Haldimand n° 4 : «aucun problème de toxicité», dit Pétrolia

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Le président de Pétrolia, André Proulx estime que «les craintes véhiculées par certaines personnes sont tout simplement non fondées».

Le président de Pétrolia, André Proulx estime que «les craintes véhiculées par certaines personnes sont tout simplement non fondées». Photo : Geneviève Gélinas

Le fluide de forage qui sera utilisé à Haldimand n° 4 ne causera aucun problème de toxicité, affirme Pétrolia. 

La firme en veut pour preuve un rapport dévoilé mardi sur la dangerosité des produits qui seraient injectés dans le sous-sol de Gaspé, et dont la toxicité varie de «négligeable» à «moyenne».

Pétrolia publie ce rapport alors que Québec vient d’annoncer la préparation d’un règlement sur l’eau potable, qui définira des distances minimales entre un forage et des résidences et sources d’eau. Ce règlement remplacera celui adopté par Gaspé en décembre, qui a pour effet d’empêcher Pétrolia de forer Haldimand n° 4.

Le rapport de 4 pages, daté du 25 février, a été commandé par Pétrolia au toxicologue Robert Tardif, du Département de santé environnementale et santé au travail de l’Université de Montréal. En préambule, M. Tardif écrit qu’il a tenu compte «de la proportion [de chaque produit] dans le fluide initial et des propriétés ou utilisations connues de certains produits».

Eau, argile, soude caustique…

Dans les deux premières sections du forage, Pétrolia utilisera un fluide à base d’eau. De la surface à 210 mètres de profondeur, cette eau sera additionnée d’argile, de soude caustique et de bicarbonate de soude, des produits dont la toxicité est qualifiée de «négligeable».

De 210 à 646 mètres, le fluide contiendra du barite, dont la toxicité est «faible». L’ingrédient principal du barite est le sulfate de baryum, connu pour son utilisation comme agent de contraste en radiologie. La gomme de xanthane, utilisée en alimentation, et le glyoxal, utilisé dans certains cosmétiques, font aussi partie de la recette.

Toxicité «moyenne» en profondeur

En profondeur (de 646 mètres à 1087 mètres), le fluide sera concocté à base d’un distillat de pétrole, dont la toxicité est qualifiée de «moyenne». Pétrolia en injectera 295 200 litres dans le sous-sol d’Haldimand, additionné d’ingrédients dont la toxicité est «faible» incluant de l’Ecotrol (un thermoplastique) et du Novamul (un polymère synthétique).

Le président de Pétrolia, André Proulx, en déduit que «les craintes véhiculées par certaines personnes sont tout simplement non fondées», a-t-il déclaré par communiqué.

Des différences

Les informations transmises mardi diffèrent de celles livrées à la population lors d’une séance d’information tenue le 12 décembre à Gaspé. Pétrolia emploiera 307 000 litres d’eau plutôt que les 130 000 litres annoncés. La composition et les proportions de chaque ingrédient varient aussi.

Il s’agissait de données «préliminaires», explique la vice-présidente Isabelle Proulx. «On ne changera plus», dit-elle. Sur la proportion de fluide récupéré, Mme Proulx indique que la pression est «bien mesurée pour ne pas qu’il y ait d’invasion» du fluide, même s’il peut en rester «un petit peu de chaque côté».

Il n’a pas été possible de parler au toxicologue Robert Tardif.

5 commentaires

Joel Leblanc a écrit le 27 février 2013

Je dis bien poignée,une poignée dans l'dos comme dans ;j'ai tu l'air d'une valise? Quoi qu'avec la mafiositée ambiante qui règne au Kébec j'aimerais être celle-la,pleine de "cash",celle qui permet de laissé passer des projets douteux!!

Joel Leblanc a écrit le 27 février 2013

Merci pour l'info petrolia.J'avais justement besoin que l'on me tienne la conscience par la poigée que j'ai dans l'dos!

Gaston Poirier a écrit le 27 février 2013

Aucun problème, en effet... Juste de la toxicité de réduite à moyenne! Non mais quel titre pour cet article! Et on va juste mettre 15 camions-citernes complets d'eau potable (1 camion = +/- 20000 litres) dans le trou avec les produits toxiques! Pas mal pour des gens qui disent prôner le respect de l'eau! Plus ça va, et plus je comprends les réactions du maire Roussy vis-à-vis cette entreprise...

Albert Picard a écrit le 27 février 2013

Un bon verre de distillat de pétrole, bien froid s.v.p. rien de mieux pour vous épancher une soif pour le restant de vos jours, qui ne seront pas nombreux j'en ai bien peur.

Bilbo Cyr a écrit le 27 février 2013

A propos du baryum: À manipuler avec précaution ; il réagit avec l'eau en donnant l'hydroxyde de baryum Ba(OH)2, ou baryte, qui est très toxique et dont les réactions avec les solvants, acides et oxydants sont violentes. En cas de doute, consultez la fiche toxicologique de l'INRS n° 125 Merci wikipedia. Les informations transmises mardi diffèrent de celles livrées à la population lors d’une séance d’information...

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