Développement économique et exportation

"La Gaspésie possède tous les outils pour se développer"

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
François L'Italien a présenté sa vision de la Gaspésie au 21e siècle devant un auditoire attentif, au Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Gaspé.

François L'Italien a présenté sa vision de la Gaspésie au 21e siècle devant un auditoire attentif, au Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Gaspé. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – "La Gaspésie possède des bases afin de mieux s'en tirer économiquement au 21e siècle", selon le chargé de projet à l'Institut de recherche en économie contemporaine et professeur associé au département de sociologie à l'Université Laval, François L'Italien.

« Est-ce que la Gaspésie est autonome ou autosuffisante? Je ne crois pas. Si elle l'était, elle n'aurait pas autant besoin de grands projets salvateurs pour voir ses collectivités se revitaliser », explique le chercheur.

Il cite notamment le passé de Chandler avec la papetière Gaspésia ou encore le projet de cimenterie de Port-Daniel. « Ça révèle aussi que lorsque ces projets n'existent pas, les capacités entrepreneuriales sont limitées. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien, mais il y a encore une capacité limitée de définir de façon structurante l'avenir », analyse M. L'Italien.

Toutefois, la région possède des outils qui pourraient favoriser son développement. M. L'Italien parle notamment du TechnoCentre éolien et la filière éolienne, le consortium en foresterie, le Cégep de la Gaspésie et des Îles, le secteur des pêches et une occupation du territoire diversifiée. « Il y a beaucoup d'éléments pour que la Gaspésie tire bien son épingle du jeu en dépit du fait qu'elle est éloignée des grands centres et des grands marchés », avance M. L'Italien.

Selon lui, il ne faut pas répéter « l'erreur » de tout miser sur la cimenterie pour assurer l'avenir de la Gaspésie. « À court terme, on ne peut pas s'en passer, mais ce n'est pas ça qui fera l'avenir de la Gaspésie. Les leviers régionaux devront être repris en charge par la communauté », dit-il.
Il faut qu'autour du projet, il se développe un vaste chantier de développement général de l'économie.

Une transition régionale

Les acteurs socio-économiques et la population en général doivent s'impliquer davantage dans l'économie afin d'avoir « un maximum d'actifs sous leur coordination », poursuit le chercheur.

À cet effet, il souligne les bons coups des acteurs du milieu avec la création de la Régie intermunicipale de l'énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine ou encore la Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

« De vouloir développer une expertise éventuellement dans tous les champs économiques dont elle dispose, ce n'est pas du luxe. C'est tout à fait dans le sens de ce que le 21e siècle pourrait avoir l'air dans un scénario optimiste », indique M. L’Italien.

De cette façon, la région pourra tirer des avantages de l'exploitation des ressources du territoire à son profit. M. L'Italien ne veut pas utiliser le terme « redevance ». « Il faut exiger qu'une partie de la production et de l'extraction des ressources naturelles aille pour capitaliser des fonds régionaux de diversification et de transition économique et énergétique. On l'a vu dans d'autres pays », croit le chercheur.

Il estime que le point de départ pourrait être que 1 ou 2 pour cent. « On aurait une base de capitalisation pour des stratégies de diversification régionale. »

Maintenir le train

À ses yeux, le train doit faire l'objet d'une attention particulière. M. L'Italien y voit un actif « extraordinaire ». « Ça devrait être une priorité de tous les paliers de gouvernement de repartir le chemin de fer et de le repositionner dans le développement. On a parlé de stratégie maritime. Le train est un actif stratégique pour développer le marché de l'exportation, affirme sans détour M. L'Italien. On ne peut pas penser développer la Gaspésie sans le train. »

M. L'Italien participait au premier colloque « La Gaspésie face aux enjeux du 21e siècle », qui se tenait mercredi et jeudi, au Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Gaspé.

14 commentaires

Bob Eichenberger a écrit le 23 avril 2014

Des colloques pour se flatter mutuellement me semble une très bonne idée. J'ai vu les résultats d,ateliers d'estime de soi chez les Kwagiutl de l'île de Uleesh, Alert Bay, en anglais. En me promenant sur l'île, je peux dire que je n'ai jamais vu un endroit où il y avait autant d'entreprises familliales et de PME fonctionnelles et propères. Avoir une bonne estime de soi favorise l'action et la persévérence. Celles-ci favorisent le succès. Alors, continuons à s'encourager mutuellement. Soyons fiers des succès de nos voisins comme des nôtres.

