon article ne poursuit aucune intention, ni de gauche, ni de droite. @ P.A., sois assuré que si ces militants avaient été souverainistes, j'aurais fait mon travail de la même façon. Merci de me lire.

P.A. Beaulieu a écrit le 15 février 2013

@Gaston Poirier Facile de vous "sizer" en lisant ceci : "J'pense pas qu'on ait besoin de radio-poubelles comme radio-x ou des bulletins de sun-news dans notre décor régional. Vous avez le droit d'aimer ça, et vous pouvez les écouter via le web. La question est : on a tu vraiment besoin de ça dans la région?" Le simple fait que vous qualifiez de radio-poubelle un média qui ne véhicule pas ce que vous croyez idéal pour le peuple en dit long à votre sujet. Vous êtes probablement un étatiste, un souverainiste, un environnementaliste et vous faites preuve d'une grande intransigeance en faisant preuve d'une forte réticence à l'idée que la population du territoire ne puisse avoir sur celui-ci accès à un média qui diffuse un point de vue divergent du vôtre.

Gaston Poirier a écrit le 15 février 2013

En voici d'autres qui désavouent leur parti et l'illogisme de la réforme de l'assurance-emploi... C'est bon de voir des conservateurs s'ouvrir les yeux... : http://www.ledevoir.com/politique/canada/371043/assurance-emploi-des-conservateurs-du-quebec-denoncent-la-reforme P.S.: Ben oui, M. Beaulieu, c'est un article du Devoir... Mais faut pas compter sur TiViA ni sur LaPresse ni sur le Journal de Mourial pour mettre en lumière les divisions au sein d'un parti de droite!

Gilles Thibodeau a écrit le 15 février 2013

Bonjour . M. Beaulieu , S.V.P. un peu de rigueur . Le groupe de presse Desmarais vous connaissez ? Alain Dubuc . l'éditorialiste André Pratte ,  le duo Larocque Lapierre et Pierre Bruneau, Martineau et cie . un peu de sérieux quand même M. Beaulieu . Je cite " Le gouvernement Marois recule" bien oui la phrase qui tue toujours la phrase qui tue . " Le gouvernement Marois est à l'écoute de la population " cela ne fait pas partie de leur vocabulaire 

Gaston Poirier a écrit le 15 février 2013

M. Beaulieu : Je vous ai fait une certaine nomenclature de médias régionaux ayant une ligne éditorial penchant vers la droite. J'pense pas qu'on ait besoin de radio-poubelles comme radio-x ou des bulletins de sun-news dans notre décor régional. Vous avez le droit d'aimer ça, et vous pouvez les écouter via le web. La question est : on a tu vraiment besoin de ça dans la région? Et s'il y a un vrai besoin, le privé a juste à le combler : empruntez le ca$h à vos amis de droite (qui en ont en masse), demandez votre licence au crtc, pis let's go! Par contre, vous allez avoir de la misère à aller chercher des revenus de publicité dans la région parce qu'y a pas grand monde qui aime ces discours de la grosse droite par icitte... Bonne chance, monsieur! P.S. : Le Devoir est le seul journal national indépendant au Québec. Sa ligne éditoriale est de centre-gauche, ce qui en fait le seul média écrit national avec une ligne éditoriale qui ne penche pas à droite. Pour Radio-Canada, les gauchiste le taxe d'être de droite, les droitiste le taxe d'être de gauche, les souverainiste le taxe d'être fédéraliste, et les fédéraliste le taxe d'être souverainiste... Ça veut dire qu'il est de centre et surtout impartial, je pense...

P.A. Beaulieu a écrit le 14 février 2013

Le Devoir et Radio-Canada sont des organes de la gauche alors??? Cherchez un média du coin qui laisse la parole à la droite également, bonne chance! Y'en a qui sont bons pour magouiller par en arrière pour faire sauter ceux qui ne leur mangent pas dans la main, je peux vous en dire quelque chose.

