Éducation

La grève est reconduite à Gaspé

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La grève étudiante se poursuit pour une septième semaine au campus de Gaspé.

La grève étudiante se poursuit pour une septième semaine au campus de Gaspé. Photo : Thierry Haroun

Les étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles à Gaspé ont reconduit lundi matin en assemblée générale leur mandat de grève générale illimitée.

Selon les chiffres rendus publics par l’association, 52 % des étudiants ont voté en faveur de la poursuite du débrayage, 46 % ont voté contre et 2 % se sont abstenus.  Le taux de participation s’est élevé à 66 %, le taux le plus élevé depuis le début de la grève.

Les cégépiens entament ainsi une septième semaine de débrayage, une situation qui est «épuisante», admet le président de l’association étudiante, Vincent Olivier-Bastien. «Nos membres sont cependant encore très motivés à poursuivre la lutte, assure-t-il. Mais on espère que, cette semaine, des négociations mèneront à une proposition de la ministre.»

La ministre de l'éducation, Line Beauchamp, a demandé lundi après-midi aux étudiants une trêve des gestes de perturbation pendant quelques heures pour laisser place à la discussion. Elle a invité toutes les associations qui accepteront cette trêve à négocier avec elle.

M. Bastien précise que si une proposition est présentée aux étudiants par la ministre au cours de la semaine, son association se réunira en assemblée générale pour en débattre. «D’ici là, nous poursuivrons à ériger nos lignes de piquetage», dit-il.

Les cégépiens devront se prononcer sur la reconduction de la grève le lundi 30 avril.

Annulation de la session

Depuis le début du conflit, le représentant des cégépiens de Gaspé mentionne qu’il est impossible que les institutions scolaires annulent leur session. Or, la semaine dernière, le Conservatoire de musique de Montréal, où la grève durait depuis quatre semaines, a annoncé que la session des étudiants qui avaient cumulé deux absences et plus dans chaque cours était annulée. Les cours seront repris à la prochaine session, sans remboursement et avec la mention «incomplet temporaire».

«À Gaspé, la direction nous a dit qu’il n’était pas encore question d’annuler la session. Mais c’est sûr qu’il sera difficile d’assurer une reprise des cours normale. D’un autre côté, les étudiants ont décidé collectivement de faire la grève et ils sont tout à fait conscients des impacts possibles», dit-il.

La direction a cependant décidé d'annuler la session d'été au campus de Gaspé. Cette session permet aux étudiants de suivre des cours intensifs pendant trois semaines.


2 commentaires

Maryse a écrit le 26 avril 2012

Ce gouvernement utilise le conflit avec les étudiants pour augmenter ses appuis dans les sondages. Et étrangement ça marche ! Combien de citoyens outrés par les manifestations étudiantes semblent atteint soudainement d’amnésie en se rangeant du côté de ce gouvernement, ce même gouvernement qui était en chute libre dans les sondage avant la grève. On détourne sciemment l’attention des citoyens ailleurs que la raison principale de leur impopularité (avant la grève la population exigeait une commission sur la CORRUPTION). Selon le rapport Duchesneau, la corruption aura coûté des milliards aux contribuables depuis la dernière décennie. Le gouvernement en place aura dilapidé des sommes faramineuses dans cette corruption. Et voila que nous somme manipulé par ce gouvernement qui nous dit tout bonnement qu’il faut mettre de côté cette aberration et de se braquer contre les étudiants. J'appuis les étudiants qui ont fait remonté plusieurs enjeux de justice sociale à la surface et je crains que le gouvernement les utilisent pour tirer profit d'une stratégie électoraliste nommé: Politique de la division ou «Wedge politics». La stratégie vise à polariser l'opinion dans une ligne de combat spécifique qui dans ce cas me semblerait être la ligne démographique jeune vs vieux.

André Tremblay a écrit le 24 avril 2012

Ne lâchez surtout pas! Les étudiants ont fait un gain important en réussissant de négocier avec la ministre.

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