Gaspésie : une moins bonne récolte de saumons en 2012

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
La fréquentation totale des pêcheurs sportifs de saumon en Gaspésie en 2012 a battu le record de 2011, se chiffrant à 26 692 jours de pêche.

La fréquentation totale des pêcheurs sportifs de saumon en Gaspésie en 2012 a battu le record de 2011, se chiffrant à 26 692 jours de pêche. Photo : Johanne Fournier

La récolte de saumons pêchés en Gaspésie au cours de l’été 2012 a enregistré une baisse de 53%, comparativement à l’année précédente. 

Le bilan du ministère des Ressources naturelles indique que le nombre de prises enregistrées a été de 1368 saumons, comparativement à 2916 en 2011.

La montaison totale de saumon a aussi connu une diminution importante par rapport à l’an dernier. Le ministère évalue que 10 481 saumons ont remonté les rivières, alors que 17 705 l’avaient fait en 2011.

La diminution de la montaison par rapport à 2011 s’observe dans tous les secteurs de la Gaspésie. Le déclin est plus important pour la population des madeleineaux (-49%) que pour celle des grands saumons (-38%).

Il importe toutefois de souligner que la montaison 2011 est considérée comme «exceptionnelle» et que celle observée en 2012 se situe dans la tendance des dernières années.

Variation importante

Marthe Bérubé, biologiste chez Pêches et Océans Canada, indique que les populations de saumon connaissent souvent des variations d’abondance importante d’une année à l’autre, ajoutant que seules des analyses effectuées sur plusieurs années permettent de comprendre l’évolution des espèces.

Et dans le cas du saumon atlantique, précise-t-elle, des études réalisées pour le compte du ministère rapportent une baisse des populations en Gaspésie au cours des 15 dernières années. «La situation des espèces de la Gaspésie est jugée préoccupante. Il faut donc s’en préoccuper davantage et gérer la situation en tenant compte de l’ensemble des menaces pour éviter que les populations soient en péril», explique la biologiste.

À l’heure actuelle, Mme Berthé soutient que les causes du déclin des populations ne sont toujours pas connues. «Il y a beaucoup de mortalité en mer, mais il reste des éléments à éclaircir pour connaître les raisons. Nous avons des hypothèses, mais nous manquons d’information pour les valider», dit-elle.

Pêches et Océans mène par ailleurs des consultations avec différents intervenants pour trouver des solutions afin de mieux protéger le saumon qui remontent les rivières du Québec.

«L’avis des experts et les études d’impacts économiques détermineront la suite des choses», poursuit-elle, ajoutant que Pêches et Océans n’écarte pas la possibilité de soumettre certaines populations du saumon atlantique de la Gaspésie à la Loi sur les espèces en péril.

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