Gaston Poirier a écrit le 14 février 2013

M. Beaulieu : Qui ne dit mot consent. Vous êtes donc d'accord avec moi que la presse nationale a un bon penchant vers la droite. Quant à la presse régionale, tout dépend d'où vous placez votre lorgnette. J'admets que la ligne éditoriale de Graffici paraît souvent pencher vers la gauche, quoi qu'on y trouve aussi des articles à tendance de droite. Si vous synthonisez la radio de Gaspé, la ligne éditoriale tend vers la droite. Si vous lisez les hebdos de Québécor, alors là, on n'en parle pas, la ligne tend aussi vers la droite, fidèle au grand patron! Et que dire de la radio de Ste-Anne et de Chandler, où vous avez déjà animez! Par contre, vu globalement, si on ne s'arrête pas aux particularités de chacun, je suis prompt à dire que l'ensemble de la communauté médiatique régionale a un bon penchant centriste. Et oui, il y a des suiveux partout. Mais des gens aveuglés par les pires décisions insensées pour la régions, y a juste chez les conservateurs qu'il pourrait y en avoir, mais là, avec tous ces leaders conservateurs qui se sont ouverts les yeux, ça pourrait avoir certains effets... À suivre...

P.A. Beaulieu a écrit le 14 février 2013

Plus objective la presse régionale??? Come on! On peut décerner aisément la tendance de plusieurs journaliste à travers ce qu'ils produisent, et en fouillant sur le Web on peut vite trouver dans certains cas des articles publiés sur des sites clairement de gauche par exemple, et que dire des affiliation quasi directe de plusieurs d'entre eux avec le PQ ou Québec solidaire par exemple... Pouvez-vous me nommer un représentant de la presse qui penche à droite dans tout le territoire gaspésien? Trouver des gens de gauche est pas mal plus facile. Finalement, pour ce qui est des suiveux, y'en a de toutes les tendances, des moutons souverainistes qui suivent la masse sans le moindrement réfléchir par exemple, il y en a "un char une barge"!

Gaston Poirier a écrit le 14 février 2013

M. Beaulieu : À supposer que vous ayez raison sur votre prémisse de base (ce que je ne crois pas!), je vous répondrais que la presse régionale agit exactement à l'inverse de la presse nationale. La presse nationale (Gesca et Quebecor en tête) a presque tué le Bloc Québécois et s'amuse continuellement à rabaisser le Parti Québécois, tout en gardant un silence quasi complise sur ce que fais QS et ON... sauf quand c,est le temps de soulever des polémiques à propos de l'indépendance du Québec. Honnêtement, je trouve la presse régionale beaucoup plus objective que la presse nationale et on devrait s'en réjouir. Sur le fond du dossier, c'est toujours sain et humain de voir des gens au coeur régionaliste se dissocier d'un parti qui abandonne les régions comme la nôtre, qui est en train de tuer notre région. On appelle ça des gens de coeur ; pas des suiveux comme les "vrai" conservateurs.

P.A. Beaulieu a écrit le 14 février 2013

Parce que la presse régionale comporte bon nombre de gens qui, même s'ils ne le montrent pas ouvertement, sont des sympathisants pro-écolos, pro-souveraineté et en général pro-gauche, je me demande si ces représentants de la presse feraient preuve d'autant d'ardeur à écrire des nouvelles faisant mention du désenchantement de la population à l'endroit du Bloc québécois, du PQ, du NPD, de Québec solidaire ou d'Option nationale. Cela semble pas mal plus facile de planter le Parti conservateur, le Parti libéral, qu'il soit fédéral ou provincial, ou bien tout groupe ayant une tendance à droite.

Joel Leblanc a écrit le 14 février 2013

Pourquoi ces gens conservateurs de la Gaspésie ne libèrent pas leur esprit provincialiste et ne travaillent-ils pas à la libération du Québec?

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.