Libre Arbitre

GÉOPARC, LE BEAU RISQUE

Par Thierry Haroun, LIBRE ARBITRE, graffici.ca
Le 11 décembre dernier, les élus ont donné le feu vert à une entente à long terme, soit 25 ans, confiant la gestion du projet de Géoparc  de 7,3 M$ à une coopérative de solidarité.

Le 11 décembre dernier, les élus ont donné le feu vert à une entente à long terme, soit 25 ans, confiant la gestion du projet de Géoparc de 7,3 M$ à une coopérative de solidarité. Photo : Consultant O.P.R

PERCÉ - La municipalité de Percé mise sur le Géoparc pour donner un souffle nouveau à son porte-étendard qu'est le secteur touristique. Un «beau risque», pour reprendre le mot de l'ancien premier ministre René Lévesque. Mais on aurait pu faire mieux quant au retour sur l'investissement.

Le 11 décembre dernier, les élus ont donné le feu vert à une entente à long terme, soit 25 ans, confiant la gestion de ce projet de 7,3 M$ à une coopérative de solidarité. Au départ, 25 gens d'affaires et entreprises ont injecté chacun 10 000 $ comme mise de fonds (BRAVO!), puis Ottawa et Québec ont versé environ 4,5 M$ en plus des aides d'organismes régionaux. Le tout doit être bouclé par du financement privé à hauteur de quelque 1,3 M$.
Le terrain sur lequel la coopérative aura à exploiter un camping et un stationnement, au pied du mont Sainte-Anne, toujours en lien avec le Géoparc (dont l'attrait majeur sera un pavillon d'accueil situé à mi-montagne), a été acheté par la Ville à la SÉPAQ pour 400 000 $ via un prêt sur 10 ans à un taux de 2,48 %. Autre vérification faite par le LIBRE ARBITRE auprès de la municipalité, en 2013, la SÉPAQ avait payé 21 556 $ en taxes pour ce terrain. Des taxes que la Ville ne recevra plus, puisque ce terrain est désormais géré, pour 25 ans, par la coopérative. Donc 21 556 $ multiplié par 25 ans (de manque à gagner en taxes) à quoi s'ajoutent les 400 000 $ plus intérêts, on arrive à environ 1 M$. Et ça ne compte pas la valeur du terrain qui aurait assurément doublé en 25 ans.
Ce million représente la part de Percé, à titre d'entité administrative, et de ses citoyens, dans le Géoparc, ce qui donne 40 000 $ par an pendant 25 ans. Il faut bien faire sa part. Je suis citoyen de Percé et j'estime important de faire ma part. Mais l'entente prévoit le versement de 15 % des revenus nets issus du stationnement à la Ville et rien pour le volet camping. Les bémols du LIBRE ARBITRE sont les suivants. Dire 25 ans ferme, c'est engager une génération ou six mandats de mairie, alors qu'on aurait dû négocier une entente sur 30 ans renouvelable aux 10 ans, histoire de voir venir. La Ville aurait pu serrer la vis un peu plus en exigeant entre 10 % et 15 % des revenus bruts issus de l'exploitation du stationnement et du camping. Un, ça n'aurait pas mis en danger le Géoparc. Et deux, la Ville, comme entité administrative, aurait récupéré sa part d'investissement sur une base annuelle et aurait ainsi pu réinvestir ces sommes dans d'autres projets. Cela s'appelle le développement durable.
Il est vrai, comme le disent les autorités municipales, que le Géoparc va créer des emplois et qu'il va attirer des touristes qui ne seraient pas venus autrement. Mais il semble bien qu'on n'ait pas appris des erreurs de Murdochville. Un Géoparc de 7,3 M$ semble impressionner bien des gens, mais à Murdochville, les deux parcs éoliens ont suscité des investissements de 180 M$, sans redevances à la Ville.
Résultat: Murdochville, l'entité administrative, a augmenté ses taxes cette année encore parce qu'elle crie famine. La faute revient au gouvernement qui, à l'époque, n'avait pas osé serrer la vis au promoteur éolien par crainte de perdre cet investissement. On n'est pas plus avancé.
Le 11 décembre, au milieu de la période de questions, j'ai dû quitter la salle municipale pour respecter mon heure de tombée de reportage. J'ai mis ma tuque, mon foulard, enfilé mon manteau et, en sortant, je me suis dit qu'on venait de confier à un conseil d'administration le projet touristique le plus prometteur de la Gaspésie pour 25 ans ferme.
Seul le temps dira si l'actuel conseil municipal a eu raison d'agir ainsi concernant ce projet auquel on souhaite bon vent!
***
On apprend que le député caquiste André Lamontagne visitera la Gaspésie  dans le cadre d'une tournée visant à élaborer un plan de développement économique pour les régions appelé « Cap sur les régions ». Quand ce n'est pas un New Deal, c'est « Cap sur les régions ». On nous prend pour des valises. La CAQ et les régions sont franchement incompatibles.

