Gesgapegiag est sous la surveillance financière d'Ottawa

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Gesgapegiag fait l’objet d’une surveillance financière de la part du gouvernement canadien.

Gesgapegiag fait l’objet d’une surveillance financière de la part du gouvernement canadien. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Gesgapegiag fait partie des 157 communautés autochtones du Canada qui font l’objet d’une forme de supervision financière de la part du gouvernement fédéral. 

Des 615 communautés autochtones du pays, 157 manqueraient actuellement à leurs obligations financières, selon une liste publiée sur le site Web du ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien.

Gesgapegiag est la seule des trois communautés micmaques de la Gaspésie qui se retrouve sur cette liste. Son niveau de surveillance est cependant le plus bas des trois établis par le ministère. À ce niveau, son conseil de bande doit élaborer «un plan acceptable au ministère, pour remédier au manquement, rétablir la situation, s’attaquer aux causes et empêcher la répétition», peut-on lire sur le site Web du ministère.    

Selon les critères définis par Ottawa, un conseil de banque est considéré en «manquement» si, notamment, sa situation financière est «telle que la prestation de tout programme dont le financement est prévu par l’entente de financement présente un risque.» Le gouvernement peut aussi placer les bandes sous surveillance s’il est «d’avis que la santé, la sécurité ou le bien-être de la collectivité autochtone risque d’être compromis.»

Le ministère ne fournit cependant pas les causes exactes de la présence de Gesgapegiag sur cette liste.

Selon le dernier rapport financier disponible (mars 2011) de Gesgapegiag, son surplus accumulé est passé de 1 392 800$ à 353 000$ en 2010-2011.

De l’avis de la directrice du conseil de bande, Catherine Johnson, cette situation s’explique parce que le financement de Gesgapegiag «est demeuré le même depuis plusieurs années», alors que les sources de dépenses «augmentent considérablement».

Mme Johnson a notamment fait référence à l’élargissement du réseau d’aqueduc pour couvrir les nouvelles constructions et les investissements dans les réparations d’habitation. «Le conseil de bande a choisi d’investir pour offrir à sa population des services adéquats et des habitations convenables. Notre financement est gelé depuis dix ans, alors c’est sûr que ça peut causer des difficultés», explique-t-elle.

La directrice ne sait toujours pas si Gesgapegiag pourra bénéficier d’une partie des 330 millions de dollars annoncés il y a quelques jours par le gouvernement fédéral, qui vise à soutenir la mise à niveau des réseaux d’aqueduc et d’égout dans les communautés autochtones.

1 commentaire

mathilde a écrit le 14 janvier 2013

Les Nations autochtones font fassent à un boom démographique considérable. Le gouvernement Harper ne prend pas du tout en compte cette réalité criante des communautés. Les peuples autochtones voient encore une fois leur autonomie bafouée. Va-t'on mettre en tutelle les villes de Montréal ou de Laval parce qu'on doute de l'intégrité de leur maire? Le gouvernement accuse les autochtones pour que l'on oubli que c'est toute notre histoire, ainsi que la façon donc nous avons de développer notre pays (en tassant les autochtones) qui sont responsable des conditions actuelles du tiers monde! En tout cas, je trouve cela aberrant et je pense qu'il serait grand temps de renouer des liens avec les nations autochtones comme nous avons su le faire jusqu'au début du 19ième siècle. Les cultures autochtones font parti de notre héritage et de notre identité, nous devrions en être fiers!

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