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Gros plan sur le documentaire Gaspésie

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Cette image, tirée du documentaire Gaspésie, reflète bien les paysages grandioses du film.

Cette image, tirée du documentaire Gaspésie, reflète bien les paysages grandioses du film. Photo : Courtoisie - Christian Lamontagne

Comment raconter la Gaspésie sans narration? C’est ce que font les réalisateurs de Gaspésie, un court métrage de vingt minutes abordant le thème de l’exploitation du territoire. GRAFFICI.CA s’est entretenu avec ses artisans, Christian Lamontagne et Guillaume Lévesque.

«On a voulu faire l’exercice de raconter l’histoire sans les facilités classiques, en allant chercher les gens seulement avec l’image et le son», dit Christian Lamontagne, photographe professionnel et directeur photo, derrière les images du film.

«Notre intention, c’était de présenter le rapport que les Gaspésiens entretiennent avec le territoire, explique Guillaume Lévesque, chargé de la prise de son et de la conception sonore. On voulait parler d’exploitation minière, forestière et de la pêche, mais aussi de l’aspect touristique.» Pour les auteurs, il était important d’aller au-delà de l’image bucolique de la Gaspésie et de ses lieux touristiques.

«On a tourné surtout du côté nord [de la Gaspésie] et la pointe, peu du côté sud», précise-t-il. Le film présente notamment une forêt ancienne du mont Hog’s Back, des coupes forestières dans la vallée de la Matapédia, des dépôts miniers de Murdochville, la pêche à Mont-Louis, des vagues de touristes.

«On explore aussi l’aspect de la protection territoriale quand l’on montre les tranchées de la Deuxième Guerre mondiale de Fort Péninsule à Penouille, dans la baie de Gaspé, souligne M. Lévesque, un natif d’Amqui qui habite désormais au Bic. On avait aussi le désir de montrer la magnificence du territoire», poursuit-il.

Quand le traitement est le message

Selon M. Lamontagne, originaire des Bois-Francs et résident de Sainte-Félicité près de Matane, «le film n’a pas de message en soit», parlant plutôt de «l’idée d’exploration visuelle», lui qui avait à cœur de montrer le territoire, ni plus ni moins.

«Ce n’est pas un secret d’État qu’une grande partie de la région fait de l’exploitation forestière. Si on prenait une photo satellite, on verrait un fromage gruyère, avec des trous partout. On n’est pas pour ou contre ce phénomène-là. Je crois que cette industrie a la place qu’elle mérite dans le film, une place préoccupante, mais cela fait partie de l’histoire de cette région-là.»

Quant à M. Lévesque, «en filigrane, peut-être qu’il [le film] dit autre chose. Il y a une certaine critique, par le traitement des scènes d’exploration forestière : avec les images en accéléré, on sent la machine qui avance dans la forêt de façon ahurissante, raconte-t-il. Puis la scène qui suit, on buche la forêt de manière très humaine, très posée. Ça vient en opposition avec les images précédentes.»

Jouer avec le temps

«Quand on rentre dans le thème de l’industrie touristique, on le fait de manière rigolote, se confie M. Lamontagne. Les touristes sont présentés en accéléré : on a l’impression d’un raz-de-marée humain, là juste pour une très courte période. Puis, c’est la désolation, avec l’hiver. Une fois que l’hiver est installé en Gaspésie, il est là pour longtemps. On a beaucoup joué avec la notion de temps»

Sans contredit, l’une des forces du film est sa structure, qui fait voyager allègrement le spectateur à travers les différents thèmes exploités. «On a vraiment donné carte blanche à notre monteur Jean-Guy Dupéré», indique M. Lamontagne, manifestement satisfait du rythme rendu. Quant à la musique, elle est signée Nicolas Archambault.

Petit film deviendra grand ?

Tourné entre 2004 et 2008 et sorti en 2010, Gaspésie s’inspire des films non-narratifs tels Koyaanisqatsi (1983) et Baraka (1992). Les deux auteurs sont d’avis que c’est «modestement comparable», leur œuvre ayant été «faite avec beaucoup moins de moyens», soit une bourse de 10 000 $ du Fonds du Bas-Saint-Laurent pour les arts et les lettres.

Un Gaspésie II en route? «Peut-être bien»,  répond Christian Lamontagne, qui aimerait bien donner suite au projet, mais cette fois, avec des moyens techniques et financiers beaucoup plus ambitieux et surtout, avec l’enrichissement de plusieurs années d’expérience, ce film étant une pièce marquante de leurs débuts.

Diffusé à sa sortie à Amqui et Rimouski, puis projeté à La Fabrique de Matane le 26 janvier dernier, le documentaire pourrait connaître un second souffle cette fois en Gaspésie, la distribution venant d’être prise en charge par le centre de production Paralœil de Rimouski.

2 commentaires

Lisa-Marie a écrit le 8 février 2012

Faites-nous part du moment où on pourra visionner ce documentaire!

J.Gallant a écrit le 7 février 2012

J'ai bien hâte de voir ça!

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