Martin Zibeau a écrit le 19 avril 2014

M. Langlais, que voulez-vous dire lorsque vous dites que vous n'êtes pas sûr de ma véritable identification ? Ça me fera plaisir de répondre à vos questions si vous en avez. Et qu'entendez-vous par NOTRE développement ? Est-ce le développement tel qu'entendu par le RAEG ? Je suis désolé d'entendre que vous ayez investi 99% de vos 40 années de discussion dans la stérilité ; peut-être serait-il temps de faire une rétrospective afin de voir ce qui ne va pas. Vous dites que vous ne connaissez pas la xénophobie. Je vous crois. En voici donc une définition : la xénophobie est une « hostilité à ce qui est étranger ». Au plaisir d'échanger avec vous en personne un de ces jours.

Jean-francois samuel a écrit le 19 avril 2014

J'aime mieux être insipide que de penser détenir la vérité.

Gaston Langlais a écrit le 19 avril 2014

Bonjour, @ M. Martin Zibeau. D'abord je ne suis pas sûr de votre véritable identification. N'allez pas croire que je suis contre la venue de concitoyens, de concitoyennes et d'étrangers en Gaspésie. J'en ai reçu et j'en reçois régulièrement à notre table pour un bon repas que sait si bien préparer mon épouse. La très grande majorité vient nous enrichir, nous combler de ses connaissances, de son travail, de sa culture etc. Rares sont ceux et celles qui se braquent contre notre développement mais il y en a et demeurent à la marge. J'ai participé à de nombreux colloques depuis 1977 en Gaspésie. J'ai été de toutes les luttes en présence même de MM. René Lévesque, Robert Bourassa et Bernard Landry. Seul M. Bernard Landry a osé faire quelque chose. J'ai ainsi investi presque 40 ans de ma vie dans des discussions à 99% stériles et je sais de quoi je parle. J'en ai souvent fait mention lors de mes conférences à l'Université de Montréal, à l'Université du Québec pour ne parler que des plus grandes institutions. Je ne connais pas la xénophobie. Mon travail dans 44 pays sur la Planète m'a appris plus de choses que j'ai pu en donner. Je n'aime pas les bornés, les profiteurs, les obséquieux de même que les "pissous". Gaston Langlais - Gaspé.

Gaston Langlais a écrit le 19 avril 2014

Bonjour, @ M. Jean-François Samuel. Toujours aussi insipides vos propos. Vous êtes mieux de chercher puis de demeurer sur un poste parrainé par l'État. Laissez les affaires sérieuses à ceux et celles qui peuvent les traiter avec intelligence. Gaston Langlais - Gaspé.

Martin Zibeau a écrit le 19 avril 2014

M. Langlais, lorsque vous dites que les colloques sont toujours organisés pour se flatter mutuellement, j'ai le goût de souligner que « toujours » est un mot qui devrait être utilisé, à mon avis, parcimonieusement. Encore plus dans le cas du colloque dont on parle et qui fut organisé dans un CÉGEP où plus de la moitié des personnes présentes étaient de jeunes étudiant*e*s gaspésiens et gaspésiennes. De plus, vos propos envers le dernier intervenant, M. Bazinet, ont une teinte malsaine se rapprochant dangereusement d'une idéologie fasciste. Séparer les « vrais » des « faux » gaspésiens est un pas dans cette direction. Je continue à croire qu'avec toute la réflexion que vous avez porté sur la gaspésie et son économie, vous ayez de bonnes intentions. Toutefois, l'approche patriarcal et exclusive ne me semble pas la plus efficace. Enfin, la définition de « respect envers la région » n'est forcément pas la même pour tout le monde et ce concept mériterait d'être défini plus clairement, au risque toutefois d'engendrer une débâcle idéologique perverse. Pourtant, sans cette définition de ce à quoi ressemble le respect de la région et de ses habitants, il y a fort à parier que nos actions collectives ressembleront à celles d'un chien courant après sa queue.

Jean-francois samuel a écrit le 19 avril 2014

Molson et Gaston saluent les vrais!

Bilbo Cyr a écrit le 18 avril 2014

Moi, j'aime les commentaires de Gaston. C'est hautement divertissant. Les vrais...pfouhahaha!

Gaston Langlais a écrit le 18 avril 2014

Bonjour, @ M. Benoit Bazinet. D'abord je ne sais pas si votre nom est véritable ou si vous vous cachez derrière l'anonymat. Je ne méprise aucunement les nouveaux Gaspésiens et les nouvelles Gaspésiennes. Ceux et celles qui sont incapables de respect envers la région ne mérite aucun crédit et seraient mieux de retourner là d'où ils et elles proviennent. Quant à moi, je peux mettre avantageusement mon bilan de développement régional à côté de la somme des bilans des gens de votre espèce. Me faire dire que je suis un paresseux et un lâche par un importé qui ne me connait pas du tout me laisse complètement indifférent. Les Vrais et les Vraies savent qui je suis. Gaston Langlais - Gaspé.

