Art, culture et loisirs

Grandes premières du film La maison du pêcheur

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Certains artisans de La maison du pêcheur étaient présents lors de la première du film présentée au Cinéma Gaieté de Matane. Dans l'ordre: le producteur exécutif Vincent Leroux, le scénariste Jacques Bérubé et le producteur Vic Pelletier.

Certains artisans de La maison du pêcheur étaient présents lors de la première du film présentée au Cinéma Gaieté de Matane. Dans l'ordre: le producteur exécutif Vincent Leroux, le scénariste Jacques Bérubé et le producteur Vic Pelletier. Photo : Johanne Fournier

MATANE – Le film La maison du pêcheur, qui relate des faits marquants de l'été 1969 à Percé, a été projeté en grande première à Matane mardi soir. Vendredi, ce sera au tour des gens de Percé de visionner le long-métrage.

Sa projection à Percé se fera le jour même où il débarquera dans toutes les salles du Québec. « Tous les commentaires et réactions que j'ai eus sont unanimes, se réjouit le producteur et président du Groupe PVP, Vic Pelletier. L'objectif est atteint. »
Cependant, la réaction des Percéens risque d'être différente de celle des Matanais puisque certains personnages présentés dans le film sont encore vivants. Mais cela n'inquiète pas le producteur outre mesure. « Un des vrais personnages de l'histoire a même agi comme figurant », indique M. Pelletier.

L'oeuvre a été en compétition lors du Festival des films du monde de Montréal le 26 août. « Au Cinéma Impérial, c'était un lundi matin à 9h et il y avait un line up, raconte le producteur originaire de Sainte-Anne-des-Monts. Il y avait 400 personnes dans la salle. Après la projection, il y en a au moins 250 à 300 qui sont restés parce qu'ils voulaient parler du film ou parler de politique et de ce goût de changement que les Québécois ont toujours eu. Ça, c'est une constante. »

« C'était des gens politisés qui connaissaient l'histoire et des gens qui ne la connaissaient pas, poursuit-il. Il y avait même des descendants du ministre Laporte qui ont dit qu'ils avaient découvert les jeunes d'un autre œil. Ils les considéraient maintenant moins comme des criminels, mais plus comme des jeunes qui avaient eu envie de changement. »

Les protagonistes de l'histoire qui s'est réellement jouée à Percé à l'été 1969, soit les frères Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard et Bernard Lortie, sont présentés davantage comme des pacifistes qui ne cherchaient qu'une tribune pour politiser les Gaspésiens et les Québécois. « On a humanisé une partie de l'histoire qui était inconnue, puis on l'a rendue vivante par ces jeunes-là, explique le président de la maison de production matanaise. On a redonné la parole à des gens qui n'ont jamais eu la chance de s'exprimer. »

Gros budget

Après deux refus, le financement du film, qui totalise 4,3 millions de dollars, a été accordé par la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) et par Téléfilm Canada. « On l'avait évalué à 4,7 millions, précise Vic Pelletier. On a un déficit. On compte sur le box-office pour récupérer la mise. »

Selon lui, c'est l'époque où se situe l'histoire qui a fait gonfler le budget. Les locations, les figurants ainsi que les reconstitutions de costumes et de voitures ont représenté des dépenses astronomiques. « Ça a coûté près d'un million de dollars qu'on a flambés en l'espace de trois semaines », souligne Vic Pelletier. « Ça a pris neuf ans à obtenir le budget, puis on a mis trois mois à le dépenser », ajoute en souriant le producteur exécutif, Vincent Leroux.

La production a notamment nécessité l'engagement de 300 figurants, 80 techniciens, une quarantaine de comédiens secondaires, en plus des comédiens principaux. « Il y a eu près de 500 personnes sur le plateau pendant un mois, spécifie M. Pelletier. Quatre jours ont été tournés en studio à Montréal, soit uniquement l'arrestation, qui se situe au début et à la fin du film. »
La réalisation entière du long-métrage s'est échelonnée sur un an. « Il y a eu le repérage, les préparations, la construction des décors et la maison à installer, énumère-t-il. Puis après, il y a eu la post-production. »

Les prémisses du projet remontent à bien plus longtemps encore. « Si on parle du scénario, Jacques Bérubé m'a approché avec ce projet-là il y a neuf ans », se remémore Vic Pelletier. Mais, pour le scénariste de Rimouski, l'idée vient d'encore plus loin. « C'est parti d'un souper de crabe, il y a 28 ans avec Paul Rose, qui restera un ami pour toute la vie, raconte-t-il. C'est là que je lui ai demandé ce qu'était La maison du pêcheur et qu'il m'a raconté l'histoire, dont notamment quand ils se sont fait expulser avec des boyaux d'arrosage. C'est une page méconnue de l'histoire du Québec. »

Synopsis

Tourné presque entièrement en noir et blanc, le film débute par l'histoire d'un jeune homme de Gaspé, Bernard Lortie, un fils de pêcheur, qui débarque à Percé à l'été 1969 pour trouver du travail. Il fait alors la connaissance de Francis Simard et des frères Paul et Jacques Rose, des militants indépendantistes venus ouvrir un lieu visant à accueillir et à politiser la population. Le lieu nommé « La maison du pêcheur » rassemble bien vite des hippies venant de partout au Québec. Leur présence dérange les autorités locales, faisant ainsi monter la tension et s'échauffer les esprits.

Ces événements ont précédé la Crise d'octobre de 1970 puisque les quatre mêmes jeunes hommes sont à l'origine de la cellule Chénier, liée au Front de libération du Québec. Francis Simard, Bernard Lortie et les frères Rose seront reconnus coupables de l'enlèvement et de l'assassinat du ministre du Travail de l'époque, Pierre Laporte.

Pour saisir le contexte historique et découvrir quelques anecdotes survenues pendant le tournage du film, consultez le site officielde la production.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.