Santé, services sociaux et communautaire

Gicleurs : l'obligation souhaitée

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Selon un décompte réalisé à partir du Registre des résidences pour personnes âgées, 41 des 57 habitations privées ne sont pas munies d'un système de gicleurs en Gaspésie.

Selon un décompte réalisé à partir du Registre des résidences pour personnes âgées, 41 des 57 habitations privées ne sont pas munies d'un système de gicleurs en Gaspésie. Photo : Gracieuseté

NEW CARLISLE — La Table régionale de concertation des aînés Gaspésie-les-Îles croit que l'obligation de munir de gicleurs les résidences pour personnes âgées doit être une priorité. 

Selon un décompte réalisé à partir du Registre des résidences pour personnes âgées, 41 des 57 habitations privées ne sont pas munies d'un tel système. Huit sont partiellement équipées de gicleurs et sept en totalité. L'information n'est pas disponible pour un établissement.

 

L'incendie qui a ravagé la Résidence du Havre de l'Isle-Verte a relancé le débat autour de l'obligation de munir les résidences pour aînés de gicleurs. La plus vieille partie du bâtiment, qui n'avait pas de gicleurs, a complètement été rasé. Notons toutefois que les autorités ne connaissent toujours pas les causes de l'incendie.

 

Le Regroupement québécois des résidences pour aînés demande au gouvernement du Québec de rendre obligatoire ce type de système. Et dans la région, plusieurs intervenants interrogés sont du même avis.

 

Le président de la Table régionale des aînés, Laval Cavanagh, s'explique mal pourquoi il est possible d'exploiter des résidences sans gicleurs. Ce dernier estime que personne ne devrait « lésiner » sur la sécurité des occupants, mais tient à préciser que ce n'est pas au gouvernement d'assumer seul cette responsabilité. « C'est une priorité. Il pourrait y avoir des programmes pour aider les propriétaires, mais une certaine partie pourrait être supportée par les locataires, avec des hausses de frais de résidence. Chacun doit faire son effort », dit-il. .

 

L'exploitant du manoir Lady Maria et du Manoir St-Charles, Francis Vadnais, croit aussi que Québec devrait rendre les gicleurs obligatoires. Alors que sa résidence à Maria est partiellement équipée de gicleurs et celle de Caplan en totalité, ce dernier soutient cependant qu'un délai et des programmes d'aide sont nécessaires. « Il y a un coût financier et ce n'est pas tous les propriétaires qui ont les reins assez solides pour prendre en charge les coûts à court terme. On est prêt à se gicler, mais le gouvernement doit nous donner du temps et des avantages financiers. »

 

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a déclaré que son gouvernement souhaite rendre obligatoires les gicleurs, mais étudie encore de quelle façon cette réglementation sera déployée. Un comité se penche actuellement sur la question. M. Hébert a ajouté que l'idée de créer un programme d'aide pour les plus petites résidences faisait partie de la réflexion du comité.

 

Pas infaillible

 

Si les gicleurs dans les bâtiments permettent de réduire les risques d'incendie généralisé, ils comportent certaines limites, selon les experts en incendie consultés.

 

Le préventionniste en sécurité incendie à la MRC Bonaventure, David Thibault, notamment, reconnaît leur efficacité, mais prévient que leur déploiement ne serait pas possible dans certains secteurs. « Il y a des municipalités qui ne sont pas en mesure de fournir le débit avec leur réseau d'aqueduc pour alimenter des gicleurs. Par exemple, si on voulait bâtir une résidence pour personnes âgées avec des gicleurs à St-Elzéar, le réseau d'aqueduc n'est pas conforme pour fournir », affirme-t-il. 

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