Benoit Bazinet a écrit le 18 avril 2014

Plus je vous lis monsieur Langlais, plus j'ai de fierté à l'idée de participer à des initiatives similaires à ce colloque qui visait à réfléchir positivement à l'avenir de la Gaspésie. Je n'ai malheureusement pas pu y assister parce que je participais à une réflexion sur la mobilité durable. Comme néo-gaspésien (ceux que vous méprisez tant), je me donne le plein droit d'imaginer l'avenir de MA région autrement que par le truchement des énergies fossiles. Vos propos vous associent malheureusement à cette race des quêteux qui attendent paresseusement l'arrivée du messie industriel. NOUS, gaspésiens et néo-gaspésiens qui croient à la diversification économique via la transition énergétique, continuons à y croire, continuons à y travailler, continuons à sensibiliser, continuons à développer des projets concrets... et surtout continuerons à imaginer un avenir durable pour la région. Donc bravo monsieur Langlais. Continuez à vous en tenir à ces quelques réactions inutiles dont vous inondez graffici.ca et ne participez surtout pas aux multiples occasions qui vous sont données dans la région pour réfléchir avec d'autres femmes et hommes qui ont le défaut de ne pas penser comme vous.

Benoit Bazinet a écrit le 18 avril 2014

Plus je vous lis monsieur Langlais, plus j'ai de fierté à l'idée de participer à des initiatives similaires à ce colloque qui visait à réfléchir positivement à l'avenir de la Gaspésie. Je n'ai malheureusement pas pu y assister parce que je participais à une réflexion sur la mobilité durable. Comme néo-gaspésien (ceux que vous méprisez tant), je me donne le plein droit d'imaginer l'avenir de MA région autrement que par le truchement des énergies fossiles. Vos propos vous associent malheureusement à cette race des quêteux qui attendent paresseusement l'arrivée du messie industriel. NOUS, gaspésiens et néo-gaspésiens qui croient à la diversification économique via la transition énergétique, continuons à y croire, continuons à y travailler, continuons à sensibiliser, continuons à développer des projets concrets... et surtout continuerons à imaginer un avenir durable pour la région. Donc bravo monsieur Langlais. Continuez à vous en tenir à ces quelques réactions inutiles dont vous inondez graffici.ca et ne participez surtout pas aux multiples occasions qui vous sont données dans la région pour réfléchir avec d'autres femmes et hommes qui ont le défaut de ne pas penser comme vous.

Gaston Langlais a écrit le 18 avril 2014

Bonjour, @ M. Martin Zibeau. Bien que je suis assez présent dans l'actualité, je n'ai jamais entendu parlé du colloque dont vous mentionnez l'existence dans votre commentaire. Comme les colloques sont toujours organisés pour se flatter mutuellement et se faire accroire des choses, vous comprendrez facilement que ma présence n'est jamais souhaitée. La vérité il faut encore la cacher. C'est une autre plaie devenue partie intégrante de notre culture de "quêteux". Gaston Langlais - Gaspé.

Martin Zibeau a écrit le 18 avril 2014

M. Langlais, nous sommes-nous manqué au colloque ? Ç'aurait été une occasion en or d'échanger avec vous.

Gaston Langlais a écrit le 18 avril 2014

Bonjour, On a beau parler du potentiel gaspésien mais il faut d'abord guérir ses plaies, se remettre au travail et ce n'est pas pour demain. La Gaspésie souffre d'incompétence, de nonchalance, d'attentisme, de peur, de désintéressement, de magouille qui malheureusement forment une sorte de mauvaise culture qui tue son développement. Les discours flatteurs sont inutiles voire inconvenants, il ne faut pas craindre les mots: Nous sommes les premiers responsables de nos insuccès. On ne retrouve même plus en Gaspésie suffisamment de bons candidats pour nous représenter convenablement. Chez-nous, le leadership est l'affaire d'un passé lointain. La "révolution tranquille" ne se fait sentir à aucune place dans la Péninsule. On attend le Printemps, puis l'Été, l'Automne et enfin l'Hiver. Les années se succèdent, nos jeunes partent pour toujours, le cimetière attend ceux qui restent. Voilà ce qui pourrait nourrir un bon cours de sociologie. Gaston Langlais - Gaspé.

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.