4 commentaires

Michel Cyr a écrit le 27 février 2015

Merci A Coté de me qualifié de vigilant car la vigilance, c'est de la survie, sur la route, en forêt, en finance publique ect. Si poser des questions, c'est scaper des efforts.serait ce que les réponses sont difficiles à donner où à défendre. Enfin tout tout ce que je mentionne dans mon commentaire est la pertinence des questions dans l'article du journaliste Thierry Haroun. Bien à vous A Cotél

Michel Cyr a écrit le 27 février 2015

L'article que présente le journaliste Thierry Haroun dans le journal Graffici n'est pas malheureux comme le prétende certains commentaires. Il présente les faits et pose les questions que l'on est en droits,comme citoyens payeurs de taxes,de se poser. L'investissement de la ville, la longueur du bail, 25 ans,le 15% net ,l'achat du terrain, ect. Thierry Haron ne dit pas que le projet n'est pas bon . Il pose des questions, il parle de beau risque. Quand on regarde des projets prometteur comme le Chemin de fer qui est pratiquement en faillite, Le train Admiral menacer de saisie, Le jardins des Glaciers de Baie Comeau pour ne nommer que ceux là qui ont englouti des sommes considérables d'argent public, il est légitime de se poser ces questions( sur le risque,beau ou pas). Ne tirez sur le messager mais portez attention au message.

Mamelonet Georges a écrit le 22 février 2015

Il est assez malheureux que cet article traitant du projet du Géoparc ne soit présenté que sous cet angle des taxes qui ne seront plus et de l'achat des terrains qui imputeront à la municipalité des intérêts sur la période du prêt de l'achat du camping. De cette façon nous retrouvons l'analyse simpliste du conseiller de Barachois qui en réponse à ma question en séance publique sur sa position toujours négative relativement au développement économique de Percé, faisait très rapidement le même constat que celui de M. Haroun. On additionne les coûts sur 25 ans et on en déduit que les choix du conseil sont déraisonnables pour le contribuable municipal tout en ne mentionnant pas les revenus pour la communauté liés au projet. Dans cet article sont occultés malheureusement tous les aspects positifs du projet, un projet qui a demandé en premier lieu une concertation du milieu des affaires (22 entreprises qui ont investi dans une Coopérative de solidarité dont TOUS les bénéfices seront réinvestis dans le développement de Percé), de convaincre les deux paliers de gouvernement d'y investir une somme importante et finalement le développement d'un partenariat prometteur entre la ville et sa communauté d'affaires. Donc sans passer sous silence les sommes importantes qui sont mises en jeu par la municipalité il importe de bien comprendre le projet, ses retombées et les engagements de tous ses acteurs. Les entreprises qui ont engagé leur capital dans le projet ne s'attendent aucunement à de quelconques retombées directes du Géoparc et leur investissement n'est relié qu'à une volonté commune de voir se développer et renaître Percé comme communauté phare du tourisme québécois, actualiser les activités de la destination et proposer à toute une catégorie de vacanciers une expérience en lien avec les caractéristiques géographiques, géologiques et paysagères uniques de l'endroit. L'entente négociée avec le conseil municipal est certes d'une durée importante mais cette durée est nécessaire et obligatoire pour les bailleurs de fonds gouvernementaux et sera rassurante pour les prêteurs privés qui assureront les emprunts liés aux constructions et aménagements du projet. Pensons donc simplement aux durées des simples prêts hypothécaires qui vont très souvent au delà de cela. Cette entente inclut donc des retombées directe de la gestion des parkings qui à moyen terme seront équivalents ou supérieurs aux dépenses de la Ville sur une base annuelle, permettant a la municipalité de se doter d'une réserve foncière de qualité (camping et parking) au terme de l'entente et ce sans coûts. Plus important encore le projet en marche assurera la relance du Percé touristique, la reprise des affaires des entreprises et la stabilisation des emplois existants, de la création de richesse et de travail, l'augmentation des valeurs foncières des propriétés et donc une amélioration de la situation globale de la Ville et des perspectives d'investissement. Tous ces points menant de façon normale à une meilleure situation financière de la communauté, a un meilleur partage des services et des coûts entre le milieu des affaires et le contribuable et par le biais de meilleures contributions d'une économie plus saine et profitable à améliorer le milieu et les conditions de vie de chacun. Chiffrer tous ces aspects de façon précise est certes complexe mais le plan d'affaire du Géoparc a été analysé, revu et corrigé par tous les analystes des bailleurs de fonds et la rentabilité globale, tant pour la Coopérative que pour le milieu acceptée. L'initiative des membres de la Coop du Géoparc a même été félicitée par le milieu touristique lors des états généraux de Carleton il y a peu. Ne pas chiffrer ces retombées et surtout ne pas les mentionner dans un article qui se retrouve dans chacun des points de distribution gratuite du Graffici sur tout le territoire Gaspésien est grave, car cela découle d'un processus de désinformation du public et de méconnaissance de base du projet , acte négatif qui s’inscrit dans cette mouvance malsaine de fausse vigilance qui a connu son apogée de 2009 a 2013 à Percé et qui a freiné pour ne pas dire fait reculer le développement municipal. Je me dois de féliciter l’actuel conseil municipal pour son ouverture au développement, pour les décisions qui sont prises depuis 2013 et les actions posées dans un objectif concerté et global d’amélioration de notre situation nécessaire à l’arrivée et l’implication d’une relève dynamique dans l’économie municipale. Pour terminer, je félicite également et de façon toute particulière les membres de la Coopérative de solidarité du Géoparc de Percé pour leur engagement dans cette belle et grande aventure communautaire et qui au delà de la compétition qui les anime dans leur vie de tous les jours ont su se rassembler et s’unir dans cet objectif commun, un exemple a valoriser et à encourager pour le bien commun. Georges Mamelonet Président, La Maison du Pêcheur Membre, Coopérative de Solidarité du Géoparc de Percé

Karyne Boudreau a écrit le 20 février 2015

Bonjour M. Côté, je vous demanderais de vous identifier au complet (nom et prénom), sans quoi je devrai retirer votre commentaires. Merci de votre compréhension et de votre intérêt pour GRAFFICI.CA.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.